mercredi 30 décembre 2015

2015 : Tops et Flops


Si je regarde dans le rétroviseur au travers du prisme de ce blog j'y vois un certain nombre de quilles dont 12 arbitrairement choisies, une par mois.
Peut-être pas les plus grandioses de l'année (encore que ...) mais au moins celles qui, mois après mois, m'ont semblé sortir du lot.
Ces quilles, je viens d'en parler dans ce billet.

Mais ceci est un blog, un blog sur lequel j'ai publié une partie de mes conneries ... conneries qui ont connu un succès plus ou moins important. Objectivement, plutôt moins ;-)
Mais certains billets un peu moins moins que d'autres.

Comment juger du succès ?
Peut-être tout simplement par le nombre de lecteurs, donc en ne retenant ici que ceux de mes billets de 2015 qui sont entrés dans le top 10 de ce blog.


1. Vin à la télévision (24 mars)
Champion toutes catégories et encore régulièrement pourvoyeur de visites : il s'agit d'un billet énervé pondu après la diffusion sur Canal+ d'un pseudo documentaire vineux chez Spécial Investigation.
En résumé : le "docu" en question est l'un de ces trop nombreux machins dont tu te dis, connaissant un peu le sujet, que si ceux que tu a vu et continuera à voir et qui t'ont impressionné (et traitent de trucs auxquels tu n'entraves rien) sont du même tonneau y a souci majeur ...


2. Brett ou pas Brett (22 aout)
Ca a bien tourné aussi.
C'est une sorte d'Etat de l'Art écrit à la demande de Daniel Sériot à propos de Brettanomyces, sa vie, son œuvre.


3. Quand la posture devient de l'imposture (8 juillet)
Un autre billet énervé sorti suite à la consternante interview d'un chantre du prêt à penser, champion toutes catégories de la cuistrerie.

4. A propos de la biodynamie et de son cosmique de répétition (10 juin)
Je le trouve rigolo celui là, celui là ou son quasi jumeau que j'ai réécrit pour les 5 du vin.
Il s'agit d'une réaction un rien moqueuse (mais, me semble t il, avec quelques arguments dignes de ce nom à l'appui des dites moqueries) en réaction à un document écrit et diffusé par le Mouvement de l'Agriculture BioDynamique.

5. Quand la Nature et la Chimie se croisent au Café du Commerce (1er Mai)
Suscité par les déclarations d'un bon client, déjà évoqué au 3, et qui ici encore pense au mètre (se prenant pour un maitre à penser). Cette fois à propos des Appellations d'origine, de la Nature, et autres figures imposées de cette pseudo révolution de Café du Commerce.
N'est pas Jean Moulin qui veut.



Côté flops ?

Le pire bide a été : Soupe de potiron, Saint Jacques pochées (14 mars)
Faut vraiment que j'arrête ce genre de conneries !
Pourtant c'est excellent ce plat.
Superbe aussi avec du Buternut et quelques épices bien choisies.


(Bien sûr je compte pour rien Le père Noël et les tarentules dont le score est plus faible mais qui vient tout juste d'être publié)

A l'année prochaine ...




























mardi 29 décembre 2015

Le père Noel et les tarentules.




Le truc s'annonçait moyennement bien : le réveillon de Noël chez ma mère, avec les deux tiers de mes enfants c'est OK, mais faire un break à mi parcours pour aller jouer les le père Noël de substitution (en costume) chez les voisins ...
Oui : je sais bien que les voisins sont sympas, et lui rendent régulièrement service.
N'empêche ...

C'est qu'à ce jour ma seule vague tentative d'imitation du père Noël remonte à la nuit de Noël au cours de laquelle j'avais, après dépose des cadeaux, bloqué ma capuche rouge (oui : j'ai eu une capuche rouge) sous le tablier métallique de la cheminée pour que le lendemain mes filles croient que le père Noël l'y avait perdue par inadvertance en refermant derrière lui, au moment de repartir par où il était arrivé.
Elle l'ont cru.
C'est naïf les filles, à cet âge là.

Malgré cet incontestable succès, de là à envisager sérieusement de porter, en public, le costume rouge et la fausse barbe aimablement fournis par les voisins il y a assez d'espace pour y garer traineau, rennes et lutins !

