dimanche 28 juin 2015

VdV77 : Le vin qui LEUR ressemble



Voilà, c'est bientôt fini : encore quelques jours, une dernière mission, et je ne serai plus le président mensuel des VdV.

Les 77èmes Vendredi du Vin, dont le thème était
" Le vin qui vous ressemble"
et qui commençaient ici.

Une dernière mission ?
Oui; faire le bilan, en forme de tour d'horizon des participations à ce rendez-vous.
Dès lors ...




Chez la WINEista
, dans un joli billet dont on se délectera avec plaisir, Audrey Martinez nous parle de son âme sœur : le vin qui prend soin de sa robe.
(L'Âme Sœur au Domaine Michel et Stéphane Ogier).

Sur Very Wine Trip, Maïlys Ray écorche mon prénom ... sans doute de la façon dont on fait des zestes pour son vin de liqueur aux zestes d'orange.
(le vin de liqueur aux zestes d’orange du domaine Devichi)
Laurent Baraou fait son chaotique neutre et décide de tenter un coup critique avec son Picotron de la dégustation.



Isabelle Chrétien Sériot infiltre le blog de Daniel Sériot pour un dialogue tout en rondeurs pomerolaises et velouté de peau.
(Vieux Château Certan 2001)

Sur l'évènement Facebook des VdV, Antoon Jeantet-Laurent nous gratifie du billet que je reproduis ci dessous puisqu'il n'est pas accessible facilement sur le net :
Pour ce VdV #77 de notre cher Président André FUSTER, choisir un vin qui parle de nous, qui nous ressemble …
Pas évident de ce décrire, surtout que nous évoluons au fil des âges, nous nous complexifions aussi voire nous prenons également une certaine sagesse …

J’aurais pu prendre l’exemple d’une La Landonne mais à peine ressuscité en 76 elle a délivré son premier jus en 78, ou une La Mouline qui ma vu grandir, ou une La Chapelle où j’ai fait mes premiers pas, ou bien encore La Tâche 85 ma meilleure émois, ou D’Yquem avec tous mes vices, sans compter Sainte-Hune pour me remettre dans le droit chemin… Bref, les qualificatifs pour me raconter ne manquent pas !
J’ai donc acté aujourd’hui pour ce VdV qui se veut aussi plus narcissique qu’à l’accoutumé un Nuits-Saint-Georges.
Pas n’importe lequel, celui qui vient d’être levé de fût et va être embouteillé lundi prochain : le mien ! Celui qui résulte d’une aventure ou devrais-je dire d’un rebond et d’une certaine destinée …

Je vous présente donc en avant première « Les Bonnes Nuits » 2013 :
Fraise des bois, griotte, chocolat ; attaque fraiche, bouche ample, finale avec une texture à la fois soyeuse et granuleuse
(Les Bonnes Nuits (2013))


Puis Alain Fourgeot, le fou de vins, nous révèle qu'il est jaune, mais bien sûr pas un jaune à l'eau !


C'est, enfin, au tour de Sylvie Cadio de nous offrir un beau billet.
Je le reproduis également ci dessous car il n'est pas disponible sur le net (sauf à passer aux VdV sur Facebook) et que ce serait dommage de le rater !

Le vin qui vous ressemble... vaste programme !
Et si ce vin était plutôt le contraire de quelqu'un d'autre ?...

Il se trouve que mon actualité colle aux VdV ! Quelle aubaine ! Enfin, sur le fond j'aurais préféré choisir un autre moment de ma vie à vous raconter, mais sur la forme, vous serez d'accord avec moi : même un animal peut avoir la gueule du vin que l'on préfère, et même, en porter le nom !
Pépé Cad est un grand fan d'Yquem. Certes nos moyens ne nous permettent pas d'en ouvrir un col tous les jours. Mais quel plaisir de prononcer le mot « YQUEM ! » plusieurs fois par jour ! Quel bonheur de s'imaginer ce vin posé sur sa table 15 fois par jour ! Qui n'en rêverait pas ! C'est ainsi que nous avons décidé d'appeler notre chien Yquem.
Sauf que...
Tout ce qu'est le vin, le chien en est le fin contraire. Couleur chaude, jaune profond mis à part, tout le reste chez mon chien est en quelque sorte le négatif de ce vin d'exception. Yquem est un petit Mozart? Yquem 2 est plutôt du style Metallica ou les grandes heures de Scorpion. Yquem tapisse ton palais de miels d'abricots de pruneau? Yquem 2 te tapisse les murs de boues collectées au jardin.Yquem est un ravissement, Yquem est l'esthétisme absolu?Yquem 2 est un péquenaud grognant, ronchonnant, pas facile à apprivoiser.
Yquem c'est l'élégance que l'on s'autorise quand on a gagné au loto, Yquem 2 c'est le campagnard qu'il faut débotter tous les jours.
On ne boit rien d'autre derrière un verre d'Yquem, on se lave les mains quand on a caressé Yquem 2...

Yquem a accompagné nombre de nos repas, Yquem 2 vient de sauver la vie de pépé Cad : sans ses pleurs insistants je n'aurais jamais su, en pleine nuit, que mon compagnon venait de faire un malaise qui aurait pu l'emporter. Brave chien, et chien brave aussi, qui peut pourtant sentir aussi mauvais que ce vin peut éveiller en nous nos sens les meilleurs : Yquem, tout le Divin dans un verre, Yquem 2, toute la force et la bonté animales à nos côtés..
(Château d'Yquem)
De mon côté j'avais opté pour le vin qui sauva une journée de merde en me servant de modèle. On s'est resemblés et tout est devenu plus léger.
(Bubbles Kiss, au Domaine de la Chataîgneraie)

Pour finir, c'est  "Véro Mas Coris" qui nous l'a jouée douce, qui nous l'a Coulée douce !
Mais quel vin peut mieux te ressembler que celui auquel tu as consacré ton temps et tes soins ? ... (même quand tu te trompes d'un mois et confonds donc 2 sujets des VdV !
(la Coulée Douce du Mas Coris)
Alors elle en a remis une couche avec ses Téthys et Aout Pic
Oui, pour finir.
Dès lors je me disais : le Président n'est plus, alors vive le Président !
Tout en sachant que comme il n'y aura pas de Président en Juillet, je pouvais considérer être président un mois de plus.
C'était prémonitoire puisque Marius To nous a proposé un billet de dernière minute !
Mais c'est vraiment fini maintenant, il faut rentrer chez vous, dans vos blogs : regardez moi, moi j'ai enlevé mon fond de teint, remis les charentaises et j'attends la prochaine présidence pour redevenir simple vendrediste.



vendredi 26 juin 2015

VdV#77 : le vin qui vous ressemble





Une matinée de merde comme il y en a parfois, soumise aux humeurs d'un psychopathe en mal de défoulement.

