vendredi 16 mai 2014

Avec ou sans chat : "Tous à l'Opéra", et chez Astier !

L'idée de ce long week-end parisien était déjà assez ancienne.
Le café des chats n'y était pas pour rien, le concert surprise de Philippe Jaroussky - dans le cadre de "Tous à l'Opéra" - a enfoncé le clou !


Alors : un week-end sous le signe du chat ?



Sans aucun doute ! d'ailleurs la rue de la pierre levée en témoignait, et la visite du beau Musée du Moyen-Age n'a fait que le confirmer.


Donc, Le Café des Chats !
Et bien, au Café des Chats : il y a des chats et on y mange. Tout ça sans qu'il y ait de lien direct entre les deux phénomènes !


Mais comme on n'est jamais trop prudent j'ai opté pour une assiette végétalienne.
Une assiette d'ailleurs bien présentée, et bonne, fraiche, plaisante. Bon choix.
Il devait bien y avoir un verre de blanc.
Je ne m'en souviens pas, du blanc : il faut dire que j'étais plus concerné par les chats que par le pinard. Mais si je ne m'en  souviens pas c'est qu'il devait être mieux qu'acceptable, sans toutefois atteindre des sommets himalayesques.
Pour le tout : plat, vin, chats et cadre des plus sympathiques le budget est plus que correct ... et puis ils reversent une partie de leurs bénefs à la "caisse de retraite des chats" (si, si : je te jure !!). C'est donc une œuvre de bienfaisance.

Sinon, les chats sont des branleurs, donc ils font rien qu'à dormir :


Bien sûr il y a eu le Théâtre des Champs - Elysées pour le concert de Philippe Jaroussky (et ses invités) après une queue finalement très acceptable ... mais pourquoi donc nous parquer une plombe - avec une chorale perfectible - dans le hall d'entrée ?



Belle acoustique et superbes plafonds,
dont une partie dionysiaque.
C'est bon de se sentir comme chez soi (la foule et le plafond en plus).

Comme à la maison (surtout si tu as de petites jambes), mais avec des vrais gens autour ... et surtout devant, sur la scène.
Voix magnifiques, beaux et bons jeunes instrumentistes (et un superbe clavecin).
Belle programmation.
Le pied!



Très beau concert. Vraiment.
Très beau concert qui, tout au long de son déroulement, basculait lentement mais surement vers la folie.
Vers la folie ?
Oui : vers la folie.
Donc vers les chats !

A la fin des fins, intéressante intervention de Marie-Nicole Lemieux et Jacques Osinski à propos de leur travail sur Tancrède en particulier, et de leur métier en général.


Enfin Astier.
Astier ? une adresse hautement recommandable, dans le 11ème (juste à côté, il y a aussi un bel italien - je parle du restau qui est, lui aussi, coolos -)
Une jolie adresse Astier ? oui : deux visites en 4 jours, c'est dire !


A la première de ces visites j'optais pour :
- d'abord une "Tarte fine de lisette, chutney de tomates".
Beau, bon, joli travail de saveurs, couleurs et textures.
J'aime !

(deux jours plus tard je partais vers la "Crème de légumes de printemps, gnocchis aux herbes et parmesan" ... et ne le regrettais pas ! Pour autant l'"Oeuf mollet croustillant, asperges vertes et chips de jambon cru" avait très belle allure)



Rouget barbet au fenouil croquant,
tomates confites au thym citron



- ensuite le "Rouget barbet au fenouil croquant, tomates confites au thym citron"
J'adore le rouget autant que le fenouil. En outre la cuisson parfaite a laissé les saveurs intactes. Bon choix !
(la seconde fois je suis allé vers le "Suprême de volaille fermière farci aux amandes, risotto d'épeautre" qui s'est avéré jubilatoire.






- pour finir : un "Crumble à la rhubarbe" de belle facture
("Le baba au rhum" avait l'air redoutable ... tout en se rapprochant notablement du Rhum au Baba)

Service de qualité. Lieu plaisant. Addition plus sérieuse qu'au Café des Chats, mais sans excès.
D'autant que chez Astier : on ne trouve pas de chat, mais en revanche il y a un beau blanc en Hautes Côtes de Beaune.

Au retour chez moi, par contre, il y avait un comité d'accueil :


http://www.lecafedeschats.fr/
http://www.restaurant-astier.com/
http://www.musee-moyenage.fr/
http://www.diapasonmag.fr/actualites/a-la-une/ce-week-end-tous-a-lopera-!-avec-philippe-jaroussky

mardi 13 mai 2014

Les huîtres, c'est pas toujours festif ...