En plus le tissu grattait terriblement.


Alors il fallait s'échauffer autrement qu'en paroles, aussi oublier ce qui allait suivre.

Alors quoi de mieux qu'une cheminée qui chauffe (pas moyen de l'emprunter pour y livrer quelque cadeau que ce soit) et un Brut Nature de chez Drappier ?





Le Brut Nature de chez Drappier est mon carburant de base quand on en vient aux bulles (un jour, pour voir, il faudra que je me décide à une comparative à l'aveugle entre Brut Nature et Brut Nature zéro sulfites). Même si leur rosé, qui est un des rares vrais rosés de Champagne, techniquement parlant, est lui aussi un beau vin.
Certes ce n'est peut-être pas ce que j'ai bu de plus grand en Champagne, mais c'est un beau vin droit, sec, précis, équilibré et un rien austère.
J'aime beaucoup.



Ensuite ?
Ensuite, n'ayant rien amené je suis allé fouiller dans la cave de ma mère, délaissant les Bordeaux mais ne sachant trop vers où aller.

C'est une vague envie de meurtre pré déguisement qui m'a sans doute conduit vers cette bouteille qui attendait dans un coin, depuis un bail : le Carnache (2006) du Château de Maylandie, en Corbières Boutenac.
Carnache ? Carignan et Grenache à parts égales.
Titre, sous titre (Petites vendanges entre amis) et empreintes sur l'étiquette en référence au film "Petits meurtres entre amis".
Un vin que, sur ce même millésime, je buvais avec plaisir il y a quelques années et dont j'étais curieux de voir comment cette toute dernière quille avait pu évoluer et, je l'espérais, tenu.

Belle couleur rubis soutenu, avec une teinte qui indique un début d'évolution.
Nez intense, bouqueté, où se retrouvent notes de fruits mûrs macérés à l'alcool. Un peu comme la confiture de vieux garçon ou la cartagène que faisaient ma grand mère, avec une dominante pruneau accompagné de notes épicées et d'une pointe cuir.
Belle bouche, ronde, de bon volume. Agréables notes fruitées épicées en bouche et jolie finale qui finit malgré tout un peu abruptement.
Sans doute aurait il fallu le carafer une heure ou deux : au début sa jolie fraîcheur rendait la finale un rien sèche puis tout çà s'est assez rapidement joliment fondu.
Le fond de bouteille laissé à température ambiante a été fini le lendemain et s'est bien comporté (aucune trace d'oxydation excessive au nez comme en bouche).Bien sur, entre le soir et le lendemain il y eut la séquence transformiste.

Aucun enfant n'ayant pleuré, on doit pouvoir se baser sur ce seul constat pour considérer ma prestation comme un succès incontesté sinon incontestable.

Sans doute le succès fut il du au moins pour partie à mon imbibation préalable à la prestation.


Je fus d'ailleurs, fort judicieusement, accueilli non pas avec un verre de lait mais avec une coupe de Champagne.
Sans doute est ce un effet du réchauffement climatique qui a permis de faire pousser de la vigne, en Laponie ? (puis franchement le lait de renne : c'est très surfait !).




Sinon, dans ma hotte personnelle et privée, j'ai trouvé quelques jolis disques dont l'enthousiasmant "La tarentella - Antidotum Tarentulae" par L'Arpeggiata de Christina Pluhar.

La bande son, réjouissante, a été largement utilisée pour le film tout à la fois tendre, frais, drôle, émouvant et donc très vivant et humain qu'est "Tous les soleils", de Philippe Claudel.





Joyeux Noël à tous mes lecteurs.








Nota :

Etant à Moissac, j'ai profité de la Messe de Noël pour aller expier mes péchés du soir (et peut-être une partie de ceux qui ont précédé).


dimanche 20 décembre 2015

Ephémérides vineuses : 2015


Encore une fois des problèmes très casse couilles d'affichage de la police : désolé pour l'inconfort de lecture (et je ne parle même pas de l'affichage très aléatoire des illustrations).
Je rentre dans le HTML corriger çà dès que possible (et j'étudie de près la possibilité de déménager le blog)!




