vendredi 27 février 2015

VdV #73 : Vos 50 Nuances de Vin


Au début, j'ai un peu pris peur : "50 nuances ..." ?

Oui, c'était bien çà le thème de cette 73ème édition des Vendredis du Vin ! Le choix du président du mois. Et, au premier abord, je l'ai pas trouvé cool sur ce coup là, le président du mois !

Putain, 50 nuances ...
Bon, ok : je l'ai pas lu et doute fort le lire un jour et puis je suis pas non plus allé voir le film, et j'irai pas le voir.
Alors quoi ? Je suis coincé ou snob ? voire snob et plein d'a priori ?
Non (quoique) !
C'est juste qu'en matière d'érotisme, de rupture avec la société et la morale publique du moment, voire même d'écriture (pourtant, l'écriture de D.H. Lawrence ...) mais aussi tout simplement d'histoire d'Amour, ma conviction est qu'il y a certainement bien plus à prendre dans L'amant de Lady Chaterley (ah, ma pauvre Earley ...) que dans ces 50 nuances dans lesquelles je subodore qu'il n'y a pas de quoi fouetter une chatte !

Chaterley ? Extraits :

"Tha's got such a nice tail on thee," he said, in the throaty caressive dialect. "Tha's got the nicest arse of anybody. It's the nicest, nicest woman's arse as is! An' ivery bit of it is woman, woman sure as nuts. Tha'rt not one o' them button-arsed lasses as should be lads, are ter! Tha's got a real soft sloping bottom on thee, as a man loves in 'is guts. It's a bottom as could hold the world up, it is!"
.../...
It cost her an effort to let him have his way and his will of her. She had to be a passive, consenting thing, like a slave, a physical slave. Yet the passion licked round her, consuming, and when the sensual flame of it pressed through her bowels and breast, she really thought she was dying: yet a poignant, marvellous death.

Oui : ces 50 nuances me semblent avant tout destinées au côté midinette dévoyée de lectrices lisant les "meilleures pages" (les moins niaiseuses ?) pour une pseudo mise en danger à l'eau de rose.

Mais j'ai tout de même lu le pitch du président mensuel, mon côté légaliste sans doute ?

Comment passer à côté de 50 Shades of Grey (50 Nuances de Grey sous nos latitudes francophones) ?
Le livre d’abord, puis maintenant le film. Et en plus avec la Saint-Valentin, je vous raconte pas comment vous allez en manger du Christian Grey et de l’Anastasia Steele.
Entre les menottes à fourrure, les loups et les cravaches, nous, nous allons dégainer nos bouteilles, sacrebleu (et non, pas dans le sens de Gone Girl, je vous vois venir bande de coquins) !
Pour cette 73e présidence des Vendredis du vin, nous collerons donc à l’actualité cinéma avec les 50 Nuances de Vin. Qu’entendre par 50 Nuances de vin ? Et bien c’est ce vin. Cette bouteille.
 
Nous en connaissons tous une.
Elle est là.Elle vous observe.Tapie dans l’ombre.C’est la bouteille que vous aimez mais qui vous fait mal.Tu n’aimes que le vin nature ? Tu ne bois que ça, mais tu ne peux pas t’empêcher en douce de boire cette cuvée industrielle que tu adores car elle te rappelle un bon souvenir, ou juste car tu l’adores..Tu ne jures que par la Bourgogne, mais tu as toujours ce Bordeaux caché au fond de la cave que tu bois en secret.Bref, ces 50 Nuances de Vin, ce sont ces bouteilles que vous aimez, pour lesquelles vous vous damneriez. Mais en même temps, cela vous fait mal de les aimer, car « vous ne devriez pas ». Et pourtant.50 Nuances de Vin, c’est ce plaisir solitaire, un peu comme cette chanson de Britney Spears perdue au milieu de votre playlist de métalleux (NON, CE N’EST PAS MON CAS !). Elle vous fait du mal, vous la cachez, mais vous l’aimez.Allez, avouez-nous tout, on sait que vous avez cette bouteille en cave…






Du coup (si j'ose dire ...) en seconde lecture c'est un autre problème qui s'est posé : c'est que je n'ai pas de vin caché, pas plus que de vin que j'ai du mal à aimer.
Sinon je les aurais pas, ces vins.
Forcément !

Puis j'ai déménagé. Et passer du Médoc à Libourne est la meilleure preuve que je suis d'un éclectisme à toute épreuve, avec vraiment rien à cacher ni aucun aveu vinicole difficile à lâcher après mou(l)t hésitations  !

J'ai bien sur rangé les premières bouteilles arrivées en fond de cave. Puis les suivantes.
Et je les ais amoureusement regardées.
Car je les aime, je te dis !
Toutes !


Et c'est bien sur précisément
que je les ais vues : une petite dizaine de bouteilles sans étiquette, ni capsule, ni aucune inscription d'aucune sorte.
Tapies parmi les autres médocaines.

