dimanche 19 avril 2015

Le singe d'une nuit d'été


Les chats sont des nuisances, c'est bien connu.
L'ensemble des chats, du premier au dernier : sauf, bien sur, ma brave vieille Chatte Earley.
RIP Earley ...

RIP ...
Souvenir ému de J., sous-lieutenant de son état, que j'avais aimablement surnommé "Tête inerte" alors que nous officiions l'un et l'autre au 19ème groupe de chasseurs (j'écris "nous officiions", puisque Tête inerte était Sous-Lieutenant, et moi aspirant. J'aurais du écrire "servions", tradition chasseur oblige).
"Tête inerte" car je maniais alors l'à peu près militaire : j'étais  le popotier du beau 19, et cela faisait partie intégrante des pré requis de cette fonction tant honorable qu'enviable et enviée.

Il faut dire qu'il n'avait pas la lumière à tous les étages, J., et que c'était parfois drôle, parfois moins :

Lors d'une virée à Strasbourg (nous avions en effet des loisirs qui ne se résumaient pas à faire nos achats dans les magasins canadiens réservés aux officiers), c'est lui qui à la vue d'une plaque tombale de la cathédrale s'était étonné qu'il y ait déjà eu, à l'époque, des Régiments d'Infanterie Parachutiste ...
(après tout, c'est Léonard de Vinci qui a inventé le parachute !).

C'est aussi lui, ce crétin des Alpes, qui m'avait tiré une bastos (9 mm tout de même) à côté de l'oreille gauche - il avait trouvé ça drôle j'imagine ? - sonnant ainsi le glas d'une partie de mon tympan et du même coup, du même tir, de ma pratique de la plongée sous-marine.
Tête inerte.
J'imagine que c'est le fait d'avoir vaillamment - et avec succès - résisté à l'envie de l'emplâtrer qui me valut, lorsque je reçus la Médaille de la Défense Nationale des mains de mon Chef de Corps - le Lieutenant Colonel C. - d'avoir par la même occasion connaissance de la mention qu'il avait portée sur mon livret militaire : "Bon officier, bien qu'un peu désinvolte".

Tête inerte
, je connais quelques chats qui mériteraient ce nom ...

Pourtant en matière de nuisibles j'ai connu bien pire que les chats ou le sous-lieutenant J. ...
Et je ne pense pas qu'à certaines de mes ex.

J'étais encore dans l'enfance et un de mes oncles, Pierre, bossait en Afrique depuis un bail déjà.
L'Afrique se matérialisait régulièrement devant moi grâce aux objets divers et variés qu'il en ramenait à chaque séjour en France.
C'est donc aussi grâce à lui que j'ai eu mon premier aperçu de ce que pouvait être le pillage des ressources naturelles : en regardant ma mère et son plus jeune frère explorer les cartons de Pierre l'africain, dès qu'il était reparti, afin d'y prélever tel ou tel objet.

Fatalement, Pierre devait trouver une solution !
La plus simple était sans doute de ramener un truc dont personne ne voudrait.
Mais ma mère ayant piqué sa clochette de Gaulle en cuivre, il était évident que ramener un truc dont personne ne voudrait était un combat perdu d'avance ...







Celui qui est en short, c'est moi.



Alors, Pierre a ramené un singe.

(Nota : sur ce coup là ramener un truc dont personne ne voudrait était encore une fois un échec cuisant car, de toute évidence, en ce mois d'Août 1967 j'en aurais bien voulu, moi, du singe).










Ce singe, il l'avait trouvé encore jeune et déjà blessé, l'avait soigné et nourri au biberon : alors ils s'étaient habitués l'un à l'autre.

Tellement habitués l'un à l'autre que Pierre l'habillait d'une de ses chaussettes lorsqu'il faisait froid, ou des chutes d'une vieille chemise à fleurs, quand le temps le permettait.








C'est bien sur la chemise à fleurs qui valut au singe d'être baptisé Antoine.