Je n'ai jamais été un grand fan des filles du mois mais là, je me dis que, finalement, ce concept peut avoir a du sens.
A condition, bien sur, de remplacer filles par quilles.

Donc voilà : si je regarde dans le rétroviseur mais pas trop loin, juste depuis le début 2015 et une seule fois par mois, qui est ce que je retiens parmi les vins bus et partagés tout au long de cette année vinique 2015 ?




Janvier 2015

Mouton-Rothschild (Pauillac, 1996).
Cette bouteille, j'en parle longuement dans mon premier billet de l'année. Normal : c'est la dernière de 2014, finie le premier jour de janvier 2015. Il y a pire fins et commencements !

Ce genre de quille je ne les ouvre (pour être précis : je ne me les fais offrir /
ouvrir) bien sur pas tous les jours, même en Aveyron (où j'ai aussi de beaux souvenirs de Cheval Blanc (1989) et de Roquefort Baragbaudes. Et je ne parle même pas du Melsat ou des Bougnettes).
Intellectuellement parlant ce ne sont sans doute pas les vins qui me sont les plus faciles à boire. J'en veux pour preuve les quelques Pétrus que j'ai pu vider, sur de beaux millésimes et dans un cadre non professionnel : je me suis à chaque fois retrouvé à les défendre. Non pas que les vins aient eu, dans l'absolu, besoin d'être défendus.
Non : les vins n'avaient bien sur pas besoin d'être défendus, le mythe en revanche ...

Car quand tu bois du mythe avec quelques convives et que ceux ci se rendent compte que ce mythe n'est, finalement, que du vin qui sera pissé le lendemain : tu as beau leur expliquer que ce vin est juste à la hauteur du mythe, il n'en reste pas moins que du vin.
D'autant que forcément, à un moment ou un autre, on te sort la valeur financière du verre que chacun boit ... et le fait que c'est monstrueux.
Que veux tu répondre à çà ?
Que çà n'a rien à voir ? C'est pas aussi simple ...

Sans doute faut-il seulement répondre que ce vin est et reste superbe, que le marché est ce qu'il est et que ... basta (surtout quand on n'a pas à acheter la bouteille).
Là, ce 31 décembre puis ce 1er Janvier, rien de tout cela : on se l'est bue et appréciée tranquillement la quille de Mouton 1996, et en prenant le temps qu'il fallait sans ajouter de fioriture inutile. Juste le plaisir de partager un grand vin.
Alors la soirée, comme le lendemain midi, comme le vin lui même : tout était (très) réussi.


Février
Riesling Herrenweg (Alsace, Riesling, 2011) de Barmès-Buecher
C'était le dernier week-end de février, alors pour la quille de février il était temps de se croiser !

Lors de ma pendaison de crémaillère, jolie rencontre avec ce très beau Riesling aux notes d'hydrocarbure mais pas trop et, surtout, pas que.

Très très jolie bouteille.
Il faut dire que j'aime beaucoup le Riesling. Très très jolie bouteille qui m'a donné deux envies :
- revenir vers un autre Riesling qui m'a longtemps réjoui : le Grand Cru Kastelbeg de Guy Wach au Domaine des Marronniers (à Andlau). Là aussi un superbe vin que j'ai finalement fait entrer en cave, en préparation d'une mémorable soirée dégustation Riesling chez les Sériot.

- faire entrer en cave quelques bouteilles d'autres Rieslings de Barmès-Buecher. C'est avec cette envie là que çà c'est gâté, au moins pour le Herrenweg (2011) : grosse irrégularité de bouteille à bouteille (certaines étaient en effet irrémédiablement oxydées, et ça fait braire !).


Nota : en février il aurait pu (du ?) y avoir mes retrouvailles avec le Clos Papillon du Domaine des Baumard et cette mini verticale 2004 / 2006 / 2009 / 2010 (tout particulièrement l'étonnant (et enchanteur) 2004 !). Mais c'était sur leur  stand, au SVL15, alors ça n'entre pas dans le propos de ce billet (mais lors de mon prochain passage dans leur coin le Clos Papillon re entrera sans doute dans ma cave !).