C'est à ce moment précis que j'ai compris que c'étaient elles que j'avais encavées, mais que je cachais, ne sortais que rarement, pas avec tout le monde, et le plus souvent en me cherchant des excuses.

C'est que j'ai quelques réticences, appuyées sur des doutes quant à leur qualité objective.
Si tant est que la qualité objective existe.
On peut au moins faire semblant d'y croire.

Pourtant je les aime bien : c'est qu'en matière de vins je revendique la subjectivité !
Un jour peut-être parlerai je de ces vins que j'appréciais mais ai arrêté de boire lorsque j'ai connu ceux qui les vinifiaient, les ai trouvés insupportables et, du coup, n'ai plus eu ni intérêt ni plaisir lié à leurs vins. Tout comme ces vins qu'on me vante mais que je ne peux boire sachant qui se cache si mal, derrière.
Puis aussi de ceux qui sont peut-être plus faibles mais qui me rappellent de bons moments, parfois avec leurs auteurs. Car la réciproque est, bien sur, tout aussi vraie.

Car oui : là, avec elles, c'est de cela qu'il s'agit !
Le vigneron était parfois un peu space, mais plutôt sympa ...
Le problème, s'il y en a un, c'est surtout qu'il n'est - de mon point de vue - pas décidé à tirer le mieux de ses terroirs pourtant superbes (à une parcelle près).
Ses impératifs ne sont pas vinicoles.
Alors j'ai parfois un peu souffert (intérieurement hein ? C'est pas Grey non plus !) lorsque j'étais son œnologue conseil.

La plus grosse partie de sa production part en vrac, rapidement et au négoce.
Mais il garde un certain nombre de bouteilles, ce qui m'a permis de goûter son 2009 qui était loin d'être ridicule ! Je le dis d'autant plus aisément que je ne bossais pas avec lui, à cette époque là ...
En même temps, pour rater un 2009 ...
Quoiqu'il en soit, lors d'une précédente dégustation à l'aveugle il avait été apprécié, son 2009.

Mais là, en cave c'est pas du 2009 que j'ai et, ouais, en plus  je travaillais avec lui ...

J'ai tout de même ouvert une nouvelle bouteille tout récemment, c'était dimanche dernier, à l'occasion de ma crémaillère libournaise. C'était surtout en me tenant intérieurement un discours du genre : "oui, bon : je sais, mais c'est pour les Vendredi du Vin".

Toutes les bouteilles avaient été anonymées.
Comme je ne savais pas quel était le numéro d'anonymat de telle ou telle quille, j'ai juste dit que dans le lot il y avait un genre de bouteille piège : un peu comme quand tu fais un aveu difficile mais que tu veux pas le reconnaître que c'en est un, d'aveu.
Je n'ai pas dit qui c'était ce vin : ni le gars, ni son château (de toutes manières rigoureusement inconnus), j'ai juste dit que c'était un genre de collector.
Tout çà mi gêné mi rigolard.
Car cette bouteille, j'aurais aimé la (re) goûter à l'aveugle, mais tout seul quoi. Tout seul mais sans savoir, essayer de m'approcher de l'objectivité.
Essayer, au moins. Tout seul. En secret.

Le truc impossible, quoi.

Alors, laisse tomber : je l'ai goûtée et fait goûter.

Il y avait quoi ? une quinzaine de bouteilles en tout, dont 10 de rouge. De divers horizons, les rouges. Avec, au final, de très jolies choses (du côté des blancs : très beau Riesling Herenweg (2011) chez Barmès-Buecher : mon préféré, de loin !) et d'autres qu'un bon jour je pourrais qualifier d'intéressantes, et puis aussi quelques trucs franchement très limite, dont une bien tapée par les Brett, l'autre déjà déviante même en tenant compte d'une belle matière (le genre de truc que jamais je ferai entrer en cave, quoiqu'on puisse m'en dire et Dionysos sait si on en dit beaucoup de bien !) et puis une dernière jolie, bien sur, mais avec ce truc qui me chiffonne et m'a fait penser à un manque de maturité : pas pleinement satisfaisante, quoi.



Et ma bouteille mystère dans tout çà ? ma bouteille honteuse ?
Bien sur elle s'est avérée manquer d'élégance et aurait gagné à avoir eu plus de matière, de profondeur et de longueur. Pour autant il y avait du vin, qui s'est bien laissé boire. Même une fois la bouteille dévoilée.
Plutôt pas mal donc !
Pas un grand vin, bien sur - quoique l'on puisse entendre par Grand Vin - mais clairement la bouteille que tu peux partager sans crainte et, donc, sans (trop de) honte. En particulier si tu l'habille d'une jolie histoire et l'accompagne d'un saucisson de compétition.


Un peu comme Mélissa et Fred : 50 nuances rigolotes, décalées, que tu te regarde pas en boucle, mais qui te font passer un bon moment.




Finalement c'est un mec cool, le président du mois.