On aurait aussi bien pu le prénommer Attila.
Le fait qu'il pue terriblement n'était qu'un détail, au demeurant facilement réglable : si mon oncle prenait une douche le singe acceptait de se doucher aussi, pourvu qu'il soit solidement accroché à l'un des mollets de l'oncle.

Ce n'est qu'après que ça se gâtait ... donc, finalement, tout le temps :

- à l'intérieur de la maison de ma grand mère cet abruti sans malice grimpait jusqu'en haut du vaisselier pour y prendre tel ou tel plat avant d'attirer ma grand-mère à grand renfort de hurlements. Alors, il la provoquait en faisant semblant de jeter au sol l'assiette prélevée.

Grâces lui en soient rendues, il n'a jamais rien cassé : son habileté m'a permis de récemment prendre possession de la quasi intégralité du service de fiançailles de ma grand mère.
Depuis, je m'en sers avec un plaisir non dissimulé.

- à l'extérieur, il montait au sommet du poirier pour y prélever un fruit dans lequel il mordait avant de le jeter - avec une précision diabolique - à la tête de ma grand mère, sa victime de prédilection.

Les : "Pierre, ton singe !" indignés de ma grand-mère ont rythmé cet été là, du moins jusqu'à ce que Pierre, son singe, ma mère et moi partions en Corse dans la 2cv maternelle.

La traversée a été épique : les singes c'est un plan drague absolument imbattable !
Mets un macaque en chemise à fleurs sur un bateau, changes lui sa couche (oui, le singe portait des couches ... et il aurait mieux fait d'en porter en permanence) sur le pont, et toutes les minettes du bord rappliqueront à toute vitesse.
Un véritable aspirateur à gonzesses, ce macaque !
Pourtant, le changement de couches était un véritable sacerdoce : je t'explique pas l'odeur !


Je t'explique pas, pourtant il le faudrait, car le singe était très possessif, aussi dès les premiers jours en Corse : à chaque fois que mon oncle le laissait dans la 2cv, il se vengeait de cet abandon.

Le plus souvent c'était en chiant dans les sacs de couchage, mais dans les cas les plus graves il en remettait une couche, si j'ose dire, sur le levier de vitesse de la 2cv.

La patience de ma mère est légendaire : aussi, après s'être fait pourrir, par le singe, une nuit d'été de plus elle eut une explication avec mon oncle.

J'imagine que l'explication fut simple et directe, un truc du genre :
"soit tu rentres avec nous, en voiture, mais sans ton singe ... soit tu rentres avec ton singe, mais à la nage".

Le destin d'Antoine était scellé : dans un village Corse, il fut donné à un autochtone qui était tombé en amour devant ce charmant animal.


Je ne retournais en Corse que bien plus tard.
Le séjour le plus significatif se produisit alors que, me réorientant vers l'arboriculture fruitière, j'eus à faire un stage en Corse, dans la plaine de San Giuliano, afin d'y évaluer l'adaptabilité de telle ou telle variété de nectarine aux terroirs corses.
Cette connaissance des nectarines devait, bien plus tard, me nuire.

La traversée se fit sans encombre et dans l'indifférence générale : bien que roulant en coupé 304, et non plus en 2cv, je n'étais accompagné d'aucun singe.
Tout au plus ais je, la veille de la traversée, été confronté à l'arbitraire. La première fois ça fait drôle : installé dans ma voiture adorée, au milieu d'un parc sur les hauteurs de Nice je bouquinais en regardant la mer et en attendant la nuit. L'Auberge de jeunesse affichait complet et mes sièges étaient du genre confortable.
J'ai été informé que l'idée de dormir sur place n'était pas bonne par un coup de matraque sur la carrosserie, coup donné par l'un des deux gorilles déguisés en flics municipaux qui m'ont expulsé manu militari.
Pourquoi ?
Parce que !
De toute évidence parce qu'ils étaient du bon côté du manche et que les jeunes c'est le mal.

J'ai dormi plus bas, plus mal. Pas qu'à cause de l'altitude plus faible.