Mars
Mes retrouvailles avec le Brut Nature (Champagne) de Drappier, beaucoup bu juste avant la traversée d'un désert particulièrement aride.
Le Brut Nature de Drappier est en effet l'un de mes Champagnes de prédilection. A tel point qu'il fut un temps, lorsque je me risquais aux joies inégales et conjointes de la navigation fluviale et du petit commerce éthylique, l'un des deux piliers de mon offre champenoise (avec le Blanc de Blanc de  Ruinart).
Y a du vin ! Du vin du genre droit et un chouia austère (c'est bien, le Pinot noir avec des bulles), et j'aime çà.
Beaucoup.

Alors cette quille, même si elle ne me remet pas que des bons souvenirs en mémoire, je continue de l'apprécier : ça doit prouver qu'il est vraiment (très) bien ce Champagne, non ?


Avril
Mangot Todeschini (Saint Emilion Grand Cru, 2010)
J'avais depuis peu quitté la rive gauche pour basculer à droite.
Çà a, entre autres choses, été l'occasion de rencontrer les Todeschini avec lesquels j'avais été en contact irrégulier et à distance depuis si longtemps (il faut dire que l'un des deux - comme je suis un mec sympa je ne dirai pas lequel - avait systématiquement séché les interventions que je fais depuis si longtemps dans le cadre de la préparation au DNO, au Centre d’œnologie de Toulouse ...).
Bref : bien qu'ayant quitté le Médoc, je suis visiblement resté sensible au Cabernet ("y en a").
Ce vin ? Concentration et fraîcheur séduisantes, avec un superbe potentiel.
Une sorte de must have dans ta cave.







Mai

Pavie Macquin
(Saint Emilion Grand Cru Classé B, 2012)
Superbe de puissance, d'harmonie et d'équilibre ce vin découvert (à l'aveugle) lors de l'une des dégustations toujours riches d'enseignements, de vins et de belles rencontres (pas que liquides) qui sont organisées par et chez les Sériot !
En fait ces dégustation au Club Jean Melin suffiraient sans doute, par elles mêmes, à remplir la plupart des mois de l'année 2015 !
En tous cas çà c'était vraiment très très bon.



Juin

Aguirre
(Pic Saint Loup, 2012).

Ce vin du Château la Salade Saint Henri : une jolie bouteille découverte à l'occasion de mon retour au Congrès annuel des œnologues de France (édition 2015).
Dans les arènes de Béziers avant et pendant le repas au cours duquel j'ai voisiné avec Anne Donnadieu, la vigneronne génitrice du pinard en question.
C'est un assemblage réussi de Syrah, Grenache et Mourvèdre (du moins si j'en crois mes notes gribouillées sur un morceau de papier abondamment froissé), pour un prix à la bouteille de l'ordre de 15 € si je me souviens bien.
Parfaitement réussi (et qui me change fort agréablement de mes habituels breuvages bordelais pour autant pas ridicules !).



Juillet

Défi de Fontenil
(Vin de Table, 2012).

Du velours liquide, avec de la chair et une finale incroyable de pureté et de longueur.
C'est une autre des bouteilles enthousiasmantes découvertes lors de l'une des dégustations au Club Jean Melin.
Que dire d'autre sinon que ce vin était splendide ?
Ben rien d'autre, spas la peine !
Si, juste un clin d’œils aux zozos qui régulièrement viennent se répandre sur leurs malheurs avec les commissions d'agrément et/ou l'INAO : là les malheurs sont pas récents, on en a pris son parti et on sort de superbes flacons, des vins de Table qui y tiennent superbement leur place, sur la table et avec une belle régularité !
C'était ma minute : "je dis çà je dis rien".


Aout
Bubbles Kiss (Vouvray Brut)

Contacts épisodiques sur Facebook puis, à l'occasion du SVL 2015, première rencontre "en vrai" avec Benoit Gautier et ses vins.
Dont ce Bubble Kiss qui est devenu l'une de mes bulles de prédilection ... en particulier lors de ce mois d'Août entre amis à Port Louis, sur la rade de Lorient.
Il est bien connu qu'à Port Louis y a un micro climat.
Sauf que cette année là, le micro climat y était du genre (très) maussade : pas comme le Bubbles Kiss qui, lui, est un vin (très) primesautier, avec ses bulles fines et ses beaux arômes !
De la joie en bulles (et en kisses) pour un tarif très sage.