C'était une période d'inactivité assez farouche. Le genre de moment ou tu glandouille en faisant en sorte que ton entourage soit convaincu que tu conceptualise.

En pleine conceptualisation intense, j'avais reçu un appel de M.
M était alors directrice d’un centre de formation assez improbable dont le prof d’informatique venait de raccrocher les gants à l’improviste.
Elle était dans la merde et me proposait – me demandait ! Me priait !! - de prendre la relève, au pied levé.
Bien sûr, donner des cours d’utilisation d’Excel, Word et Power-Point n'a jamais fait partie de mes rêves les plus fous, mais même si je n'étais pas forcément 100% crédible sur ce créneau là, il n'en restait pas moins que j'utilisais régulièrement ces outils. J'avais donc (imprudemment) pensé que ça me ferait sortir de mon trou, rentrer un peu de thune, et rencontrer des gens.
Non, pas avant tout rencontrer des gens, même si à ce stade il me faut bien dire que le centre de formation en question était gavé de gonzesses voulant devenir hôtesses.
L'idée générale était aussi que peut-être ça me ferait rebondir vers un ailleurs imprévu, après tout mon parcours professionnel était déjà balisé d'étapes improbables.
J'acceptais donc.

A la signature du contrat, il s’est avéré qu’il s’agissait bien, comme je l’écris plus haut, de donner des cours. Car pour un salaire horaire brut de 17€04, les cours, je les donne.
Je ne vois aucun autre mot mieux adapté que celui ci.

Le jour venu, lorsque j’ai été retrouver mes ouailles dans la salle informatique, j’ai trouvé un ou deux mecs perdus au milieu d’une foultitude de nanas.
C’était sans doute la bonne nouvelle.
C’est immédiatement après que j’ai basculé dans la 4ème dimension …
Hein ?
Non : pas à cause de la profusion de créatures.

Encore que… 
Il y avait de ça, bien sûr, car on était clairement dans le ravalement de façades, le paraître poussé à son paroxysme et l'angoisse quotidienne d'arborer un accessoire passé de mode.
Non, rien de tout cela. J'avais simplement eu l'idée saugrenue de commencer par leur demander où ils en étaient de leurs cours d’informatique. Pure formalité qui a donné le résultat attendu : rien. J'aurais été face à des huîtres, ça aurait été pareil.
Enfin, visuellement parlant pas vraiment, faut être honnête.
Pour le reste la différence n'était pas forcément frappante : pas une prise de note à me montrer, personne pour faire le bilan des acquis.
Rien.
Le truc qui te donne une bonne approximation du vide inter sidéral.

Alors, comme je suis un type prévoyant, je leur ai filé les tests Word et Excel que j'avais préparés afin de faire l'état des lieux et d'envisager le chemin à leur faire parcourir.

En fait de chemin à parcourir, c'est là que j'ai compris que le mien serait un chemin de croix. 

Car j’ai commencé à rôder dans la salle, histoire de voir comment elles s’en sortaient (oui je sais : il y avait un ou deux mecs dans la salle, donc je devrais écrire « ils » … m’enfin en-dessous d’un certain seuil de testostérone dans l’air ambiant, je passe directement à « elles »).


Elles s’en sortaient … diversement ?
Ouais, diversement.
Les plus concernées lançaient des :
« Monsieur j’ai un problème » désespérés à chaque plantus.
Donc souvent.
Fatalement, les problèmes se chevauchaient.
Alors, relevant la tête depuis le poste où j'officiais, pour m’adresser à l'un ou l'autre de ceux où on me réclamait pour dire un truc du genre :
« ok, je finis ici et je viens vous voir, d’ici là essayez de trouver une solution par vous même».
Je me retrouvais brusquement confronté au réel, m'arrêtant brusquement à:
« ok, je finis ici et je viens vous voir »,
Car l'appel « désespéré » avait visiblement pour seul but de se dédouaner en montrant qu'il était impossible d'aller plus loin du fait d'un énorme problème inattendu lié à un matériel informatique inadapté. Chercher une solution à un prétendu problème et/ou faire ce foutu test n'était visiblement dans les intentions de personne : la seule problématique était de trouver une excuse pour continuer tranquillement à chater sur MSN.
En même temps, compte tenu du fait que seuls les cours d'informatique permettaient de se poser le cul face à un ordinateur c'était pas de leur faute.
Ils étaient o-b-l-i-g-é-s.
Faut-il vraiment, à ce stade, préciser que le centre de formation est privé et que la formation est facturée à un tarif qui n'a qu'un lointain rapport avec la rémunération des intervenants en général (et de ma pomme en particulier) ?