En Corse, j'ai passé beaucoup de temps à calibrer, peser et goûter des nectarines.
Il y a pires stages.
Même compte tenu du fait que les salariés de l'association, tous corses et issus du village voisin, me laissaient parfois perplexe : après quelque temps à travailler avec eux, ils me firent remarquer que j'étais plutôt sympa mais qu'il ne fallait surtout pas que j'oublie que je prenais la place d'un Corse. Devant ma réponse relevant l'absurdité de cette remarque quand elle s'adresse à un stagiaire qui vient du continent en réponse à une offre de stage qui lui a été transmise, on me fit observer que si je continuais sur cette voie il ne faudrait pas m'étonner qu'une de ces nuits ma voiture explose.
Cet enthousiasme d'artificier je n'y fus confronté que deux ou trois fois : ils devaient réellement me trouver sympa.
Il faut dire que j'avais assez rapidement arrêté d'essayer de faire de l'humour fustérien, en tous cas dès que leurs remarques répétées m'avaient fait cauchemarder, une nuit d'été, à l'idée d'un aéropage de cagoulés instruisant mon procès sur le thème de :
"on n'aime pas l'humour".
Il parait que c'est un classique, là bas (private joke encore).

Au delà de la cueillette, du pesage et du calibrage de nectarines il m'arriva parfois de déguster quelques vins issus des essais du centre expérimental, local qui se nichait derrière l'INRA.

Devenu œnologue, ce centre je finissais par y retourner parler levures : encore une de ces boucles temporelles que j'affectionne.
J'y retournais à l'invitation de sa responsable qui, ensuite, m'amenait invariablement manger (très bien !) au restau tenu par son mari : l'un des rares (des très rares) restaus de bord de mer où la nourriture était digne de ce nom.
Etait bien mieux que digne de ce nom !

Il y avait aussi, forcément, de très jolis vins.
C'est donc là que j'ai découvert et apprécié de fort beaux blancs : depuis ceux d'Antoine Arena, jusqu'à ceux du Clos Canarelli. De beaux vins équilibrés et expressifs, des vins de plaisir avec du fruit, de la chair, parfois quelques notes mentholées. Des vins vers lesquels, encore une fois, il faudra que je retourne, un jour ou l'autre. Même si les tarifs sont devenus un chouia dissuasifs.


Une de ces nuits d'été comme la Corse sait en faire, à l'occasion d'un repas en terrasse et après telle ou telle quille : elle finissait par me demander si j'étais déjà venu en Corse et dans quelles circonstances.
Je laissais de côté des vacances récentes autant que catastrophiques pour lui conter l'histoire de mon premier séjour corse : la 2cv et le singe.

C'est précisément là, une fois arrivé au singe, qu'elle changeait de couleur, sautait sur son téléphone et appelait un numéro préenregistré :
"Allô, Tata ?
Je suis au restaurant, en train de manger avec quelqu'un de la famille du singe
".
Le raccourci était osé, mais pas totalement hors de propos.

Des explications parfois confuses qui s'ensuivirent il est ressorti que mon oncle avait donné le singe au sien, d'oncle.
Que le singe avait continué ses facéties comme à l'ordinaire.
Que ça avait un peu énervé la tante.
Et que le singe était mort prématurément des suites d'une ingestion massive de plomb de calibre 12.
Les corses ne visent pas à côté de l'oreille.


R.I.P. Antoine.


On s'est finis à la liqueur de myrte, et je dois avouer avoir ensuite eu plus d'une pensée émue pour Antoine, venu se faire dessouder en Corse.


Mon dernier vin Corse, c'était il y a peu et à Bordeaux : la cuvée Faustine du Comte Abbatucci, en rouge.
Très typé cassis, il se laissait boire mais ne m'a pas bouleversé ni même donné envie d'y revenir ... peut-être parce que je doute que Sainte Faustine puisse en appeler à la miséricorde divine, du moins au bénéfice de ce pauvre Antoine ...

Je ne suis jamais retourné en Corse.





lundi 13 avril 2015

A propos de Blanche neige, de corps astral et de pommes OGM.