Septembre

Clos Manou (Médoc, 2009)
J'ai eu le plaisir de travailler comme œnologue conseil avec (avec ? pour ? un peu des deux !) les Dief.
Y a pire.
Leur Clos Manou est toujours superbe. Il l'est d'autant plus dans les grands millésimes qui ont un peu de bouteille.
C'est le cas de ce 2009 qui, pour autant, peut encore attendre facilement 5 ans de plus pour devenir à tomber ! Pas facile : il ne me reste qu'une bouteille (si j'en ais pas zappé une dans un coin).



Octobre

Défi de Fontenil (Vin de Table, 2005)
Dégusté en magnum, ce vin était des plus séduisants et déjà remarquablement beau. C'était pourtant un infanticide, tellement il a encore du potentiel.
C'est clairement l'une des bouteilles qui ont illuminé mon année bachique 2015 ! Avec son petit frère de 2012 dont je parle plus haut : ben oui deux fois le Défi de Fontenil dans cette compilation !
En même temps, quand c'est bon, c'est bon. Là, c'est même vraiment et vachement bon !
Pas de photo car le soir même ma fille (celle qui picole) est repartie chez elle avec le magnum sous le bras ...

Novembre
Cuvée La Gargone (Bordeaux supérieur, 2010)
Ce "simple" Bordeaux (très) supérieur est avant tout une superbe quille, et François un bon gars.
Pour résumer.
A attendre, bien sur ... mais c'est quand même très très bon là tout de suite.

Pour en avoir faut pas aller au chai : y en a plus.







Décembre

De François à Claude il n'y a qu'un pas qu'un récent repas m'a fait franchir en me permettant de trouver la bouteille qui allait clore cette liste annuelle.
Lors du r
epas de fin d'année de ma boite, à Béziers, avec ce blanc pour commencer.
Un blanc qui est en fait un orange, et mon premier du genre.
Belle première fois tant son aromatique est intéressante !
Belle bouche aussi, de l'équilibre.
Beau vin que cet Apicius, au Moulin de Lène (en Côtes de Thongue) !
Faudrait qu'on se recroise avec Claude Gros, un de ces jours !

Il y aura bien sur des bouteilles de fêtes, voire des bouteilles festives, dans les jours à venir.
On en reparlera sans doute.




D'ici là :

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, consommez l'ensemble de ces vins avec modération
(et c'est pas toujours facile).

samedi 19 décembre 2015

Domaine Les Sadons (Pauillac)




Ce passage en Médoc était enfin l'occasion de rendre cette visite à Alain : une visite plusieurs fois repoussée qui devait être l'occasion de revenir gouter le 2013 mis en bouteille, ainsi que le 2014 en cours d'élevage, mais aussi le 2015 encore en pièces détachées.
Pour le 2015, Alain a prévu un traitement inhabituel chez lui : monter à 50 % de bois neuf.


Alors nous commençons par goûter certaines des ces pièces neuves :



- Merlot 4
Robe très concentrée, beau nez mûr partagé entre fruits noirs et fruits rouges très mûrs sur une légère pointe boisée / torréfiée.
L'attaque est ronde, de la matière, joli fruit en milieu de bouche sur une finale toastée. Équilibré et expressif. Joli !

- Cabernet 1 (n°1 ... mais les derniers ramassés : le 5 octobre)
Vignes de 2001.
Robe profonde, déjà brillante.
Nez relativement ouvert.
La bouche est ronde, léger creux en milieu de bouche qui même sur une finale plus puissante. Jolie matière, mais plus sur la finesse que sur la concentration.


La cuve 2 (vide !)


- Cabernet 2
Jeunes vignes (plantées en 2008). Sur cette parcelle : double effeuillage et rendement de 45 hl/ha pour une vendange le 03/10
Nez relativement discret sur lequel le bois commence à  être légèrement présent.
Attaque ronde, très belle structure avec une grosse charge tannique mais une jolie matière.
Comme quoi des jeunes vignes bien menées peuvent sortir des vins au beau potentiel !