Mais sur la bouteille et son producteur, je ne t'en dirai pas plus : faut pas pousser mémé dans les orties !


mardi 10 février 2015

De Londres et Pulitzer à Charybde et Scylla

Dans l'un de mes derniers billets je m'en prenais à de récents articles prétendant faire de la science à propos de vin, ainsi qu'à ceux qui - à mon goût - les commentaient bien mal.

Dans la foulée, l'un des auteurs de l'article rédigé par les étudiants en journalisme me contactait : il se trouve que nous avons une connaissance commune.
Un tout petit Monde.

Il me contactait pour me faire une réponse assez rigolote :
C'est quand même fou de parler seulement de cet article alors qu'on en a écrit une vingtaine au moins sur le sujet. Si vous ne vouliez pas que cet article soit "le buzz du moment", vous n'aviez qu'à parler des autres articles, tous très sérieux, qui eux comptabilisent 300 vues quand celui-ci en comptabilise 1300. Allez je suis sympa je vous mets quelques liens :








Puis vous partez d'un constat qui n'est pas bon aussi, une poignée d'étudiants sur 12, c'est pas la moitié, les seuls au courant étaient les trois qui étaient partis faire les courses.

Et promis c'était pas du tout pour faire quelque chose de scientifique qu'on a écrit ça, c'est juste un ressenti, je crois que le ton de l'article le montre bien, et qu'on le dit assez.

Bisous.

Que répondre à cela ?

- que ce n'est pas moi qui détermine ce qui fera ou pas le buzz : le buzz je le subis et, parfois j'y réagis ... quand il est assez efficace pour arriver jusqu'à moi. 

- que faut pas avoir peur pour venir me chatouiller sur mes constats : quand on voit les leurs ... et que, en outre, 12 testeurs c'est trop peu ! D'autant plus que si sur 12 il y en a ne serait ce que 3 qui ne goûtent pas à l'aveugle ça enlève illico tout vague résidu de crédibilité au bouzin !

- que je trouve assez étonnant qu'après que j'ai écrit que ce truc était une pantalonnade sans rien de scientifique on vienne me dire, en prenant des airs de vierge effarouchée, que : "mais oui bien sur et c'était clair depuis le début" ... alors que, dans le même temps, l'on se garde bien d'aller détromper les commentateurs enthousiastes en leur disant qu'ils se sont fait berner par de joyeux drilles qui faisaient pas de la science mais qui causaient juste de leur ressenti ...
Je comprends plus très bien (ou, au contraire trop bien).


- que c'est pas bien grave car c'est un genre de pêché véniel et qu'on sent bien que c'est un travail d'étudiants, car les vrais pros sont capables de faire bien pire !

Midi Libre : "Vins : à la recherche des pesticides"

Sous ce titre presque neutre se cache, là aussi, une pantalonnade de la pire espèce.

De quoi s'agit il ?

La dernière expérience de GE Séralini.
Séralini ?
Oui, le type qui présente des résultats spectaculaires basés sur des protocoles expérimentaux qui se font invariablement démonter, mais on s'en fout : ils ont fait le buzz avant, et après on crie au complot d'une communauté scientifique soit corrompue, soit aux ordres.

Rappelons quand même que les résultats on s'en tamponne le coquillard avec une patte d'alligator femelle car ce qui compte c'est avant tout :
- 1. la façon dont ils ont été obtenus, et
- 2. qu'ils soient reproductibles.
Après on peut éventuellement commencer à discuter.
(je la fais courte car ceux qui sont convaincus par ce que je dis ont pas besoin de plus ... et les autres c'est pareil en fait puisque Séralini les confortant dans leurs croyances, c'est donc un martyr en puissance et moi et mes semblables sommes de toute évidence des sbires de Monsanto).

Bref qu'a t'il encore inventé ?

Modèle de neutralité il annonce à ses cobayes qu'il va, je cite :

"[leur] expliquer l'organisation de la criminalité sur Terre".
pour ce faire il leur sert un vin bio qui est identifié et un pas bio qui n'est pas identifié :

"pour ne pointer un producteur en particulier, le nom du vin traité avec des pesticides est tenu secret"
Très accessoirement ça empêche quiconque de reproduire "l'expérience" dans les mêmes conditions, de vérifier les taux de pesticides, et rend impossible la vérification que les deux vins sont bien, comme on nous l'affirme :
"[de] même origine, même cépage, même année. Seule différence l'un est bio, l'autre pas".
Bien sur le pas bio est gavé de pesticides dont on nous annonce les effets tant pervers que dévastateurs.
Au vu la description qu'il vient de faire, q
uand tu penses que Séralini va les faire boire à ses cobayes tu te demande si ce type est pas un dangereux psychopathe.
Bon, en même temps c'est pour la Science alors tant pis si y a des pertes, car l'article nous apprend que les pesticides en plus il les leur fait "gouter ou seulement sentir" seuls et en mélange.