Y a des jours comme ça ou tu te sens vraiment très fatigué.
Fatigué des autres, surtout. Certains en tous cas.
"Certains" car après l'épisode prise de chou devait venir un rendez vous plus sympa.

C'est à ce stade qu'est venu le salut.
Surtout le salut pour mon billet des 77emes VdV, en fait ...
Ouais : le VdV que je préside. 

Quand tu participes aux VdV il faut mettre un lien vers le blog des VdV, vers celui du président du mois (là c'est le président du moi !), et rappeler le thème qu'il a choisi.
Puis il faut aussi, il faut surtout, écrire un billet.
Or c'est bien là aussi que le bât blesse, ou blessait : le thème du mois.
Le vin qui vous ressemble ?
Quel angle choisir, et de quel vin parler !?
Auto malédiction du thème à la con que je tourne et retourne en tous sens dans l'espoir de trouver une issue.
Et puis voilà la matinée de merde qui se pointe, puis la bagnole vers le rendez vous s'annonçant sympa, lui.

Alors que faire : de quel vin parler ? Sous quel angle l'aborder ?
Simple !
Prendre mon état d'esprit du moment et l'améliorer en passant outre les contraintes, les conflits, la mauvaise foi et l'agressivité pour gagner en légèreté, en amabilité et en droiture.
Trouver le vin auquel j'aimerais ressembler et faire en sorte que ce soit lui qui me ressemble.
En quelque sorte :
j'y pense donc je le suis.
Travailler sur mon ressenti, sur mon ressentiment, pour passer au positif.
Le faire en pensant au rendez vous qui approche et aux vins qui vont le sous tendre.

Le rendez vous est au domaine de la châtaigneraie.

Alors, bien sur, penser au Bubbles Kiss de Benoit Gautier !

Puis déguster, et boire pour fusionner.
Une fois passé le "i love you" de la capsule, le Bubbles Kiss se révèle comme un Chenin, un Vouvray, dont la bulle est fine, légère, et abondante.
Un vin droit, à la belle aromatique (pomme fraîche, poire, une pointe florale) sur un équilibre acidulé qui apporte ce qu'il faut de fraîcheur, sans excès (très léger dosage, de l'ordre de 6 g).
Le truc qui te met de bonne humeur, même après une matinée de merde.
Le vin dont tu te dis que, soudainement, vous vous ressemblez et vous retrouvez dans la légèreté et le plaisir du moment.

Bubbles Kiss
?
Ce jour là c'était le vin avec lequel je n'ai plus fait qu'un dès la première coupe, puis pour le reste de la journée. 

Et c'est heureux.




Comme l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, c'est à consommer avec modération.






En réservant avant toute visite on pourra, sans
modération aucune, visiter les impressionnantes caves du Domaine de la Chataîgneraie.



samedi 20 juin 2015

Deux rencontres








Ca commencé par mon retour au Congrès des œnologues après bien des années d'absence. Ce congrès j'en parle dans un précédent billet que l'on trouvera là.
J'y évoque une belle soirée dans les arènes de Béziers (qui s'avèrent avoir été construites par le grand père d'un de mes récents contacts Facebook. Un tout petit Monde, et tout ce genre de choses !), soirée au cours de laquelle je devais faire la connaissance de quelques vins, et des gens qui sont derrière.

Parmi ces vins il avait un joli Pic Saint Loup.
Les vins du Pic, je les ais découverts il y a bien longtemps, alors que je commençais à bosser pour Lallemand et, donc, à rencontrer les gens de l'ICV : boire du Pic Saint Loup était alors un genre de rite initiatique.

Là, il s'agissait d'un vin du Château la Salade Saint Henri : Aguirre, en 2012.

Jolie bouteille découverte tout d'abord sur le pourtour des arènes, parmi les vins proposés à la dégustation puis, avec plaisir, sur table puisque je voisinais avec Anne Donnadieu, la vigneronne.
Belle couleur grenat soutenu et profond, notes encore très jeunes.
Nez expressif, déjà bien ouvert sur les fruits noirs murs, les épices douces et une pointe florale.
En bouche l'attaque est ronde, sur une très bonne structure tannique qui donne dans la puissance, mais en douceur. Bel équilibre. Confortable longueur en bouche, joli retour aromatique sur le fruit mur.
C'est un assemblage réussi de Syrah, Grenache et Mourvèdre (du moins si j'en crois mes notes gribouillées sur un morceau de papier abondamment froissé), pour un prix à la bouteille de l'ordre de 15 € je crois.
Très joli ... du coup nous avons fait un échange (enfin ... je suis reparti avec deux bouteilles et il faut que je repasse au Domaine leur en poser deux sorties de ma cave, sans doute l'une en Médoc et l'autre en Libournais !?).



L'autre rencontre s'est faite peu après : je revenais dans l'Aude où je suis né et où, au désespoir de Jean Bérail, sont également nés mes premiers dégoûts vineux.
C'est assez honteux d'ailleurs, tant les blancs de Jean étaient remarquables !
Ben oui : au plein milieu de cette terre de rouges, en pleines Corbières, il y a quelques dizaines d'années Jean vinifiait des blancs de très belle facture (mais je ne m'en suis rendu compte que bien plus tard).
Je revenais dans l'Aude, j'y revenais pour me remettre à un exercice que j'affectionne : une présentation plus ou moins technique et applicative auprès de vignerons.
Un truc sur la gestion de la FML et les interactions levures et bactéries.

Avant de parler il fallait manger (remarquable traiteur !) et surtout boire.

A table, je me retrouvais à côté de la vinificatrice du Château Guilhem. Je dis la vinificatrice et non pas l’œnologue, car elle est actuellement en formation adulte en DNO, à Toulouse ... où elle a donc subi une de mes interventions à propos de mes copines les levures.