- Cabernet 3
Vignes de 2001, vendange le 03/10
Très grosse couleur.
Nez qui indique une belle maturité.
Là aussi très belle matière, de la concentration avec une grosse charge tannique, mais des tanins déjà enrobés. Pas une once de dureté. Beaux arômes de bouche (fruits noirs, pointe florale).
Très jolie, cette cuve 3.

- Petit verdot.
Vendange le 05/10, avec un petit rendement (35 hl/ha).
Depuis peu Alain travaille son Petit verdot séparément ... ce qui permet de le gouter séparément ... d'ailleurs mon fils garde un souvenir ému de sa première dégustation de Petit verdot pur, chez Alain ...
Celui ne déroge pas à la règle : œil noir, nez intense, ouvert et expressif, en bouche très grosse structure avec une acidité qui tend le tout mais sans mordant excessif.
Ca se goûte très bien et çà va très probablement permettre d'amener une dimension supplémentaire à ce 2015.

- Presses (pour le coup on n'est plus en barriques neuves).
Très structurantes (ben oui : ce sont les presses !), pour autant cette concentration ne se fait pas aux dépends de la netteté : aucun faux goût, beaucoup de matière mais avec une forme d'élégance.
Beau potentiel d'amélioration dans ces barriques là !


Nous passons ensuite au 2014 qui poursuit encore son élevage sous bois : globalement le bois est présent mais plutôt fondu (bois neuf moins minoritaire), on retrouve donc la patte d'Alain avec des vins sur le fruit et la finesse : il y a une joli matière avec un tanin au grain soyeux. 


Jolie structure acide, malgré une finale un peu plus sèche (mais à ce stade rien de plus normal).
Le vin s'annonce friand, à revoir après assemblage final.



Puis 2013 en bouteille, un vin que je n'avais pas encore goûté  à ce stade.
Belle robe rubis.
Nez ouvert, sur le fruit : c'est fin et joliment soutenu par les notes d'épices boisées.
En bouche de la rondeur et de l'amabilité : bonne matière, sur la rondeur et la fraîcheur.
Joli vin, qui ne prétend pas à la puissance de ses prédécesseurs ... mais qui permettra de les attendre en se faisant plaisir !

Allez, hop : on se précipite chez Alain !
(oui : je suis un influenceur)

Domaine Les Sadons
52, Grand rue, Saint Lambert
33250 PAUILLAC
(+33 5 56 59 26 47)


L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, consommez Le Domaine Les Sadons avec modération






mercredi 16 décembre 2015

Keuringsdienst van Waarde : the day when I became a Kleagle

(ce billet est la version anglaise (presque) fidèle d'un précédent billet)


When my son, who is 14 years old, finished looking at the computer he told me:
after that, it is clear that you belong to the Ku Klux Klan of wine”.
OK, therefore it is not a clear win ... even if more than a simple Klansman, I probably am a Kleagle (a Kleagle? Kind of a recruiter, moreover charged with public relations). Not 100% sure this is better !?

The computer ?
A link coming from a dutch TV, lasts for 25 ', and has been produced by
Keuringsdienst van Waarde : is devoted to wine and especially to, if not how, at least what it is elaborated with.
It was broadcasted at the very beginning of December, this year.

Hence : why me ?
Well … why not !?
Yes, but why nevertheless !?



Why ?
Because it looks like it was a bit touchy for them to find somebody ready to endorse the role of the evil one, then someone pleasantly offered me to do the job.
The fact I currently sell oenological products for
Agrovin, after having been a winemaking consultant but also, before, in charge of the technical direction of companies such as Lallemand or Lamothe-Abiet seemed to be appropriate to the Keuringsdienst van Waarde team.