Bien qu'ayant un temps habité Bry sur Marne - je travaillais alors à Rungis : autant dire à côté, du moins à l'échelle des bouchons sur le périph - j'ai attendu plusieurs années avant d'aller à Disneyland.
Je me souviens que nous y étions montés depuis Toulouse, avec la Rover : c'est donc que je travaillais alors chez Lallemand. Oui : je ne m'intéresse que très modérément à la mécanique en général et aux voitures en particulier, pour autant elles sont un bon marqueur de ma stratigraphie personnelle et professionnelle.
La Rover, donc Lallemand vers la fin.
La Rover et l'autoroute depuis Toulouse jusqu'à Paris, où nous avions logé intra muros dans un hôtel somme toute assez catastrophique ... mais avec Mickey en ligne de mire.
Au passage il y eut un arrêt Game Boy © au Palais Imaginaire du Facteur Cheval.
Ah, ah, ah : Pokemon © vs Facteur Cheval ... (ouais : encore une private joke).

Après cette expérience, je ne suis plus retourné voir Mickey.

Il faut dire que depuis Facebook © est apparu et que Facebook ©, côté Fantasia et autres Palais Imaginaires, c'est imbattable : une mine gigantesque, dotée de filons inépuisables (c'était sympa, comme attraction Big Thunder Mountain, alias : le train de la mine !).

Oui, je sais : je suis moi même sur Facebook ©, et il m'arrive plus souvent qu'à mon tour d'y mettre en ligne des photos de chatons ou de ce que je mange et bois. Mais d'une part je ne mange pas les chatons et, d'autre part, j'essaie d'éviter les liens foireux et autres théories qui seraient réjouissantes si elles n'étaient, avant tout, consternantes.




Récemment, une page est venue à plusieurs reprises m'y chatouiller les neurones : y a des cycles, sur Facebook © comme ailleurs.

Je fais référence à ce lien là.
Ben ouais, je confirme : la biodynamie - ou du moins la publication d'un papier traitant de ses aspects théoriques - c'est, pour moi, la garantie de l'effet d'une cure de vitamines sur un sportif de haut niveau. Il me suffit d'un papier qui vante les fondements de la BioD pour repartir pour un tour.
Donc , je repars pour un tour.
Qu'on ne s'y trompe pas : qu'un vigneron revendique telle ou telle méthode ne me pose pas le moindre problème, en particulier si ses vins sont réussis ou, du moins, me plaisent. Aucun blocage de principe !
Et y en aurait il un qui pointe à l'horizon que l'un ou l'autre de ces épisodes me protègerait sans doute :


1. Dans une (triste) vie antérieure je m'étais risqué, avec un insuccès constant, à associer les joies de la navigation fluviale à celles du commerce des vins.
Lors d'une soirée bien arrosée avec d'anciens collègues levuriers transformés pour l'occasion en nouveaux clients venus finir un de ces meetings
(comprendre "venus finir de s'imbiber") dont la boite avait le secret, alors qu'ils étaient déjà bien touchés sous la ligne de flottaison leur boss me suggérait de leur faire découvrir une quille de mon choix.
Je leur proposais forcément un des jolis vins de Xavier Ledogar en leur faisant remarquer que çà ils avaient jamais goûté et ne goûteraient sans doute jamais plus.

- Pourquoi ?
- Ben c'est de la BioD, et un intrant il sait pas ce que c'est. Mais c'est vachement bon !
Une donzelle, avec qui j'avais tout de même bossé quelques années, me répondait illico :
- ah mais ça, moi : je goûte pas !
J'essayais vainement de lui faire entendre raison sur un thème du genre :
- Tu sais en matière de jaja, je fais ni dans la poésie, ni dans l'ésotérisme. J'aime ou j'aime pas, et ça j'aime. C'est là parce que j'aime, pas parce que c'est en BioD. Mais c'est en BioD, c'est bon, et vous voulez que je vous fasse découvrir un truc : donc bois !"
Peine perdue : elle - et quelques autres - n'a pas bu, juste parce que boire BioD lui était inconcevable. Limite faute professionnelle grave.
Les chapelles m'emmerdent. Même quand j'y ais été enfant de chœur, voire diacre.