Le mec il leur fait gouter des pesticides ? purs puis en mélange entre eux ??
Je croyais que le but c'était d'expliquer l'organisation de la criminalité sur Terre, pas d'en appliquer les principes en tentant d'assassiner 22 cobayes gagnés à la cause du bio !?


Après tu peux aussi avoir une pense émue pour le vigneron mystère qui s'est semble-t'il évertué à traiter ses vignes (et non pas son vin, car ce n'est pas - comme le prétend l'article - le vin qui est traité !) avec 5 fongicides différents.
Il doit pas aimer les cèpes, le type !
Je vois que çà pour s'amuser à bombarder ses vignes avec 5 fongicides différents et à le faire à des doses telles que chacun des 5 reste présent dans le vin.
C'est digne du Livre de Records (bien sur, loin de moi l'idée saugrenue de remettre en cause l'honnêteté intellectuelle des organisateurs de cette mascarade).


Forcément :
"Le vin A est un peu putassier. Il n'y a pas d'harmonie nez bouche et, au bout d'une heure, il perd ses arômes."

"Le vin B, lui, est au départ plus fermé. Il a un développement plus long, plus subtil en bouche. Il est bien aligné avec le nez, il a quelque chose d'aérien. Pour moi le vin B est sans pesticide."
Bien sur 16 dégustateurs sur 22 partagent ce jugement sans appel.
Parce que quand tu mets des méchants pesticides à la vigne, forcément ton vin sera putassier et perdra ses arômes au bout d'une heure.
C'est d'une évidence folle.


D'autant plus folle quand tu es allé faire un tour dans un laboratoire d'analyses spécialisé dans la recherche de résidus de pesticides, et que tu y a vu l'investissement en personnel et en matériels que ça demande !
Tous ces scientifiques sont des truffes ! Pourquoi se faire chier avec une chromato en phase gazeuse alors qu'il suffit de filer les vins à Séralini : ils les fait gouter a ses potes et, après une simple dégustation, ils te diront si tes vins sont gavés de pesticides sentant la banane et si, de surcroit, ils sont ou pas putassiers.
C'est la mort des labos cette expérience.


Bref les pesticides filent le cancer et, en plus, ils dénaturent le goût du vin.
Malheureusement, de son côté le bio empêche pas de dire et d'écrire des conneries.








dimanche 8 février 2015

Dans l'attente de la béatitude


Je n'étais pas venu dans l'attente de la béatitude, mais n'en espérais pas moins quelques belles rencontres avec la douceur angevine chère à du Bellay : ayant prévu d'aller à l'édition 2015 du Salon des Vins de Loire (non, pas pour fêter ma participation au Wine Blog Trophy 2015 - quoique -) j'avais en effet répondu très positivement à l'invitation à participer à une "Déambulation gourmande à la Galerie David d'Angers".



 



L'occasion pour moi de faire un tour en Coteaux de l'Aubance et Brissac que je connais fort mal, l'occasion aussi de découvrir galerie et sculpteur que j'ignorais totalement malgré quelques passages à Angers..

Ah, la tenture de l'Apocalypse ...









Dès l'entrée, le lieu fait un effet monstre.
De toute évidence, lors de la soirée je n'en verrai que la partie monumentale, et encore : du Rez de Chaussée.
Il n'empêche : l'endroit est étonnant !

Côté vins, le choix est conséquent : plusieurs tables sont réparties dans la salle, au milieu des sculptures et des bas reliefs, chacune accueille quelques producteurs et divers mets à grignoter et, surtout, savourer.







Très joli nez de fruits à noyaux.
Bouche d'une agréable douceur, allégée par ce qu'il faut de fraîcheur.
La finale est longue, et doucement aromatique.
J'aime beaucoup !
Domaine de Bablut







Robe j'aune d'or, nez de coings et de fruits murs, avec une touche épicée.
Agréable sucrosité relevée par une acidité qui allège le tout.
Jolie finale. Joli vin.
Château Princé










Robe plutôt intense (oui, j'arrive du Médoc ...).
Fruits rouges et maturité au nez.
Bonne structure, beaux tanins.
Fruité présent là aussi.
Agréable vin.
Domaine Richou






Lui c'est sans doute mon coup de cœur de la soirée !!
Nez très riche, très fin, confit et frais à la fois.
Bouche très riche mais pourtant presqu'aérienne (presque, hein ? car c'est un gros bébé !) grâce à une fraîcheur bienvenue.
Finale sur les notes d'agrumes et de confit.
J'aime vraiment beaucoup ce vin (d'autres sont présents et sans doute plus démonstratifs ... mais celui ci donne envie de continuer à le boire !).
Domaine de Haute-Perche






Fruits à noyaux, notes florales, agrumes pour un nez frais et complexe.
Beaucoup de fraîcheur qui sous tend ce vin, mais la rondeur en milieu de bouche en fait une très belle bouteille.
Beau vin à mettre sur table !
Domaine de la Gonorderie







Fruits noirs et note réglissée.
Belle matière, avec des tanins suaves.