It was at the beginning of the year and I thus spent a little time over the phone and by e-mail, then finally a full day in
Bordeaux, with Ersin Kiris, and two guys (I forgot their names, which is stupid because they were nice).
You know : I have much sympathy for Dutch people, even gratitude !
Of course, not for their tomatos ! Because with a single dutch tomato, a good launcher can kill an ox at a distance of 50 meters!
More for their old mimolette (which is not a Dutch cheese, one tells me in the auricle) ... and then also because it was the job of dutch ingeneers to transform the
Médoc into wine soils !
Also (and especially !) because one of them :
Antoni van Leeuwenhoek was the very first to observe and describe oenological yeasts (even if it was in fermenting beer), or because Dutch merchants introduced and developped the use of sulfur dioxide in wine.

Anyways : these last days many
Dutch people suddenly surged on my Linkedin profile which informed me that the show had been released ...

I thus saw it, too.
You can do the same, using this link.
Saw it with my son : how to rot, 25 ' stopwatch, the little paternal authority you saved ...

Because it lasted for 25 ' and is dedicated to classic and standard customers, one thus did not have to expect an upheaval of the thought from it, nor some change in the general ideas of the assistance.
Nonetheless, regarding the part I was able to understand (thus : in French or English … i.e. not a lot !) that seems to me rather not that bad.
At least far better than the deep sillinness that the french TV more or less recently inflicted us (and after that Ersin and Maya were astonished not to find anybody ready to answer them ...).
You will find on my blog (but in french) what I, for example, think of Isabelle Saporta or Donatien Lemaitre approximative productions.

Not that bad, I swear.
However, this documentary deserves some observations and remarks.

For example, we quickly see a back label, a strange one.



Yes, it softly tells us that this wine contains sulphites + egg + milk.
Fucking scoop!
Let us pass on sulphites (on this subject you also can pay a visit to my blog for technical and historical informations) and directly go to egg and milk.

On these topics, I will not reconsider epidemiological studies which led to this legal obligation for labelling (even if there is much to say ... but it would be for nothing : the trick is acted and recorded) but only to specify some «
details » :
- egg albumin is used for the fining of red wines, and this lasts for a veeeeery long time.
Centuries, in fact.
Maybe connoisseurs of Bordeaux specialties will remember that ”cannelé”, our traditional pastry, is a by product of red wines fining on Bordeaux docks : nobody knew what to do with the huge quantities of yellow part of eggs that remained after fining of the wines. Added to vanilla, wheat and rhum it gave us “cannelés” !
Hence : as well for fining or pastry, both are purely traditional and historical.
Morever : egg albumine gives excellent results (in terms of wine quality) when poperly used (i.e. enough but not too much).

- milk casein can be used for
white wines fining (it is delicious, or not ..., to observe that in this case it is a legal obligation to mention that the wine contains milk … whereas it is not milk - but only milk casein - and the use of milk itself during winemaking is strictly forbidden by law !).
Kind of : "Hey guys : I have to tell you there's milk in my wine (by the way : it's forbidden by law)"

As a consequence of what : I find (at the very least)
strange that egg and milk are announced as present in the same wine !!
Legislation recall :
if you used one
or the other of these fining agents you must indicate it on the label unless you analysed the wine to check the presence (or not) of any residues of these products in the wine.
Of course, if you do not find any remaining trace, you do not have to mention
egg nor milk on the label.
The only explanation that I can find to this back label is that the retailer does not want to bother with Elisa trials for egg albumin or milk casein ... and designed his back label once for all to fix it on each of his bottles. Be it for white, rosé and red wines … with fining agents remaining or not.

Sad.

Sad
, because considering my consulting activities in wine making, each time that I carried out a fining trial in order :
1. to decide if fining was useful and, if yes,
2. what were the better fining agent and the better dose,
Then 3. when the racking off was under control and efficiently done, analysis never (n-e-v-e-r) detected any trace of remaining egg albumine in wine (at that time I was working in the Médoc area, with red wines. Therefore : pure egg albumin and only egg albumin was used, when needed, if needed).
Hence : when you can proove that nothing remains in the wine, there is no more legal obligation to mention it on the label (why write on a label you used something that does not remain in the final product ?).

