samedi 12 mai 2012

Sarah

1989

Je travaillais alors à Londres.
Enfin ... je travaillais pour l'INTERFEL, étais basé à Londres et, équipé d'une série d'anneaux de calibre connu et certifié, j'écumais les marchés de gros du Royaume Uni à la recherche de pommes de petite taille.
Car c'était le mal les pommes de petite taille : il ne fallait plus que la France en expédie, et surtout pas sur ce marché qui en était traditionnellement demandeur.

J'étais investi d'une mission !
Y a des métiers, comme celui ci, t'es content de les avoir faits au moins une fois dans ta vie.

A l'époque, ce qui me plaisait avant tout (enfin à part le salaire qui était des plus confortables) c'est que j'habitais à Croydon.
Oui, Croydon : là même où vivait le Barion Méliadus ; les fans de M. Moorcock apprécieront l'évènement à sa juste valeur (les autres aussi d'ailleurs, mais peut-être pas avec le même résultat ....).

C'est également là, avec les personnels du service économique de l'Ambassade de France, que je goûtais mes premiers vins Bulgares.

Puisqu'à l'époque je vivais avec une britannique (moitié écossaise, moitié anglaise : on ne le dira jamais assez, ce qui fait mal à la tête c'est les mélanges !) j'étais basé à Londres et elle à Paris.
La routine, quoi.

D'autant plus qu'elle était enceinte.
Rentré à Paris pour la toute fin novembre et la dernière visite au gynéco je retournais à Croydon et mes pommes avec l'assurance que la grossesse irait à son terme : fin décembre, voire début Janvier.

Forcément, quelques jours après mon retour, dans la matinée du Jeudi 7 Décembre 1989, l'Ambassade de France me joignait je ne sais plus ni comment ni où pour m'annoncer que ma future ex était dans un taxi à destination de la maternité Port Royal ...

Je fonçais donc vers l'aéroport le plus proche (était ce Gatwick ou Heathrow ??), y convainquais le guichetier de me vendre une place sur le premier avion pour Paris (avec une carte bleue et un compte provisionné, je suis super convaincant, peut-être aussi en expliquant la situation ...).
On me conduisait illico et à toute vitesse vers un avion sur le départ, avion que j'attrapais au vol sous les applaudissements généraux (une annonce avait visiblement été faite pour expliquer cette légère attente ...).


Lors du vol les hôtesses, forcément prévenues, furent aux petits soins et m'abreuvèrent généreusement de toutes sortes de boissons alcoolisées et, lorsque que je quittais le bord, en état d'ébriété avancé, elles remplirent les poches de mon duffle-coat (ben oui : j'étais basé à Londres ...) de multiples quarts aviation du rouge du jour : un Fronsac, le Château Magondeau (1987).

Un taxi plus tard j'arrivais à Port Royal, avec un léger mal de tête et un gros retard.







Depuis, il me reste donc l'une de ces bouteilles de Magondeau.
Magondeau, c'est encore un de ces vins que je n'ai jamais re goûtés ... et dont je suis bien incapable de dire à quoi il peut bien objectivement ressembler.

Quoiqu'il en soit de sa qualité passée (car pour la qualité présente j'ai un gros doute !), cette dernière bouteille trône invariablement sur tel ou telle des mes bureau ou bibliothèque.



C'est d'ailleurs son seul avenir car pour 1989, côté vin (à boire je veux dire !), je ne suis pas allé vers Magondeau mais vers Suduiraut d'une part, et Blanche de Bosredond d'autre part ... et j'ai du mal à croire que ce n'était pas le bon choix (n'en déplaise à ce cher Magondeau).

Suduiraut et Blanche de Bosredon (1989) aussi il m'en reste (un peu) mais, en revanche, çà ne finira pas sur une étagère de bibliothèque ...








vendredi 4 mai 2012

Paulette, franchement : des fois tu déconne ! mais des fois seulement. ("Chez Paulette", aussi "L'Estacade". Bordeaux)

"Chez Paulette" est un de ces multiples restaus qui se nichent rue Saint Rémi (oui, à Bordeaux).
Une rue où le choix est large et multiple ... on peut, du coup, passer devant à de multiples reprises sans s'y arrêter. Pourtant la vue est engageante : grande salle où se trouve une foultitude d'objets et gravures qui ne dépareraient pas dans la plupart des brocantes dignes de ce nom.
Entrés un soir de pluie insistante il y eut, depuis, plusieurs retours nocturnes et enchantés tant par le lieu et son ambiance, que par la cuisine ma foi fort plaisante.