Plutôt dans le style puissant, mais très buvable.

(très jolis, les petits trucs au foie gras persillé, à côté !)
Domaine de Bablut











Nez exo (mangue) et d'agrumes.
Agréable sucrosité, soutenue par ce qu'il faut d'acidité.
Très bel équilibre !
Domaine des Rochelles







Il y avait, bien sur, bien d'autres vins ... dont certains que je ne cite pas et c'est ben dommage car ils étaient bien ! 
De très beaux blancs, d'une façon générale. Sur les rouges c'est toujours plus difficile pour moi : j'ai le palais formaté par des trucs du Sud, là où çà envoie du bois (mais pas que du bois, fort heureusement). alors il faut que je me fasse la bouche et que je réinitialise les compteurs, souvent.
Mais les blancs, les blancs ...

Bref : il a bien fallu partir, après avoir rodé (déambulé !) un peu dans la galerie et regoûté à tel ou tel vin ou plat.
A propos des plats : le seul truc qui m'a - un peu - laissé froid était le chou au chocolat épicé et mangue (pourtant la mangue c'est le truc pour lequel je suis presque prêt à me damner !). En revanche la mouillette de volaille, la compotée de canard et, surtout, le tajine de légumes et brochette de Gambas étaient à tomber !





Au final, un fois passés les derniers obstacles, sans doutes n'étais je plus très loin de la béatitude ...









jeudi 5 février 2015

A propos de journalistes, de statistiques et de vin bio

Le web fourmille de trucs plus ou moins convaincants qui sont repris à l'envi sur tel ou tel blog, sur Facebook et divers sites d'infos à la crédibilité variable.
La blogosphère pinardière ne fait pas exception à la règle, pour autant que je sache c'est même un cas d'école.
D'école de journalisme.

En termes de traitement de l'info (à moins que ce ne soit de mauvais traitements infligés à l'information) on trouve en effet des textes intéressants.
Dans un billet précédent j'ai déjà traité de cette publication largement reprise sur la thématique : "un apéro = un Burger", thématique prenant le texte d'origine par le petit bout de la lorgnette et, par la même occasion, faisant l'impasse sur le fond du document en question.
En effet : au lieu de traiter du document et de ses tenants et aboutissants, les commentateurs focalisaient sur un outil tout autant rigolo qu'absurde qui convertit divers alcools en équivalents burgers, sur la base de leurs valeurs caloriques réelles ou supposées.
Je ne reviens pas là dessus, le billet est consultable via le lien indiqué plus haut.

Là, rebelote : on voit depuis quelque temps tourner des billets reprenant le même petit bout de la même lorgnette pour signaler qu'un verre de pinard équivaut à une heure de sport.
C'est également rigolo, et absurde.
L'étude est.
Ce sont les vertus antioxydantes du resvératrol qui y ont été relevées, en particulier le fait que - chez le rat - elles améliorent certains des effets de l'activité sportive (les rats sont en effet de grands sportifs).
Bien sur, à aucun moment des doses de vins contenant la même quantité de resvératrol n'ont été absorbées par les rats et je doute que, lors du marathon du Médoc, les performances soient significativement améliorées par un arrêt, prolongé ou pas, aux stands de Pauillac ...
Une bête règle de trois basée sur les infos données par la publi en question montre en effet que pour arriver a absorber, a l'aide de vin rouge, les quantités de resveratrol "recommandees" il faudrait s'enfiler des quantités de pinard menant automatiquement au coma éthylique avant d'avoir ne serait ce qu'approche la quantité nécessaire et suffisante de resveratrol !
Ben ouais, dans le vin rouge, y a pas que du resvératrol.
Le vin rouge ne permet pas de se doper. Même quand on est un rat.
C'est con.
Ou pas.

Bon, j'imagine - et j'espère ! - que ce genre de niaiserie n'a trompé personne.

Alors ce qui me pose problème n'est pas tant que l'on reprenne autant et aussi mal un travail scientifique pour lui faire dire n'importe quoi de rigolo.
Encore que ...
Non, c'est plutôt que les mêmes qui tombent à bras raccourcis sur les conclusions capillotractées de l'ANPAA après tel ou tel travail, ou sur les approximations d'Isabelle Saporta puissent dans le même temps s'extasier de ce genre d'âneries : lorsque l'on se permet de se réjouir de conneries (même rigolotes) qui nous confortent dans nos certitudes, il me semble difficile de prétendre à la crédibilité lorsque l'on tape sur des conneries du même genre qui, elles, nous déplaisent.

Il ne me semble pas que souhaiter une approche citant un truc rigolo tout en prenant un minimum de distance soit trop demander !?
Pourtant on dirait bien que si.

Non, c'est pas sur le Gorafi : c'est un papier commis par des étudiants en journalisme.
Alors tu lis ça avec un œil un tant soit peu critique et tu te dis illico que tant le journalisme d'investigation que le journalisme scientifique ont de beaux jours devant eux ....