In short :
beyond the fact that egg white is a perfectly natural product and an old and traditionnal fining agent, this back label is "surprising" …

Things continue going wrong when one of the journalists pays a visit to a dealer … despite the fact I do not understand a single word of what they say,
I almost fell down from my chair when I saw one of the products he sells : œnocyanine.
I do not know where it comes from, neither did I understand who's this guy, or whom he's supposed to sell his stuff … but here, we probably have major worries.
Œnocyanine ?
It is for colouring, and is natural ... and using it is strictly forbidden in winemaking.
Then if the sales are made to wine producers (in the Netherlands !?!), no one can accept it, even if the label indicates in a visible way that the use of this product is « restricted ».

Then Sebastien arrives.
And it starts in and with the vines, which is an evidence as the full story of wine starts in the vines. 




Sebastien could speak French, which is much more comfortable : looking at me speaking (so called) english made me realise at which point my english had become stammering and approximative.
Linda said awkward.That does not help to be comprehensible (
Cruel World and all this kind of things).
Just to be clear enough : I like Sebastien, and I like his wines too.
It should, of course, be added that I was pleased to be his winemaking consultant for a few years.

Then it is quite hilarious when we are put in opposition on the question of wood




It is hilarious because there is no opposition at all !


Due to his history, habbits and marketing, Sebastien makes wine without oak chips. It is his choice, and history… and it is very well that way.
For as much : Sébastien Peyruse, even if his wines are not, objectively, very expensive sells at an average price which is significantly higher than that of the average wine (the average wine ? the wine which does not exist!). 


As far as I know, average customer price for a bottle of wine is less than 4 € including all taxes in France and around 5 € in the Netherlands.

At such price levels (and with stronger reasons at lower prices !) if you want a wine with an oak taste, you have to know that it will have been made with oak chips, at best with oak sticks (
i.e. compared to an oak cask : cheaper, easier to use, works quicker, but effects lasting shorter in wine).
Considering the cost of a single oak cask, I hardly can see how one can, economically speaking, work another way !  

Everybody can regret it, but this is an economical reality.
Moreover it also is a technical reality : many wines which are made using chips do not have the minimum structure needed to resist and take advantage of ageing in an oak cask.


Then, I at least want to make Ersin and others understand that, really : no, I cannot detect oenological products that have been used by single wine tasting (exception made of some extremely caricatural cases ... and not always I'm afraid !). And nobody else can do it !
Claiming the opposite is pure bullshit, and taking people for 6 weeks old wild rabbits
!
Or is it that I am not such an expert ?

Well, in any cases I at least am not an expert in communication since it looks like I was unable to transmit the essence of my message (which passed to the trap door).

The message ?
Yes, when it came to the labelling of wines !
Which is this message ?
When it comes to winemaking process and possible labelling, I think it is necessary (has a minimum !), to make the difference between additives and auxiliaries.

An auxiliary ?
It is what is used for tranformation of raw material, but which does not remain in the finished product.
In the wine the typical example are yeast and bacteria : the first transforms sugar into alcohol, the second transforms the malic acid into lactic acid, then one and the other die and disappear with the lees at the time of the first racking off.
Moreover selected yeasts were indigeneous yeasts, before they were selected ... and there is no fundamental difference beteween one and the other.
No yeast ? no wine ! and no yeast remaining in the wine after they did the job. Whatever the yeast and where it comes from.
Hence : what's the logic behind the demand of writing "yeasts have been added" on a label !?


An additive ?
The classical example is tartaric acid (but it's the same story with, for example, grape tannins or polysaccharides, and so on ...) which is a natural compound of vine and wine.
It sometimes can be added to wines lacking acidity.
Would it thus have to be indicated on the label that tartaric acid was added ?
Beyond the fact this natural product does not present any health risk, why would it be necessary to indicate that there is tartaric acid in wine when some has been added … and not to indicate it otherwise ... even if there
always is tartaric acid in wine.
Always
, and exactly the same !

Hence : for a huge part of additives, this is kind of “logic” I do not understand. And these were some of the points hidden behind my final :
Why ?”.
And I consider regrettable that this final “Why ?" - even if I find it rather funny and probably a efficient way to finish the show - was not more and better explained.




But it also enables me to finish with these comments; a conclusion that I address to Ersin and his team:

Waarom
 ?


Or, rather, Sag Warum ?