Cette fois ci il pleuvait encore mais c'était à midi, tôt : du coup, il n'y avait pas encore grand monde (mais la salle allait peu à peu se remplir).
Déco toujours agréable, et propice aux apartés attendris et nostalgiques sur le thème : "tiens, çà : il y en avait un/e chez ma grand-mère", et musique à l'unisson qui nous renvoie aux années 50/60 avec, au fond de la salle, quelques affiches de nanards oubliés et dont on peut penser sans trop de risque de se tromper qu'il vaut mieux qu'ils le soient et le restent, oubliés ....

Menu de midi à 11€90, verre de vin ou café inclus. Elle commence fort, cette chère Paulette !

J'opte pour une entame en forme de rillettes de sardines.
Présentation marrante, dans un de ces ramequins ou nos grand-mères (la mienne, en tous cas !) faisaient leurs crèmes renversées et autres desserts plus ou moins lactées. On est, ici, dans le registre sardines + Saint Moret + ciboulette et c'est ma foi plutôt frais et bon. J'aurais préféré, toutefois, être vraiment dans la rillette et donc arriver après un travail à la fourchette - qui aurait préservé la structure - et non pas au mixer qui a tout uniformisé. Péché véniel.

Derrière je suis allé vers les ribs au miel et aux épices.
Là, pour le coup, Paulette, elle a pas fait fort : déjà les frites surgelées c'est pas ma tasse de thé (bon, ok, petite brasserie du midi à 11.90 € le repas complet faut peut-être pas être trop regardant sur la frite mais, bon, merde : dans les années 50/60 Mc Cain existait pas, non ? Puis c'est pas ce que çà coûte, une patate à frites ....) ... mais surtout mes ribs on aurait dit des côtelettes de canard tellement c'était court et peu garni. Là pour le coup je l'ai un peu mauvaise.
Bon, mauvais choix car de toute évidence Paulette si ni les ribs ni les frites c'est son truc ... j'étais en revanche entouré de plats tout aussi plaisants à regarder que, visiblement, savoureux à goûter. Pas de bol, mauvaise pioche et tout ce genre de choses. N'empêche, Paulette : sur ce coup là tu déconne complet !

En dessert, c'étaient des fruits rouges façon tiramisu. Joli et bien en arômes, salement acide en revanche ! Elle m'a un peu énervé, Paulette, ce midi là ... mais, bon, la vieille au soir c'était Barbier, à Arcins, avec du simple mais vraiment très bon. Le match était donc très inégal : pas facile de passer après Barbier !
Puis Paulette, son verre de blanc de Graves était du genre très honnête, ce qui excuse bien des choses.
Je retournerai donc bien sûr la voir, Paulette. Mais peut-être pas à midi ? et sûrement pas pour ses ribs .... (son parmentier est, en revanche, très joli).


Le soir, d'abord, il y a eu un apéritif au Bu
Mais çà, le Bu, j'en reparlerai une autre fois ... d'autant plus qu'il s'agissait aussi de finir de discuter d'une dégustation à suivre prochainement. Au Bu.


Puis, le soir venu, changement de registre mais, comme pour Paulette : prime au décor.
A L'Estacade.

Différent le décor mais, bien sûr, toujours aussi splendide cette vue sur Bordeaux et ses quais !
Mais la vue sur l'assiette n'est pas mal non plus : irréprochable parillade tant par l'assortiment proposé (couleurs et, surtout, saveurs !) que la cuisson exacte de chacun des poissons !
Et, ce qui ne gâche rien, il y avait aussi une (quasi) miraculeuse polenta au mascarpone.

Avec çà on fait dans le simple : Bordeaux blanc de Plain Point. Rond, frais, aromatique : un bel accord simple et efficace avec la parillade.

Il a pas du y avoir de dessert.
Ou alors j'ai oublié.
Puis on s'en fout : le vrai dessert c'était la vue sur les quais


  
Comme le Musée des Beaux Arts était fermé 
(et çà fait braire quand on a marché 3 plombes sous la pluie pour y arriver) 
j'ai mis mon Iphone en mode impressionniste ...






(mais le retour nocturne vers Pauillac, çà c'est pas un dessert)
(mais si c'est le prix à payer pour une belle soirée à l'Estacade - voire chez Paulette -, alors, forcément ....)