Un genre de retrouvailles, plus qu'une rencontre : la rencontre était avec son vin qui nous a été servi au début de ce bel et bon repas.
Le Grand Vin, un blanc sec : assemblage de Chardonnay et de Sauvignon.
N'en déplaise à Jean Bérail, le déclic vineux fut, pour moi, un blanc de la Côte de Beaune. Du coup je crains un peu les Chardonnay du sud et leur chaleur ... parfois leur boisé envahissant, pour ne pas dire écrasant.

Or là il y a du vin, avec un bel assemblage de Chardonnay et de Sauvignon qui se parlent et se complètent. Et un boisé qui sait se montrer discret, élégant et déjà bien intégré, quand bien même on n'est qu'en 2014.
C'est gras et ample sans être lourd. Nez séduisant, beaux arômes de bouche. Belle finale.
J'aime beaucoup. L'accord sur les St Jacques de l'entrée (photo de gauche) est très réussi.
Sur ce coup là je n'ai pas fait d'échange mais j'aurais dû ...
J'y repasserai tôt ou tard !




Deux très jolis vins qui donnent un grand plaisir à être bus.
Pour autant, et comme d'habitude : l'abus d'alcool est dangereux, à consommer avec modération.





lundi 15 juin 2015

En jour racine, c'est taupe niveau ?



Quelques jours avant, ça avait commencé fort : je venais de publier un billet un peu plus que vaguement acidulé à propos d'un réjouissant opuscule publié par la fnab et traitant de la vinification en biodynamie.
Les réactions n'avaient pas tardé, allant de l'hilarité prononcée à l'agression caractérisée (je passe les détails : y a peut-être des mineurs qui me lisent).

Dans le même temps, un œnophile taquin m'invitait à une soirée dégustation consacrée à des vins allant de la Biodynamie pour les plus soft, jusqu'à la cosmoculture (r) pour les autres.
Alien Attack ? va savoir ...

Déplacement périlleux !
Même si le tout était hébergé en un lieu plutôt plaisant où j'étais déjà passé avec plaisir et à plusieurs reprises.


Y aller, ne pas y aller ?
Goûter la totalité, ou faire une présélection ?
Comme, en d'autres temps, Georges L. l'avait dit :

on ne retourne pas voir un chien qui vous a mordu.

Pourtant y aller.
Et goûter le plus possible, le mieux possible. Même si on est en jour racine ...

Juste avant d'arriver, en guise de résumé des épisodes précédents, cet extrait de Jean de La Fontaine dans "le loup et l'agneau" me trotte en tête :

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
Ca s'annonce bien, tiens ....



La porte passée, je suis en terrain connu et parmi quelques têtes elles aussi connues.

Accueil contrasté de personnes croisées plus ou moins longuement et agréablement ici ou là sur le net.
Passons sur les fâcheux pour ne retenir que le bon moment à discuter agréablement avec Sylvain, Stéphane, Leslie, Dominique, Pascal et quelques autres.
Et :
- non, je ne suis pas l'Agitateur de LPV,
- non je n'ai pas la peste, ni ne suis porteur d'une quelconque maladie contagieuse
J'te jure ...

Mais, bon, on s'en cogne de tout çà !
Puis je vais pas continuer à faire ma victime innocente et indignée, car les rôles de composition me vont mal.

Alors les vins ....



D'abord un "Abstèmes s'abstenir" de bonne tenue : belle couleur, premier nez un peu réduit qui s'ouvre vite sur les fruits rouges / fruits noirs. Frais et gourmand en bouche sur un bel équilibre acidulé. Ce Gamay est un beau vin de picole.

Puis "Le Combal" (2011) : robe intense et très jeune. Nez de bonne maturité. Belle matière, avec une bouche ronde, structurée, ample, qui resserre encore un peu en finale. A attendre.

Pour finir "Les Laquets" (2010) : là aussi très belle robe, nez séduisant, bonne structure avec des tanins mûrs. Finale encore un peu sévère. Joli vin qui peut et doit attendre. 


Les 4 vins du Domaine Viret, je n'y adhère pas du tout.
Spas mon truc : rejet massif, complet et sans appel.

Bon, j'en ais fait goûter un à D. qui me répondra illico : "qu'est ce qu'il est bon celui là !"

Alors, les goûts et les couleurs, hein ?
M'enfin la cosmoculture vient visiblement d'une galaxie bien trop lointaine pour moi ...





En revanche grosse éclate avec le "Riesling Calcaire" (2012) du Domaine Zind-Humbrecht. Très joli nez mais, surtout, bouche remarquable d'équilibre entre la maturité et la structure acide. Belle longueur aromatique.
Par contre, goûté en fin de soirée le "Gewurtraminer Calcaire" me laissera sur ma soif.
Peut-être avais je le palais fatigué ?
Et puis j'aime de moins en moins les sucres, c'est pour cette raison que je n'ai fait que survoler les vins d'
Eddy et Mileine Oosterlinck-Bracke, au Domaine de Juchepie (en outre, je commençais à avoir le palais sérieusement vitrifié).






Au "Domaine Les Chesnaies", un tour à Chinon avec des vins bien typés Cabernet (non, c'est pas un reproche déguisé).

Jolis vins, toutefois pas de ceux vers lesquels je vais spontanément : j'ai le palais formaté par le sud (et par toute cette méchante chimie de la mort qui tue).









Il fallait bien goûter les vins de de Philippe Betchart, au Château Les Graves de Viaud.

"Réserve" (2010) : l'étiquette est mochasse, mais le vin est joli (et c'est bien mieux que l'inverse). Robe rubis de belle intensité, au tout début de son évolution. Beau nez ouvert et fin (fruits mûrs, épices douces) au boisé bien intégré. La bouche attaque en rondeur, bonne structure sur des tanins de qualité, retour du fruit. Jolie finale aromatique (notes vanillées / empyreumatiques). Bel équilibre. Très plaisant mais peut encore attendre.

"Terroir" (2011) : plaisant, sur une structure légère et fraîche. Joli fruit. Ca se boit bien et on lui en demande sans doute pas beaucoup plus.

Le 2013, millésime qui a été un poil compliqué, ne me laissant pas un souvenir impérissable : je n'insiste pas davantage.
 Ce n'est qu'à la fin et à l'arrache que j'ai goûté un vin Serbe, d'Estelle et Cyrille Bongiraud : j'en garde un bon souvenir, mais pas assez précis pour en parler sérieusement.