Bon, le protocole est tout pourri :
Pour garantir sa fiabilité, l’expérience se fait à l’aveugle. Seule une poignée de participants, les organisateurs, savent si la soirée est bio ou « traditionnelle ».
Vu qu'ils sont 12 en tout et pour tout, une poignée c'est quoi ?
5 ou 6 ?
ouais, la moitié quoi.
Trop cool : y a déjà la moitié des données à jeter à la poubelle ! Au moins la moitié, car s'ils finissent à 3 grammes, c'est pas sur qu'ils aient été capables de garder le secret (tout relatif) très longtemps ...
On veut faire ça bien.
C'est sans doute pour çà que ne sont indiqués ni la couleur, ni l'origine, ni le mode d'élaboration, ni même le degré alcoolique de chacun des vins de chacune des deux soirées ... donc aucun moyen d'être sur que seul le critère bio / pas bio est discriminant.
Sans doute aussi est ce pour çà que les alcoolémies des participants ne sont contrôlées ni avant ni après chacune des dégustations.
J'en passe et des meilleures ...

Bref les conditions de la cuite sont douteuses et le recueil des résultats, je t'en parle même pas : du déclaratif le lendemain, avec un pourcentage important de "testeurs" (sinon la totalité) qui savent ce qu'ils ont bu la veille ...

Mais comme faire un truc vraiment foireux ça s'improvise pas, il reste encore à maltraiter les résultats.



Globalement, les résultats montrent que tous les symptômes ont été plus importants avec le vin conventionnel (sauf sueur et tachycardie). De plus, les écarts entre les deux moyennes d’un même symptôme sont significatifs (excepté pour la fatigue qui est sensiblement similaire d’une soirée à l’autre). Les chiffres laissent donc croire que la gueule de bois au vin conventionnel est plus difficile à encaisser pour le corps qu’une cuite au vin bio.... Enfin, si on ne fait pas du cas par cas.





"tous les écarts ont été plus importants" et "les écarts entre les deux moyennes d'un même symptôme sont significatifs" ?
Ben voyons donc ...
C'est d'ailleurs aussitôt "confirmé" par une polymégachiée de commentateurs qui observent généralement que cela conforte leurs propres "expériences" et puis que c'est normal, vu toutes les saloperies qu'il y a dans le vin quand il est pas bio.
Ben tiens.
Et la marmotte, elle prend des cuites à quoi ? au glyphosate ?

Comme je suis pas le mauvais bougre et que je suis joueur, je prends comme contre exemple un des écarts les plus importants.
C'est celui qui concerne la déshydratation : sur ce facteur, on passe de 6.75 à 5.25.
Soit un considérable écart de 1.5 / 10 !!
Significatif, quoi.
Enfin surtout si on fait l'école de journalisme, et que l'on s'y prend deux cuites coup sur coup.
Dont une au vin bio.
Rappel sur la déshydratation : l'hormone anti diurétique (la vasopressine) est responsable de la récupération d'eau par l'organisme. Elle est détruite par l'alcool. Alors c'est simple : tu picole, tu détruis l'ADH, tu pisses, et le lendemain t'as mal à la tronche.
Le seul moyen de limiter les dégâts est de boire de l'eau pour essayer de compenser les pertes et, donc, de réduire le mal de tronche.
Nos jeunes amis auraient donc du s'assurer que chaque participant a, à chaque fois, bu exactement la même quantité d'eau depuis l'imbibation jusqu'au lendemain matin.
C'est raté.
Toute personne ayant fait l'apprentissage élémentaire des statistiques, et/ou dotée du tableur le plus basique qui soit est en mesure de calculer, d'un simple clic, un écart type.
L'écart type c'est quoi ?
C'est la marge d'erreur qu'on doit appliquer à la moyenne.

Ici ça donne quoi ?

- "Bio" : moyenne 5.25 et Ecart type : 2.83.
La moyenne est donc quelque part entre 2.42 et 8.08 pour le bio
- "Conventionnel" : moyenne 6.75 et Ecart type : 2.3.
Moyenne entre 4.45 et 9.05 pour le conventionnel.

Autant dire qu'au vu des chevauchements les différences significatives sont tout de suite bien moins évidentes ...
Et elles le sont d'autant moins qu'une différence n'est significative que si l'on a pris la peine de faire le test statistique ad-hoc et que le résultat a prouvé cette significativité.

=> hypothèse 1 : la différence moyenne entre les deux séries de données est nulle.
Le test de Student donne p > 0.1 (si vous me croyez pas, je vous laisse refaire le calcul, mais c'est chiant comme la pluie un soir d'automne)

p > 0.1 ?
= pas de présomption contre l'hypothèse nulle.
En clair : les deux moyennes ne sont pas significativement différentes.