2. Il y a peu je faisais, dans un billet, le tour d'horizon de mon ressenti face aux vins de ma toute récente soirée de pendaison de crémaillère.
Sur Facebook (encore !) je m'attirais alors ce commentaire vengeur :
"J'adore l'analyse...c'est BioD donc c'est Bretté..."
Euh ... ouais ... et le terrier de la marmotte il sent quoi ? la géosmine ?
Au delà du fait que mon préféré de la soirée (et du mois !) est, justement, un vin en BioD il y a surtout que l'ensemble des vins je les avais goûtés et appréciés (ou pas) à l'aveugle.
Pour l'un de ceux qui posent problème, compte tenu de mon seuil de perception des phénols volatils : je pense que son niveau en ces composés est de l'ordre du très élevé, voire du stratosphérique. L'autre je ne suis pas sur que ce soit de la Brett (cf mon seuil de perception assez calamiteux ...), mais ça me semble pas net et donc je me hasarderais pas à mettre ce genre de quille en cave.
J'en disais pas plus, ni moins.
Après on a le droit d'aimer hein ? Y en a qui ont aimé, d'ailleurs.

Moi j'ai pas aimé.
Alors compte tenu du fait que c'est un avis personnel présenté comme tel et que mon pouvoir de prescription (et de nuisance) donne une bonne approximation (par le bas) de l'infiniment petit ...

Bref (pure figure de style car je sais pas faire bref), tout çà pour dire que BioD ou pas, l'important est que le vin me plaise.
Mais que le discours peut, lui, me les briser menu menu. Et là on est plutôt dans cette configuration.

Revue de détail :
Ce premier mètre de terre riche en humus a mis des milliers d'années pour avoir une activité microbiologique aussi importante et une microfaune aussi abondante. Ces micro-organismes travaillent sans relâche pour produire la matière organique dont les plantes ont besoin pour se développer, il est donc important d'en prendre soin.
Depuis mes Travaux Pratiques de classe de 3ème je croyais que la matière organique était créée par les plantes chlorophylliennes, à partir de matières minérales (il semblerait que mon fils ait, lui, vu ça en 6ème). Et que, en conséquence, les plantes vertes sont dites "producteurs primaires de matière organique".
Diantre : les micro-organismes [du sol] travaillent sans relâche pour produire la matière organique dont les plantes ont besoin pour se développer ?! il semblerait donc que jusque là on m'ait menti, ainsi qu'à mon fils. Ce complot anti Fuster est inquiétant, je trouve.
L'agriculture conventionnelle a détruit la majeure partie de ces populations microscopiques avec les fongicides, les insecticides et les désherbants et il devient nécessaire de faire un retour en arrière avant d'anéantir les sols de la planète.
© Disney
Forcément, forcément : Blanche Neige est d'autant plus blanche et virginale qu'on lui oppose la noirceur de sa sorcière de belle doche !
Oui, la sorcière : celle la même qui lui fera bouffer une pomme génétiquement modifiée, à l'autre truffe.

Je dois, ici, faire l'aveu que tout petit déjà je trouvais la dite belle mère (période miroir, donc avant que ne lui pousse un gros nez richement doté en verrues) bien plus propice à nourrir mes émois sexuels que l'autre mijaurée.
Blanche Neige ? Oie blanche, plutôt !!
Cet amour de la sorcière explique peut-être mon intérêt pour les levures œnologiques !?
Ou pas.

Ce discours est en tous cas caractéristiques du conte de fée : pour avoir de super gentils, il faut de super méchants. Ici, les super méchants, ce sont ces hordes d'affreux conventionnels qui descendent en droite ligne d'Attila : derrière eux aucune herbe ne repousse.
Cet homme, grand philosophe en son temps, avait une faculté à relier les composants de l'agriculture à leurs aspects spirituels et estimait que la science est une belle invention, mais qu'il ne faut pas la suivre au point d'en oublier tous les acquis de nos ancêtres remontant en termes d'agriculture à plus de 7900 ans. En 1924 certains agriculteurs se posaient déjà des questions sur l'utilisation des engrais chimiques produits en trop grand nombre pendant la première guerre mondiale et utilisée en agriculture, ils trouvaient déjà que la qualité de leur alimentation s'était dégradée
J'ai moi même, en mon temps, été un grand philosophe !
Une fois, en Terminale D, j'ai eu 11/20 en philo : la meilleure note de la classe.