Au Domaine Montirius, je n'adhère pas au premier vin gouté : un blanc trop oxydatif à mon goût. Je n'arrive pas à trouver de l'intérêt à ce genre de vins. Ensuite, je ne suis passé à leurs rouges que plus tard, trop tard peut-être ? Il faudrait y revenir.

Je n'ai goûté que deux vins d'
Aline Hock, au Domaine des Mathouans : pas la peine d'insister quand on ne se comprend pas.






 
3 vins de Paul Barre, au Château La Grave :

"Leeloo" (2014) : robe d'intensité moyenne, beau nez de griotte, structure fraîche et notes cerisées pour un joli vin de soif.

"Château La Grave" (2012) : robe d'intensité moyenne, nez déjà
ouvert (cerise, fraise, framboise), jolie matière avec une finale encore un peu serrée (et un bois qui me semble perfectible). Joli vin, ceci dit.

"Château La Fleur Cailleau" (2011) : robe encore jeune, d'intensité correcte. Nez expressif, ouvert sur un beau fruité. Bonne structure et tanins de qualité : la bouche est plutôt harmonieuse, en finale elle a pourtant encore besoin de s'affiner un peu (de gagner un peu de précision aussi ? m'enfin suis pas fan du boisé). Beau vin dans un style aimable.



Belle soirée !

Même si, bien que l'on soit en jour racine, j'avais négligé de me garer dans un parking souterrain ...

PS : les chipirons étaient parfaits.

Sinon, bien que ce billet ait une vocation informative et non pas publicitaire : ces vins sont
à consommer avec modération, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

samedi 13 juin 2015

Evin est vain ?


Les députés viennent d'adopter un amendement à la loi Evin qui vise à faire la distinction entre information et publicité.

Alors çà tonne en tous sens sur le thème "les lobbies c'est le mal".
Pour s'en convaincre, il suffit de lire les déclarations indignées qui s'attaquent au vilain lobby pinardier ... et sont émises (commises ?) par les gentils membres du lobby anti alcool, suite au vote d'un amendement à la loi Evin dont on nous rebat les oreilles depuis quelques jours.

Que nous dit, dans une campagne somme toute assez bien organisée, le gentil lobby à propos des effets du méchant lobby ?

Bernard Basset
(secrétaire adjoint de l'ANPAA)

On n’a jamais condamné un média de presse pour avoir fait un reportage sur la Bourgogne ou sur les vins de Bordeaux. Ce qui a été condamné ce sont des publicités érotisées.
.../...
Est-ce que les 14
 % de jeunes qui s'adonnent  aujourd'hui au 'binge-drinking' doivent être demain 25 % ?
Ouais, l'érotisme + l'alcool c'est vraiment très mal.
Enfin, le mal absolu c'est quand même la pub. Sauvons le Monde en supprimant la pub, supprimons les marques (et aussi quelques emplois) : plus de marque, des magasins d'Etat, et tout sous emballage neutre en papier kraft !
En tous cas B Basset nous prend légèrement pour des truffes, car il y a bien
eu assez de publicités interdites à la demande de l'ANPAA pour avoir la certitude que l'érotisation n'est pas en jeu. Jetons par exemple un œil sur les attendus d'un jugement de 2006 condamnant l'interprofession du Val de Loire :
l'ambiguïté voulue du slogan décrivant, pour un consommateur averti, un mode de vente et de consommation des vins d'Anjou, des caractéristiques gustatives et dans le même temps les qualités d'un consommateur auquel le lecteur est appelé à s'identifier, excède les limites posées par la loi
Bref : la pub on peut en faire, à condition qu'elle soit pas incitative ... des pubs pas incitatives ? tu la sens bien là, la cohérence !?
C'est pourtant simple et le problème est posé, le mal désigné : les jeunes, la pub et le binge drinking.
Démonstration :

Claude Evin
Dès lors que l'on sait que l'alcool tue 50 000 personnes par an, peut-on en vanter les mérites comme s'il s'agissait d'un simple parfum ?
.../...

Le marché de la publicité pour l'alcool est énorme, notamment pour les bières et les alcools forts [...] Bien plus que les viticulteurs, qui exportent aujourd'hui une grande partie de leur production, c'est le puissant lobby des publicitaires qui est aujourd'hui à la manœuvre
Dès lors que l'on sait que l'alcool tue 50 000 personnes par an ?
Ben non, on sait pas. Enfin je savais pas.
Alors il vient d'où ce chiffre ? Comment a-t'il été obtenu ?
Bref : quelle confiance peut on lui accorder ?
Car comme tout résultat : ce qui compte ce n'est pas le résultat lui même, mais bien la façon dont il a été obtenu !
En outre, en matières de statistiques, je me réfère toujours à Aaron Levenstein, mon maître à penser :

Les statistiques c'est comme le bikini : ce qu'elles dévoilent est suggestif, ce qu'elles dissimulent est essentiel.
 Pourtant le clou est savamment enfoncé par Agnès Buzyn (Directrice de l'Institut National du Cancer)
Je suis profondément atterrée par cette initiative de certaines parlementaires qui obéissent à des lobbys très puissants et très bien installés en France, ceux des producteurs de vin. Ces élus donnent l’impression d’être totalement déconnectés des enjeux de la santé publique en France. Chaque année, dans notre pays, l’alcool est à l’origine de 49 000 décès. Et c’est aujourd’hui, la deuxième cause évitable de mortalité par cancer après le tabac. Tous les ans, l’alcool entraîne 15 000 décès par cancer  : 70% d’entre eux sont des cancers des voies aéro-digestives supérieures, c’est à dire de la bouche, du pharynx, du larynx ou de l’œsophage. Mais beaucoup de Français ignorent que l’alcool provoque bien d’autres types de cancers  : 24% des cancers du foie, 20% des cancers colo-rectaux et même 17% des cancers du sein
.../...
Il ne faut pas se voiler la face. Si cet amendement est maintenu dans le texte final, on verra déferler dans les médias de nombreux publi-reportages qui permettront, sous couvert d’information, de faire la promotion des boissons alcoolisées. C’est inacceptable pour la santé publique lorsqu’on connait l’impact de la publicité, notamment auprès des jeunes. Une analyse de plus de 13 études internationales, portant sur plus de 38 000 jeunes, montre ainsi clairement un lien significatif entre la publicité et l’augmentation de la consommation, notamment chez les jeunes. C’est irresponsable de vouloir toucher ainsi à la loi Evin dans un pays comme le nôtre où la consommation d’alcool demeure l’une des plus élevées d’Europe. Aujourd’hui, cette consommation est estimée à 12 litres d’alcool pur et par habitant, soit environ 2,5 verres d’alcool par jour et par habitant. Aujourd’hui, 7,5 millions de Français consomment de l’alcool de façon quotidienne

Alors quoi ?