Alors fin de l'épisode, et c'est pas la peine de passer à l'hypothèse suivante (qui aurait été "bio" est significativement inférieur à "conventionnel")


Pas de différence statistiquement significative.




Au delà de ce qu'il y a de consternant à n'aborder le vin que sous l'angle de la cuite  et de ses conséquences sur la transpiration qui en découle (c'est le cas de le dire), j'imagine que partir dès l'école de journalisme sur des bases analytiques aussi élevées permet d'expliquer - sinon excuser - pourquoi on se retrouve ensuite, sur le service public, avec des documentaires aussi lumineux que ceux qui nous ont été infligés tant à propos de la mémoire de l'eau que du monde du vin !?



Les statistiques c'est comme le bikini : ce qu'elles dévoilent est suggestif, ce qu'elles dissimulent est essentiel.
Aaron Levenstein



(en plus il y a une suite, quel bonheur ! Ca c'est la suite)

dimanche 1 février 2015

Chateau Meylan


Avec mes précédents billets à propos des Dief, des Peyruse, de Latifa Saïkouk ou encore d'Alain Albistur j'ai déjà évoqué certains des vignerons et des vins rencontrés lors de mon expérience d’œnologue conseil.
Pour autant il y eut d'autres rencontres, moins formelles, moins contractuelles, mais pas moins agréables : l'une de celles ci est avec Nicolas Meylan.
Il passait au labo pour un suivi analytique de ses vins et, également, pour des points moins fréquents mais pas moins réguliers sur ses cuves, leur évolution ou les options d'assemblage.

Quitter le labo, en Juin dernier, a permis de discuter autrement, plus librement.
De se recroiser dans un autre contexte, aussi.



Nicolas Meylan est régisseur de propriétés médocaines et, en outre, élabore son propre vin depuis le millésime 2012. Son millésime 2012 a d'ailleurs été salué, en particulier dans Le Point avec un joli portrait, ainsi qu'un coup de cœur dans le Spécial Vin. Il y a pire débuts ...
Pour la petite histoire : les vignes qu'il travaille et exploite pour son Meylan appartiennent à l'un des vignerons que je suivais en conseil. Peut-être en parlerai je dans un futur billet, si je me décide à poursuivre la série des "j'étais œnologue conseil" ?

Tout çà pour dire que j'ai fini par passer au Château Meylan !





De petites parcelles, plantées aux 2/3 de Cabernet, et situées sur le secteur d'Ordonnac, sur des sols calcaires et peu profonds.


Ce jour là il pleuvait, et c'était pas génial (en tous cas pour un tour dans les vignes).
Mais ce qui, surtout, n'est pas génial c'est que la première parcelle visitée est en "taille grêle", parce qu'elle fait partie de celles qui ont méchamment été touchées en Mai 2014.






Sur la grêle et la vigne pas la peine d'en faire des tonnes, autant laisser la parole à Mauriac, par exemple dans "Le nœud de vipères" :
Un sifflement de bête, puis un fracas immense en même temps qu'un éclair ont rempli le ciel. Dans le silence de panique qui a suivi, des bombes, sur les coteaux, ont éclaté, que les vignerons lancent pour que les nuages de grêle s'écartent ou qu'ils se résolvent en eau. Des fusées ont jailli de ce coin de ténèbres où Barsac et Sauternes tremblent dans l'attente du fléau. La cloche de Saint-Vincent, qui éloigne la grêle, sonnait à toute volée, comme quelqu'un qui chante, la nuit, parce qu'il a peur. Et soudain, sur les tuiles, ce bruit comme d'une poignée de cailloux ... Des grêlons ! Naguère, j'aurais bondi à la fenêtre. J'entendais claquer les volets des chambres. Tu as crié à un homme qui traversait la cour en hâte : "Est-ce grave ?" Il a répondu : "Heureusement elle est mêlée de pluie, mais il en tombe assez." Un enfant effrayé courait pieds nus dans le couloir. J'ai calculé par habitude : "cent mille francs perdu ..." mais je n'ai pas bougé. Rien ne m'eût retenu, autrefois, de descendre - comme lorsque l'on m'a retrouvé, une nuit, au milieu des vignes, en pantoufles, ma bougie éteinte à la main, recevant la grêle sur ma tête. Un profond instinct paysan me jetait en avant, comme si j'eusse voulu m'étendre et recouvrir de mon corps la vigne lapidée.




Depuis 3 ans un gros boulot est fait à la vigne afin de mettre tout ça en forme et faire simple.
Enfin pas simple, plutôt évident.
Si tant est qu'il y ait des évidences !?
Oui, certaines.

En tous cas côté boulot à la vigne cette simplicité là n'est pas simple à mettre en place : travail du sol, moutarde et fèverole, complantation sur l'ensemble des parcelles.

Un gros boulot ...







Le chai est dans un hangar de Peyressan.
Petit, mais avec ce qu'il faut : ni trop ni trop peu.