Ce 11, reconnaissance de ma valeur intrinsèque, me valut l'appréciation suivante du prof de philo (qu'il pourrisse en enfer, avec des fourmis rouges plein la gueule), sur mon dossier d'inscription en classe prépa :
Est capable du pire comme du meilleur, mais semble présenter une nette prédilection pour le pire.
Mon dossier d'inscription en classe prépa est resté dans les tiroirs et j'ai été en fac.
De son côté Steiner
a été à l'origine de l'anthroposophie et de la biodynamie.
Nous autres grands philosophes avons des parcours variés.

A tout prendre je préfère être allé en fac : j'y découvris l'écologie politique, ce qui a une autre gueule que l'anthroposophie, n'en déplaise (je cite Rudy Steiner) à mon corps astral et mon corps éthérique qui sont pas super alignés ces derniers temps (en revanche côté ego, çà va : j'assure un max).
Comme je ne suis pas cruel, je ne relève pas plus que nécessaire le réjouissant "la science est une belle invention", et évite également de trop me questionner à propos de "tous les acquis de nos ancêtres remontant en termes d'agriculture à plus de 7900 ans".
Le discours de sa conférence à Koberwitz en 1924 est publié en livre: "Agriculture: Fondements Spirituels de la Méthode Bio-Dynamique" disponible aux Éditions Anthroposophique Romandes (difficile à lire pour un néophyte).
Le néophyte a du mal à lire, ouais, en effet.
Même en jour feuille, pourtant propice je pense.

Allez, un petit pour la route : la préparation 502 ? Achillea millefolium dans une vessie de cerf !

L'aquilée millefeuilles ?

ses composés soufrés homéopathiques permettent à ce dernier de rayonner de son influence à une plus grande distance, et à travers de grandes masses.
La vessie de cerf ?
La vessie du cerf est connectée aux forces du cosmos. Mieux, c'est presque l'image du cosmos. Ainsi, nous donnons au millefeuilles le pouvoir presque essentiel d'augmenter les forces qu'il possède déjà, pour combiner le soufre avec les autres substances.
Car le soufre est important :
l'éther bouge à l'aide du soufre dans les voies de l'oxygène.
Je crois que je suis un néophyte, en fait : j'ai du mal à lire (sans rire).
Son discours mettait déjà en garde contre les méfaits de l'alimentation du bétail avec des farines animales qui provoque une production trop importante d'urate allant au cerveau et rendent le bétail fou. 70 ans plus tard, le scandale de la vache folle démontre à grande échelle les méfaits de l'alimentation du bétail avec des farines animales. Ceci n'est qu'un exemple des points abordés lors de ce cours aux agriculteurs.
Euh, ouais, ok, bonne pioche Rudy !
M'enfin, l'urée évoquée par le dit Rudy et le prion, spas tout à fait pareil.
En outre, une phrase tirée de son contexte tu lui fais dire à peu près n'importe quoi, alors le texte intégral on le lira là.
Et tant le contexte que le texte lui même se passent de commentaires ...