Un bref regard à l’ensemble des postes m’a vite rassuré : ce n’était pas un cas isolé. Tous (pardon « toutes ») avaient la jolie petite fenêtre bleue clignotante (enfin, plutôt plusieurs fenêtres bleues et clignotantes, tant il est vrai que – au moins pour le chat – elles sont multitâches …) en bas de leur écran pour indiquer des discussions en cours …

Pendant ce temps, la petite dont j’étais censé m’occuper en profitait sournoisement pour faire n’importe quoi sur son tableur, alors qu’en bas de son écran la fenêtre de « JTPQT » clignotait désespérément dans l’espoir d’une réponse (je dois t’avouer que quand je te dis « la petite » c’est une pure figure de style ; car il va sans dire que la petite en question, pieds nus elle culmine à des altitudes qui me sont inconnues. Alors avec ses talons en plus …).
Bref, la petite était en pleine improvisation, en même temps quand tu raconte ta dernière sortie en boite à « JTPQT » et qu'un con de prof au rabais même pas en Hugo Boss te demande de faire un graphique à partir de chiffres super compliqués, ben faut faire des choix.
Donc, sans préjuger de ses sorties avec JTPQT, sur Excel elle improvisait des trucs inimaginables (et complètement à côté de la plaque) alors que JTPQT attendait la réponse à son :
« tu me fais battre le cœur »
Fatalement je me suis laissé aller et lui ai dit :
« mais qu’est ce que vous me faites là ? c’est du grand n’importe quoi ! plutôt que de lui faire battre le cœur …».
Bien sûr je n'ai pas pu aller plus loin car elle s’est mise à pleurer avant que je puisse finir.
C'est donc là que j’ai su avec certitude que les 17€04 de l’heure, ben j’allais vraiment me les gagner.

Comme je suis un sournois, le soir je suis resté après ce qu'il faut bien qualifier de cours pour désinstaller msn de tous les postes et limiter les possibilités de téléchargement de quelque logiciel que ce soit.
Forcément dans la foulée tant élèves que profs se sont plaints.

La direction a pris les mesures qui s'imposaient, en suite de quoi MSN a
progressivement réapparu.
J'imagine que c'est ce qu'en langage diplomatique on qualifie de désaveu ?
Le problème a été résolu le jour ou j'ai déclaré sans rire que j'avais installé un mouchard sur chaque poste et que ça me permettait d'avoir copie de toutes les conversations.
Je te jure que c'est vrai.
(Sinon, ouais : avant je donnais des cours d'informatique à la NSA, c'est l'appât du gain qui m'a fait la quitter pour les vacations horaires).

Bref, mes 17.04 € (bruts) de l'heure je les ais plus ou moins gagnés jusqu’au jour de l’évaluation finale.
L'évaluation finale ?
2 documents à produire avant de me les envoyer par mail.
A la remise du sujet une gourdasse de base m’a finement dit :
« ah mais non, je vous envoie rien par mail, après vous allez me passer des chaînes à la con ».
Comme je suis un type zen je ne l'ai pas frappée.
Je me suis contenté de lui signaler que je comprenais tout à fait ses réticences, que j'en prenais bonne note et que si je ne recevais pas son travail sur ma boite mail j'en conclurais qu'elle n'y était pas arrivée et qu'elle aurait donc zéro.
Je crois que depuis elle me hait. C'est un progès : avant elle se contentait de m'ignorer.
Elle me hait, alors qu'elle a eu un plus que zéro, pas beaucoup plus mais un peu plus quand même. Elle a donc fait une bonne opération.

L’apothéose ?
Quelques jours après !
Allez, j’invente rien, je te recopie juste (et à l'identique) deux des mails reçus :
- « Monsieur, je vous envoi la correction de mon tableau de l'examen de ce matin sur EXCEL, je vous remercie de bien vouloir en tenir compte et de faire le nécessaire ».
J'ai fait le nécessaire : rien.
Il y a aussi eu, après que j’ai fait suivre ma correction par retour de mail :
- « Pour le document word je me rend compte d'après ce que vs me dites que j'ai certainement dus oublier d'enregistrer les dernières modifications faites avant de vous le rendre. Merci de changer ma note.».
Ben tiens ...

Bizarrement, ce fut la fin de ma carrière de "prof" "d'informatique".