Alors, une rapide recherche peut, par exemple, mener au site de l'inpes santé, où l'on trouve un intéressant document. Et a priori on n'est pas là chez des gens que l'on peut décemment suspecter d'être des sbires à la solde des méchants alcooliers.
Que nous disent ils ?

La mortalité due à la consommation d’alcool est difficile à évaluer dans la mesure où l’alcool intervient comme cause — déterminante ou associée — de décès inscrits sous différentes rubriques dans les statistiques
.../...
Pour les décès attribuables à une consommation excessive d’alcool, certaines estimations tiennent compte à la fois des décès par mort violente (accidents, homicides, suicides) et des décès ayant des causes médicales (y compris certaines maladies récemment corrélées à la consommation d’alcool).

Dans la suite de ce document, tout ceci est soumis à une revue de détail :

Si l’on considère la mortalité directement due à l’alcool, on dénombrait en 1997, d’après les statistiques de l’Inserm, 22 611 décès, dont 2 302 par psychose alcoolique, 8 864 par cirrhose et 11 445 par cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS), causés le plus souvent par une consommation conjointe d’alcool et de tabac.
Au delà de la validité des chiffres, le lien de causalité entre alcool et nombre de morts et/ou cancers n'est donc peut être pas aussi évident, direct, certain qu'on veut bien nous l'annoncer et nous l'assener par ailleurs.
A propos des cancers, on peut d'ailleurs aller également faire un tour chez les affreux de l'Académie des Sciences (Encore un truc suspect, l'Académie des Sciences ...).

Ce rapport confirme qu’en France (comme dans tous les pays industriels et la majorité des pays en voie de développement) le tabac reste, à l’orée du XXIe siècle, la principale cause de cancer (29 000 décès, soit 33,5% des décès par cancer chez l’homme, 5 500 décès, soit 10% des décès par cancer chez la femme).
La lutte contre le tabac, malgré les progrès effectués, reste prioritaire.
L’alcool est à l’origine d’environ 9% des décès par cancer chez l’homme et 3% chez la femme.
Ainsi, malgré les efforts effectués, tabac et alcool restent à l’origine de 28% des décès par cancer. L’excès de poids et l’insuffisance d’exercice physique causent environ 2% des cancers chez l’homme et 5,5% chez la femme. Les expositions professionnelles sont à l’origine de 3,7% des cancers chez l’homme et de 0,5% chez la femme
Et, plus loin :
La consommation d’alcool (et plus particulièrement du vin) a notablement diminué en France depuis 1960 dans les deux sexes, ce qui a été corrélé avec une nette diminution de la fréquence des cirrhoses du foie et des cancers concernés, notamment ceux des voies aérodigestives supérieures et de l’œsophage. Ces changements de comportement rendent plus difficiles les évaluations, mais semblent n’avoir qu’un faible impact sur les résultats.
- nombres de cancer attribués à l’alcool : 17 398 cancers chez les hommes (soit 10,8% de l’incidence totale et 9,4% des décès) et de 5 272 chez les femmes (soit 4.5% de l’incidence totale et 3% des décès).
- le cancer du sein représente chez les femmes 70% des cancers attribuables à l’alcool et l’alcool est à l’origine de plus de 10% des cancers du sein.



Bon, ok, l'abus d'alcool est pas bon pour la santé : on en est tous convaincus. Merci à l'ANPAA de son aide précieuse sur la question.
Ce qui semble (à tout le moins ce qui me semble) moins convaincant c'est d'une part le lien de causalité, le lien de responsabilité unique et direct qui est fait entre l'alcool et les méfaits précédemment cités et, d'autre part, l'assimilation qui est systématiquement faite entre alcool,binge drinking et vin.

Sur ces points là, et bien d'autres, il est intéressant de se référer à la récente étude sortie par l'OCDE : Tackling Harmful Alcohol Use : Economics and Public Health Policy

On y trouvera, à partir de la page 40, des infos décrivant la situation des divers pays de l'OCDE ... dont la France.
Qu'y trouve-t'on ?
D'abord deux infos essentielles portant sur la méthodologie :
- ce qui nous est vendu comme consommation annuelle par habitant est en fait la division des quantités totales d'alcool vendu sur le territoire national divisée par notre population.
Autrement dit : un pays très touristique dans lequel les visiteurs viennent massivement acheter de l'alcool pour le boire sur place ou le ramener chez eux va avoir des chiffres de consommation artificiellement dopés !
- ensuite la méthodologie de conversion des différents alcools en une même unité varie selon les pays. Ca aide à la comparaison ...

Ensuite des données françaises qui me semblent intéressantes :

- avec la réserve que je viens d'émettre, la consommation individuelle est en grosse baisse (mais la France pointe toujours en 3ème place (derrière l'Estonie et l'Autriche))

- l'OCDE juge que la consommation française (majoritairement pinard) est peu risquée (niveau 1 sur 5)

- A propos du binge drinking et de son % d'occurrence : l'OCDE met la France tout au bas du classement.
Donc ça existe mais, pour une fois, on est plutôt de bons élèves... et il est intéressant de rapprocher les chiffres et commentaires de l'OCDE de ceux de B Basset, cités au début de ce billet.
Mais, en effet, au vu des données présentées, il y a une tendance nette à l'augmentation du binge drinking pour la tranche des 20-24 ans (de l'ordre de 3% des hommes en 2002, en hausse à environ 9% en 2010).