Par contre, en viticulture par exemple, le cuivre est utilisé à des doses limitées à 15 kilogrammes par hectares pour 5 ans pour une moyenne de 3 kg à l'année soit moitié moins qu'en bio. Les causes de cette limitation sont simples, le cuivre étant un fongicide a, lors de son lessivage sur le sol, un impact direct sur la microflore en détruisant les populations de champignons du sol. Pour limiter l'utilisation du cuivre, des tisanes et des décoctions de plantes comme la prêle, l'ortie ou l'osier sont incorporés aux bouillies de traitements, les substances naturelles contenues dans ces plantes sont diffusées dans l'eau des tisanes et assurent une protection contre le mildiou permettant l'usage du cuivre à des doses beaucoup plus faibles qu'en viticulture biologique.
Simple curiosité : c'est quoi ces substances naturelles de la prêle, l'ortie et l'osier, ainsi que leurs effets sur le mildiou (et si en plus on pouvait avoir deux mots sur la quantification de leur synergie avec le cuivre ...). Parce là, pour le coup, ça doit pas être trop dur d'être dans le factuel, non ?
La réflexion à faire sur le cycle lunaire est simple à s'imaginer, la science a prouvé l'influence de la lune sur l'eau des mers et des océans avec les marées, les plantes sont constituées de 80 à 95% d'eau, elles subissent de la même façon que les marées l'influence de la lune; les proportions étant différentes le résultat est moins perceptible à l'œil nu. Par contre la sève réagit au cycle lunaire de telle façon que la sève a tendance à descendre lorsque la lune est dite descendante et à monter lorsque la lune est dite montante. Le viticulteur peut utiliser ce rythme lors de la taille pour limiter ou augmenter la vigueur de sa vigne l'année suivante.
Ca c'est très bon :
la science a prouvé l'influence de la lune sur l'eau des mers et des océans avec les marées
suivi de :
Par contre la sève réagit au cycle lunaire de telle façon que la sève a tendance à descendre lorsque la lune est dite descendante et à monter lorsque la lune est dite montante.
Car là aussi on m'a menti, ainsi qu'à des générations d'étudiants : moi qui avais, jusque là, bêtement cru qu'il y avait deux types de sève différents, qui circulent à l'inverse l'une de l'autre dans des canaux différents (la sève brute du fait des apports ioniques, et non pas lunaires).
Ben non : LA sève réagit au cycle lunaire. Brute ou élaborée, on s'en cogne : l'important c'est la lune.

Le respect des rythmes de la journée, de l'année ainsi que du cycle lunaire sont primordial, les rythmes astraux sont également pris en compte, mais de manière moins draconienne.
Là aussi, les rythmes astraux ...
Mais il se fait tard, alors je vais zapper les constellations, leur nature, et le fait qu'elles soient arbitrairement constituées puis représentées par analogies avec des signes dits d'eau, de terre ou de je ne sais quoi d'autre.
Ce qui, par voie de conséquence, permettra de dire si un jour est fleur, fruit ou racine et donc de prédire comment le vin se goutera (je m'en lasse pas !).

En même temps, ce genre de truc t'es prêt à l'entendre et l'accepter dès lors que t'es, par ailleurs, prêt à mettre de la bouse dans des cornes avant d'enterrer le tout, juste parce que la corne est une antenne qui reçoit et concentre les forces cosmiques (Préparation 500) ...

Cosmiques je sais pas, mais comiques, putaragne, ça fait pas l'ombre d'un doute ...

Chaque biodynamiste a tendance à faire sa propre biodynamie en suivant plus ou moins assidument les recommandations des calendriers planétaire et lunaire. La perception spirituelle de chacun est différente ce qui entraine une perception différente de l'agriculture biodynamique d'une exploitation à une autre, mais ne serait-ce pas là la voie intéressante de ce type d'agriculture: la diversité!
Voilà : quand les membres d'une même chapelle font des trucs pas pareil mais se revendiquent de la même pensée c'est parce que c'est cool, la diversité.
Puis s'ils suivent les recommandations de façon assez variable, c'est cool aussi.
Ou alors c'est parce qu'on est en plein dans l'ésotérisme et que le fait de suivre ou pas le truc, de toutes manières on s'en tamponne le coquillard avec une patte d'alligator femelle parce que ça change rien, finalement.
Va savoir ...


Toutes proportions gardées, Blanche neige c'est
finalement plutôt convaincant !
Enfin, surtout les sept nains ! car au delà de mon amour incandescent pour la belle mère, j'ai en effet - et de longue date - une tendresse toute particulière pour Grincheux (et ce malgré son affection coupable pour l'autre oie blanche).









jeudi 2 avril 2015

Mangot (Saint Emilion Grand Cru) - La Brande (Castillon Côtes de Bordeaux)



A force de se rater, il fallait bien qu'à un moment ou un autre on ne se rate pas !