La couleur de fond est un peu space et donne l'impression d'être enfermé dans un macaron à la pistache. Reste à savoir quelle est l'influence réelle de la couleur environnante sur la perception de la qualité du vin : y a des trucs plus ou moins crédibles et rigolos sur le sujet.
(Enfin le plus rigolo reste quand même le running gag fleur / fruit / racine avec Pascal D. (et quelques autres). Je m'en lasse pas. Enfin, faut voir ... et puis c'est un tout autre sujet).




Bref, les vins ...

2014 gouté sur fut
.


Le Merlot a une très grosse couleur, et son nez annonce une belle maturité. En bouche c'est rond, de bonne structure, déjà fin avec une belle fraîcheur et une jolie finale sur le fruit.

Le Cabernet a un nez ... qui joue au Cabernet : en version mûre, là aussi. Un peu de poivron, mais dans la version au four. Le truc noble, quoi.

En bouche, l'attaque est franche et suivie d'une belle matière. C'est structuré, avec des tanins de qualité. De l'équilibre, avec un fruit qui supplante rapidement les notes d'entrée de bouche.

A ce stade il y a déjà un beau potentiel.





2013, 1er essai d'assemblage.



A l’œil, rien à redire.
Au nez le boisé est présent mais sans excès, cool.
Beaucoup de suavité à l'attaque en bouche, et une finale sérieuse, voire un peu sèveuse.
Par contre, en milieu de bouche c'est pas çà : y a un creux, ça manque de cohérence avec le reste.







Y a de bonnes bases, mais je trouve qu'en l'état ce vin n'est pas encore pleinement convaincant : l'assemblage doit pouvoir être retravaillé et amélioré, en jouant sur quelques pouillèmes du final, afin d'avoir un vin plus plein et harmonieux.

(bon, en même temps ce vin c'est pas le mien, et c'est pas que moi qui l'achète, alors mon avis ...)





2012 (mise de Mai 2014)



La robe est sombre et profonde.
Beau nez de fruits noirs et d'épices. Légère pointe empyreumatique.
Comme le 2013, l'entame a une belle suavité avec une bouche qui restera sur le volume. C'est plein, mûr et équilibré avec, en finale, cette fraîcheur qui contribue à l'équilibre d'ensemble.
Déjà long en bouche, c'est appréciable dès maintenant mais gagnera sans aucun doute à être attendu quelques années.

14.5 € la bouteille, au chai ? Pas de souci !
Sauf le stock qui est très limité.

Je repars avec quelques bouteilles. J'arriverai bien à en mettre quelques unes de côté pour commencer à y revenir dans 4 ou 5 ans !?








Château Meylan

13, route de Saint Yzans
Peyressan
33340 Ordonnac


Invariablement :
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération











Le Saint-Seurin (Saint-Seurin de Cadourne)



Ma première visite au Saint-Seurin remonte à mon départ du labo. Peu avat la fin officielle, Jean-Michel Dubos (régisseur du Domaine Andron, à Saint-Seurin de Cadourne) m'y avait invité pour un repas de midi pour marquer la fin de ce cycle.
Il y avait là quelques autres clients du cru.

Mais aussi un joli choix de vins du cru et, au final, une belle table.

Depuis j'y suis retourné de temps à autre, toujours avec plaisir.


Ainsi, j'y suis retourné cette semaine et suis parti vers le menu du jour : Entrée / Plat / Dessert à 14 €.


Œufs brouillés aux fenouils



Un chaud / froid intéressant, intéressant comme le sont le mélanges de textures et les contrastes.
Chipotons un peu : le vinaigre est peut être un peu agressif ... sur ce coup là je m'en fous, j'ai pas pris de vin malgré, encore une fois, le joli choix local.
A preuve : la dernière fois, au verre, y avait du Saïkouk.
Très bien.




 Carré de porcelet rôti

C'est joliment présenté et joliment fait.
Belle cuisson du cochon, mais aussi de la salade.

Bon, je fais ma chochotte sur la couenne, mais c'est le produit qui veut ça  donc y a pas de souci. Forcément.
Bien +









Panna cotta et poire au vin



Bonne cuisson de la poire, avec un équilibre réussi entre le fruit, le vin et les épices.

Par contre, à l'entrée de la cuillère dans la panna cotta ça crisse un peu. Arghh : le frigo est clairement trop froid, du coup ça perd en onctuosité et en fondant.
Ça mériterait donc quelques degrés de plus lors du service car la panna cotta est vraiment bien en saveur. Vraiment dommage qu'à cœur il y ait ces petits cristaux.
En attendant un peu avant de continuer le repas, c'est devenu bien mieux. Mais c'est dommage quand même.

Çà aurait pu être très bien, çà reste bien !





Bref : à 14€ (+ 1.50 € pour le café) et à ce niveau de qualité, c'est imbattable.

Très belle adresse !



Le Saint-Seurin
3, Rue des Frères Razeau
33180 Saint-Seurin-de-Cadourne