Bon, on va pas y passer la nuit (d'autant que j'ai déjà été bien trop long), alors comme d'habitude :

- les chiffres on leur fait à peu près dire ce qu'on veut. Surtout quand on prend surtout pas la peine de dire d'où ils viennent, ni comment et quand ils ont été recueillis ou ce que sont leurs intervalles de confiance,

- plein le cul de taper sur le pinard et que sur le pinard dès lors que l'on prétend lutter contre l'alcoolisme, l'alcoolisme des jeunes et le binge drinking, le cancer ou que sais je encore,

- c'est assez pénible qu'on nous prenne pour les lapins de garenne de 6 semaines et qu'à grand renfort de démonstrations biaisées on prétende nous imposer ce qui serait - au travers d'une exploitation partielle et partiale des dits chiffres - mieux pour nous (d'autant qu'on connait le succès tout relatif des ligues de tempérance et autres plaisanteries du même acabit),

- et ce qui, pour le coup, est réellement insupportable c'est que systématiquement le vin soit pris pour cible et exemple uniques, que le "puissant lobby viticole" soit la bête noire et que jamais, au grand jamais, on n'évoque la possibilité que les problèmes puissent venir d'autres alcools, plus modernes et au contenu moins culturel que le vin.

L'alcoolisme des jeunes et le binge drinking par le pinard il est pas impossible que ce soit pas si évident que çà (doux euphémisme).
Au delà, bien sur, de la facilité d'attaques répétées par l'ANPAA et d'illustrations complaisantes par une presse qui ne l'est pas moins, complaisante.
Vraiment : les happy hours, alcool au forfait et autres shots enchainés jusqu'au coma éthylique ça se fait au picrate ?
ben voyons donc ...


Bon c'est vrai qu'hier soir, au sortir d'une soirée sur réaliste, j'étais un peu entamé après avoir goûté quelques quilles de pif. Mais c'est une autre histoire ...
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mercredi 10 juin 2015

A propos de la biodynamie, et de son cosmique de répétition




Tout récemment je me faisais dire quelque chose de ce genre :

"Vraiment, sur ton blog, faut arrêter avec les recettes de poire au sirop et tes autres trucs perso qui n'intéressent personne : fais y ce que tu sais faire, de la polémique."

Alors je tiens à mettre les choses au clair : je fais vraiment très bien les poires au sirop (mais, en effet, tout le monde s'en fout).
Pour le reste : ce ne doit pas être tout à fait faux puisque d'une part mes billets les plus lus et commentés ici ou là sont les plus acides (mais pas toujours les plus aboutis) et que, d'autre part, lorsque je bossais pour la grande maison j'y avais acquis - de haute lutte - le glorieux surnom de Poupon la Peste.

Et là, à ce stade de ma réflexion, voilà que débarque mon quasi jumeau : nous n'avons que 10 ans d'écart et absolument pas les mêmes parents, nous sommes donc de vrais jumeaux.
Cette gémellité est d'autant plus vraie qu'à la grande maison, son surnom à lui c'était Tullius Detritus (j'avoue : c'est moi qui le lui avais trouvé).
Bref : Tullius débarque sur ma boite mail en m'envoyant un lien vers un article. Et comme ce garçon sait dans quel sens mon poil de troll doit se brosser, il me met un extrait pour être sur de bien me ferrer :

"Le carbone est lié à plus de 400.000 éléments. Aussi, si le soufre s’immisce dans le fort intérieur du carbone pour lui donner sa mobilité et que l’on peut jouer sur la mobilité et le comportement de celui-ci, l’approche de la matière s’en trouve changée. 50 à 60 dilutions ont été testées sur des vins à tendance oxydative. Des résultats intéressants sont apparus avec les dilutions 4CH, 5CH, 27CH et 41CH. Chacune de ces dilutions apporte une caractéristique propre, les 4CH et 5CH offrent un côté plus esthétique et opulent au vin, la 27CH est proche d’un sulfi- tage classique, la 41CH verticalise et raffermit le vin".

Deux précautions valant mieux qu'une il ajoute, à toutes fins utiles :
"La pulvérisation de valériane par rapport au risque Brett est pas mal non plus …."

Là, je flaire le bon coup (les occasions de rigoler sont rares de nos jours) et fonce illico lire la chose, que l'on trouvera en suivant ce lien.
Encore tout entier dans le récent congrès des œnologues je me contente de mettre le dit lien sur Facebook, sans oublier de l'accompagner de quelques commentaires ricanants.

Forcément ça part comme sur des chapeaux de roue (y a de bons clients) et le point Godwin finit par voler bas.
Puis cette remarque m'est adressée à propos de mes réserves sur les délicieux "400 000 éléments liés au carbone" :

"Une ligne est sujette à caution sur 4 pages pleines de bon sens paysan et d'expérimentations poussées. Mais rejeter la méthode en bloc (philosophie, culture et vinif) laisse l'esprit tranquille."

Ben tiens, "bon sens paysan et d'expérimentations poussées". Voilà : je cherchais les mots pour décrire ce truc et en fait c'est tout simplement bon sens paysan et expérimentations poussées.
C'est cela même !

Allez, hop, pour s'en assurer voici une petite revue des éléments présentés tout au long de ces 4 pages pleines de bon sens paysan et d'expérimentations poussées :

"Travailler sur le vin représente symboliquement ce que l’on fait sur le sol lors d’un binage"
Euh, ouais.
Possible.
Pourquoi pas ?
Bon en fait j'en sais rien et je m'en tamponne le coquillard avec une patte d'alligator femelle de ce genre de truc qui repose sur rien mais qui doit pouvoir faire bien.
Des fois.
Passons.
Mais ça attaque fort, quand même ...
D'autant plus fort que cette phrase prend son sens avec celle qui la suit immédiatement :

"On l’ouvre vers les forces de la périphérie. De ce fait, la position des planètes dans le ciel au moment du travail va concentrer l’influence de celles-ci dans le vin."
Le lecteur attentif aura compris que quand j'écris "cette phrase prend son sens avec celle qui suit" ce n'est bien sur qu'une figure de style !
on ouvre le vin vers les forces de la périphérie ?
Oui, ça commence à sentir bon l'expérimentation poussée cette affaire ...
Puis viendront les planètes infra-solaires avec Mercure et Vénus, et ensuite les planètes supra-solaires avec Mars, Jupiter et Saturne. D’une façon générale, les planètes infra-solaires ont une action sur le calcaire et les forces de croissances. Les planètes supra-solaires plutôt sur la silice et les forces de structuration.

Les positions particulières d’alignements cosmiques auront une influence. Les oppositions sont marquées par une interpénétration des forces des planètes qui se renforcent mutuellement. Elles tendent à renforcer les processus de vie. Les conjonctions au contraire représentent des forces qui s’opposent entre elles.