Le fait que je vienne de déménager à Libourne et m'apprête à y pendre la crémaillère allait faciliter les choses : au retour d'un saut au Ch Beynat pour y rencontrer Alain Tourenne et ses vins (j'en parlerai plus tard), l'occasion était trop bonne pour la laisser encore une fois passer.

Mangot.
Enfin.



Un petit tour dans les chais.







Au passage, quelques vins sur fut :



Gros bébé, le 2014 !

Les 2014.
Car depuis les Cabernet jusqu'au Merlot y a de quoi jouer !
(sans oublier le Petit verdot qui, lui aussi, part sur des bases élevées)








Et puis après un passage devant les vignes - et une belle bâtisse -, nous passons à la dégustation de
vins finis, parmi lesquels :


Château Mangot - Quintessence
(2005)




Robe de très belle intensité, dont la frange indique un début d'évolution. Ca reste (bien sur) très jeune.
Nez intense, complexe mais encore marqué par le fruité (cerise, mûre).
Très bonne structure : c'est puissant mais harmonieux, avec un joli retour des fruits noirs. Tanins de grande qualité.

Joli vin à boire dès maintenant, mais qui - de toute évidence - gagnera à être longuement oublié dans une bonne cave.
(sympa de pouvoir goûter - et acheter - ce genre de quille au Château !)



Château Mangot - Todeschini




2010
Et puis non, celle ci je n'en parle pas.
Ou pas de suite.
Quand je peux - et là je peux - je reviens plus tard sur les vins.
A suivre, donc.
(c'est juste très bon le Cabernet. Ce Cabernet (majoritaire))





2009
La robe est profonde, très jeune.
Nez expressif de fruits noirs et épices douces, petite pointe florale.
Attaque douce, tanins de grande qualité. C'est mur, serré, concentré et sans agressivité. Retour des fruits noirs et des notes épicées.
Belle finale qui témoigne d'un élevage réussi.
A attendre, évidemment.






La Brande (2010)
Rebelote, et même motif, même punition que pour le Mangot Todeschini (2010).
J'y reviendrai. Avec plaisir.

Mangot et Mangot Quintessence(2010)
10 de der !
A suivre ...

Oui : Belote, Rebelote et 10 de der car je me suis (ainsi qu'à mes futurs invités ...) offert une horizontale sur le millésime 2010.
Horizontale  qui sera donc dégustée (et bue, car le vin est fait pour être bu, surtout quand il est réussi) à l'aveugle, avec quelques "intrus" au milieu.

Au passage : petit message personnel au pitre qui, en réponse fort élégante à un autre de mes billets (il est vrai "un peu critique" à propos d'un vin "bien" bretté) me reprochait de vivre aux crochets de la filière et de critiquer des vins que je n'achetais pas : je les achète mes vins, pauvre type.
Dès lors, quand je les aime je le dis, et quand je les aime pas - ou moins - je le dis (parfois).
Car "vivre aux crochets", quoique cela puisse vouloir dire, n'empêche pas de dire ce que l'on pense, et ce quels que soient les crochets (ou les pensées), à plus forte raison quand - c'est mon cas - on ne prétend pas être détenteur du bon goût universel.
Ce qui n'est visiblement pas le cas de tout le monde ...
(m'énerve)


Bref j'y reviens dès que possible, la preuve :



Sinon il y a aussi eu un vin que les Todeschini m'ont offert.
Du coup j'en ais dit du bien, c'est fatal (...).
C'est un "sans soufre", le vin en question.
Et c'est donc la preuve que je peux dire du bien de vins sans intrants, même si le "sans soufre", ça peut faire très très mal à la tronche ! Enfin, là, c'est à la tronche des producteurs qu'il a fait mal ce jaja (mon Dionysos, mais que je suis drôle : je m'étonne moi même) ...
Bref : j'en parle là.





Le site du Château Mangot ... mais pas que, puisque les Todeschini sont aussi à La Brande, qui est en Castillon - Côtes de Bordeaux)



Comme d'hab (c'est mon côté légaliste) :

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.