On est là en plein dans tout ce que j'aime : ce hideux globiboulga new age qui a remis une couche de neuf sur les vieilles croyances de l'astrologie.
Faut il donc vraiment, encore une fois, rappeler ce qu'est l'astrologie ?
Car c'est bien, ici, d'astrologie qu'il s'agit !
Allez, on se la refait en vitesse : l'astrologie est une pseudo science qui remonte à plusieurs millénaires (un peu comme la peste et le choléra, qui sont aussi de vieux trucs paysans) et a cherché une signification au Monde et à la Vie.
Cette compréhension du Monde, elle a tenté de l'organiser en observant le déplacement du soleil au travers de groupes d'étoiles arbitrairement constitués avant d'être nommés grâce à des similitudes d'aspect avec certaines formes humaines ou animales.

De là est né le zodiaque.
Zodiaque peuplé de Dieux divers et variés selon tel ou tel aspect de la planète. Passons sur le Soleil et ne retenons que Mars, Dieu de la guerre, donc lié à la planète rouge.
A partir de là certains prétendent s'arroger le pouvoir de lire dans les astres ce que nous sommes, ce que nous deviendrons et ce que nous devons faire.
L'Homme n'est plus libre : il est lié aux étoiles ... et à ceux qui savent en lire les signes.
Au secours !
Bon sens paysan, quand tu nous tiens ...

Jetons donc un voile pudique sur la détermination des horoscopes et des thèmes astraux qui voudraient que naitre alors que le soleil est dans la demeure de tel ou tel Dieu fasse qu'on en prend de facto les caractéristiques (Absurde : moi je suis scorpion, et pourtant je suis pas le mec vénéneux pour deux ronds).
Pourquoi ce laïus ?
Pour introduire le "travail" de Maria Thun !
Maria Thun ?
Maria Thun : une des grandes prêtresses (divineresses ?) de la biodynamie qui s'est "appuyée" sur le fait que les signes zodiacaux sont dits d'eau, de terre, de feu et de que sais je d'autre encore ?
En suite de quoi elle a proposé un calendrier biodynamique dans lequel les jours sont dits fleur, fruit, racine ou feuille. Ceci étant censé intervenir sur la qualité sensorielle du vin tant lorsqu'on l'élabore que lorsqu'on le déguste.
C'est de ce "travail" .... comment disait il déjà ? ...  ah, oui : tiré du bon sens paysan et d'expérimentations poussées que sort la suite du document qui m'occupe ici :

Dans son calendrier des semis, Maria Thun a déterminé les jours selon une qualification : fruit, fleur, racine et feuille, en fonction du positionnement de la lune devant les constellations dans le ciel. Chaque constellation est en rapport avec un élément : terre, eau, air et feu. Il s’avère que ces jours, s’ils sont très usités aux vignes, peuvent également présenter nombre d’applications à la cave
Si le vin présente un caractère très réduit ou trop fermé, le soutirer en lune montante peut lui être bénéfique, et en jour fruit afin de l’ouvrir davantage. Un vin trop ouvert peut être soutiré en jour racine pour le recentrer un peu sur lui même, le resserrer. La Lune descendante a un effet réducteur et resserre les vins.
Si je puis me permettre : si le vin est trop réduit, faites surtout un soutirage à l'air ...

Ensuite ça continue comme si de rien n'était :


La mise en bouteille
Eviter les jours feuilles, trop liés à l’eau qui donneront un côté aqueux aux vins et moins de caractère.
Sauf que c'est surtout les jours feuilles de nénuphar qui sont liés à l'eau, en fait.
Sinon, moi, ce genre de galéjade me fait furieusement penser à quelques autres feuilles aux propriétés bien connues, elles ...

Constituer un pied de cuve lors de coefficients élevés permet de démultiplier l’activité des micro-organismes et permet une bonne prise de celui-ci. Lorsque l’on veut relancer une fermentation languissante, le faire au moment de coefficients de marées élevés permet d’optimiser les chances de réussite.
C'est cela même, oui : la multiplication et l'activité de Saccharomyces cerevisiae sont étroitement corrélées aux grandes marées. C'est pendant les grandes marées que les cuves débordent, d'ailleurs y a plein de noyades dans les chais à ce moment là.
Tu peux y aller, garçon, pour relancer une fermentation languissante en te servant de la Lune. Putain, j'te jure ...
C'est comme les marmottes qui en ont aussi une activité frénétique, c'est pour çà qu'il y a régulièrement de si fortes hausses sur le cours du papier d'aluminium pendant les grandes marrées ...
(non, c'est pas vraiment une faute : y a deux "r" à marée parce que la marmotte est un running gag qui me fait toujours marrer. J'ai des joies simples).
Putain mais elle est où la biblio qui donne un embryon de crédibilité à ce genre de pignolade ?


Sur la lutte contre Brettanomyces ça fait juste peur.

On pulvérise de la silice de corne dans la cave et on met de l'extrait de fleurs de valériane dans le vin pour le recentrer sur lui même ?
Je serais Brett je m'inquièterais vachement ....
(bon, ok je suis pas objectif. C'est que Valérian et Laureline j'ai jamais rien compris aux scénarii : je préférais nettement Manara. Ses scenarii sont au moins aussi daubés, mais lui il dessine vraiment très bien les culs)




Là c'est grandiose.
Aux dernières nouvelles il n'y avait que 118 éléments chimiques connus.
Mais visiblement on s'en cogne, car le carbone lui il est lié à 400 000 éléments (c'est costaud quand on n'a que 4 liaisons de covalence à proposer).


Je passe sur la dilution multiple qui marche aussi bien que sans dilution du tout, ou sur celle qui verticalise et raffermit le vin qui sinon aurait été tout mou et horizontal, et ça aurait été dommage.
Sinon le fort intérieur du carbone c'est quoi ?
Un genre de fort Alamo avec des Bretts autour ?



Bon sens paysan et expérimentations poussées.
Voilà, c'est complètement çà.
Surtout en jour fruit quand la lune est gibbeuse et la marée vraiment à très très haut coef ...


(en bas du document est indiqué :
Cette publication bénéficie du soutien du ministère de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Forêt.
Suis content de payer des impôts moi, sur ce coup là ...)






55ème congrès des oenologues : fragments



 D'abord l'accueil, la plage, le feu d'artifice, le rosé (leS roséS) qui coule à flots.

Quelques retrouvailles, aussi, après toutes ces années.

Bien sur, les rouges servis un peu trop chauds sans doute.

Cette même plage j'y reviendrai le samedi matin.
Plaisirs simple de retrouver la nage, de boire un nectar de Mara des Bois ... et un verre de rosé.




Comme tous les premiers matins de congrès des œnologues, le premier matin est consacré aux vinalies.
Puis non en fait : c'était la dernière fois. La décision a en effet été prise d'en faire autrement, à l'avenir : l'année prochaine plus de dégustation en nombre de l'ensemble des vins des vinalies, c'était la dernière fois ... et je le regrette.
Pour cette dernière fois j'étais d'abord affecté à un jury - où je retrouvais P et W - qui avait à juger des rosés sudistes, avec d'assez jolies choses. Après les rosés nous sommes passés aux Bordeaux et Bordeaux sup en 2012 / 2013 et 2014. En tant que régional de l'étape, j'étais alors président de jury. Discussions sous forme de :

"oui, je sais y a du bois"
....
"oui, ok, y a pas du bois : y a beaucoup de bois"
....
"non mais en fait sur ce vin le bois il est pas super top, je suis d'accord. Mais sur ceux là y a pas de souci. Il va finir de se fondre. Y a une super matière et un beau bois"
...
"oui, mais c'est normal qu'il y ait du bois"

Bref : on s'est mis d'accord sur un 2014 qui mérite amplement son Grand Prix d'Excellence.
De beaux 14, aussi quelques jolis 13.
Aussi récupéré un petit bouquin compilant divers infos et documents traitant de l'Histoire locale de la vigne et du vin [penser à contacter l'auteur que je n'ai pu attraper au vol because dégustations]

L'après-midi : l'Assemblée Générale.
Business (enfin Congress) as usual
Passons là dessus : pas envie de faire fuir les quelques lecteurs qui ont tenu jusque là.





Le soir, rebelote dans un très bel endroit ... avec un traiteur comme j'aimerais en avoir tous les jours, ou au moins tous les soirs : Germain, à Montpellier.






 La nuit qui s'ensuit est courte.
J'enchaine avec la matinée de conférences.
D'Alain Razungles à P. Gallet en passant par Anne Le Naour, Hubert de Bouard ou encore Gérard Bertrand, B. Praz, Christophe Riou, C. Saucier.
Choix éclectique.
Quelques egos sur scène : les organisateurs ont du s'amuser pour monter la chose.

Moi c'est avec ma photo de fin que je me suis amusé : Paix - Amour - Harmonie ? J'aurais voulu le faire j'y serais pas arrivé.
(Gérard Bertrand nous l'avait jouée je suis de retour de mon Ashram, et j'ai donc pu profiter des quelques minutes d'affichage de sa dernière diapo pour shooter cette association).





Le soir, rebelote dans les arènes de Béziers.
C'est avant tout l'occasion de découvrir de très beaux vins. C'est en particulier ce Pic Saint Loup, Aguirre, du Domaine de La Salade, qui m'a enchanté. En revanche, je n'ai appris que le lendemain que les Quinquarlet étaient là, qui présentaient leurs vins. J'aurais aimé pouvoir les saluer et parler un peu avec eux.


Les arènes sont quasiment emplies d’œnologues .. exception faite de l'espace réservé au spectacle qui nous est proposé.








Ce n'est qu'ensuite que nous mangeons à nouveau fort bien, parfois - c'était en tous cas ainsi pour moi - en compagnie d'un ancien étudiant réapparu, ainsi que de deux vignerons agréables ... faisant gouter leur vin qui l'est tout autant, agréable !

De belles soirées comme je les aime !



Le lendemain c'était plage.
J'avoue sans honte avoir préféré la plage (et le rosé) aux manades ou autres oliveraies.
J'aime l'eau aussi.
Je n'avais pas nagé depuis un bail. Bien, malgré les quelques vagues.
Bon, il faut vraiment que j'aille à la piscine de Libourne !






L'après midi, s'ensuit une intéressante et agréable promenade dans les rues de Pézenas.
En profiter pour jeter un œil aux cours intérieures de certains des 35 hôtels particuliers de Pézenas où l'on pourra s'intéresser tant aux chats sommeillant sur un balcon qu'aux motifs en canal de telle ou telle balustrade en fer forgé ...
Une visite au bon bouquiniste qui, cette fois, n'avait pas mieux à me proposer que les "fermentations rationnelles" de Jacquemin. Fort intéressante somme sur le sujet, mais je l'ai déjà.




Le morceau de bravoure arrive juste après.
Au delà du plaisir de retrouver Pierre Casamayor animer une dégustation (il ne change pas cet homme : ça conserve, la dégustation ! car mes années de DNO à Toulouse commencent à dater un peu ...), des quelques mots échangés en préambule et de son annonce faisant part de son plaisir à retrouver des têtes connues, même si certains l'ont subi (mais non, mais non : jamais subi ! Enfin .... un peu quand même quand on en venait à la mécanique des fluides ?) au delà, donc, de ce plaisir, l'intérêt de l'exercice ... et des résultats qu'il donne.
Cet intérêt ne résidait pas dans ces Portes du Ciel bien trop body buildées pour être vraiment céleste mais bien dans la dégustation en commun .... suivie de la mise en commun des résultats et de la révélation d'écarts types parfois trop colossaux pour être rassurants.
Qui veut s'étalonner, continuer à se former et échanger sur le sujet peut aller faire un tour sur le site d'oenodégustation.





Non, en fait, le vrai morceau de bravoure c'est ensuite : la très belle soirée de gala au sein de l'Abbaye de Valmagne.
Parfait en tous points. Et pas que le retour de Germain, traiteur, adossé aux frères Pourcel.
De très beaux vins aussi.
Si je retiens avant tout le Vent d'Est (Cabardès du Domaine de Cabrol, en 2012) pour son étonnant et très intense nez de truffe (A tel point que L'oenologue dans la truffière aurait dû être le titre de ce billet ! mais ç'aurait été un trop vil plagiat de Pierre Magnan), il y en eut bien d'autres, et non des moindres ! (Aussi un superbe Condrieu en 2011, mais photo d'iPhone quasi illisible)







Il ne restait plus qu'à tirer sa révérence et à quitter les lieux en attendant le prochain congrès.
2016 en Touraine, sur le thème de :
"Le vin et l'eau"
(que les choses soient claires : faudra pas qu'ils comptent sur moi pour me baigner !)