vendredi 30 octobre 2015

VdV#79 : Vinothérapie.


La vinothérapie ?
La vinothérapie, c'est le thème choisi par le président du mois pour les billets publiés dans le cadre des Vendredis du Vin du Mois d'Octobre 2015 (VdV#79).


Vinothérapie ...
Pour ce qui me concerne, la thérapie ne vient sans doute pas du vin (ou pas que) mais plutôt de ce qui l'entoure.
Tu sais bien : ce petit rosé si charmant tant que tu as les palmes aux pieds et qui, la tenue de travail revêtue, finit par perdre tout intérêt (si tant est qu'il en ait vraiment eu !?).
Et je te parle même pas de ce joli blanc vif qui, les skis chaussés, accompagnait si bien la tartiflette avant, l'appartement finalement retrouvé, de se révéler d'une acidité stratosphérique autant que dissuasive !

La vinothérapie m'est donc très changeante, et ce tant par les diverses matières actives disponibles que du fait de la multiplicité des posologies applicables !
Dès lors, je suis bien en peine de dire quoi sans dire ni où, ni quand, ni avec qui.

Encore que, à bien y réfléchir, la réponse soit somme toute assez évidente.

Car in fine ma réponse sera sans doute : le Prosecco.
A Venise, forcément !
Avec elle.
Seulement le Prosecco hein  ?
Parce qu'un Raboso piave, même si à Venise il est recommandé aux vignerons, ça relève plus de la punition que de la thérapie ...


Osteria da Alberto

Prosecco
, Venise ...
C est un peu vague, je te l'accorde bien volontiers.

Alors s'il faut affiner et chercher plus profond, quasiment plus intime, ce sera sans doute du côté des jolies bulles plaisamment vues et bues chez Alberto !
Alberto, c'était lors du deuxième puis du troisième séjour dans la Sérénissime.






Ici, le Prosecco (très) superiore de Merotto.


Sa bulle est fine et abondante.
Un nez de fleurs blanches et fruits à noyau, avec un soupçon de pomme fraîche.
Et une belle bouche tendue et aromatique pour couronner le tout.
C'est équilibré et harmonieux, de bonne longueur.



Les vongole d'Alberto !




Et, surtout, ça passe à merveille tant à l'apéritif qu'ensuite, sur de très beaux spaghetti alla vongole !

les coordonnées d'Alberto
Car en matière de thérapie (et particulièrement de vinothérapie) les maîtres mots sont peut-être simple mais bon !?


Osteria da Alberto
: une adresse plus que recommandable, à Venise.


La réservation y est quasi obligatoire.











Chiesa dei Miracoli - Venise


Après, rien d'obligatoire.

Mais sans doute flâner longuement (pas forcément dans le secteur du Campiello del vin(othérapie)) dans l'espoir - le Prosecco aidant - d'apercevoir la gondole qui reconduit Casanova et Vivaldi bras dessus, bras dessous et passablement éméchés. Oui : çà me semble être un bon choix si l'on veut profiter pleinement des bienfaits de la vinothérapie.







(L'autre option aurait bien sur été, le soir à l'étape, de boire un Cava sur les chemins de Compostelle tout en relisant le réjouissant "Thérapie" de David Lodge ... mais c'est une autre histoire, que j'évoquerai peut-être un jour ?).




Même à Venise, même chez Alberto :
l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
(faute de s'exposer à un remake de "L'inconnu du Grand Canal", un des récents romans de Dona Leon)

jeudi 29 octobre 2015

Let me freeze







Le baroque je l'ai commencé à la Monsieur Jourdain, comme tout le monde : avec Bach.
Jean Séb. A l'insu de mon plein gré.
Forcément la BWV 147 et, plus particulièrement, "Jesu bleibet meine Freude".
Passage obligé, en particulier quand tu es enfant de chœur.
Alors ça compte sans doute pas.





Le glissement s'est fait plus tard.
J'étais alors officier Chasseur, au 19ème Groupe de Chasseurs et, à ce titre, j'avais accès aux magasins pour officiers, tous les officiers.
Or en Allemagne les officiers canadiens avaient des magasins de folie !

Je m'intéressais à la musique comme tout élève ayant subi les cours "de musique" au collège : absolument pas. Ou plutôt de façon purement aléatoire, sensorielle, quasi organique ... et pas grâce à mon ex "prof de musique".

Premier walkman (étanche) ... que j'ai gardé le temps que ce con de tête inerte me tire une balle (9 mm) à quelques cms de l'oreille (et donc du tympan), sonnant ainsi le glas de ma pratique de la plongée sous marine et du walkman.
Et surtout première platine laser : la CDX 1 de Yamaha, avec l'ampli qui va bien, et les enceintes de la mort qui tue.
Quelques disques aussi, bien sur.
Dont par une sorte de fidélité la 147 de Jean Seb (et quelques autres cantates), dirigée par Karl Richter. Je l'ai toujours ce disque.
A côté il y avait un truc rigolo qui semblait m'appeler : le King Arthur d'un dénommé Henry Purcell, dirigé par Deller.
C'est ce disque qui a été le choc premier. Pour je ne sais quelle raison je l'avais choisi pour tester les enceintes (du coup les suivantes ont toujours été testées avec le cold song).
Car, oui, le disque dans son ensemble ... mais tout particulièrement, bien sur, le cold song.



Alors, bien sur, plus tard quand on me fit écouter la version de Klaus Nomi j'ai apprécié la performance mais elle m'a laissé froid, en quelque sorte.
Pourtant Klaus Nomi était pas mal baroque ...



Même Andréas Scholl me laisse perplexe (et pourtant Andréas Scholl ....)



Mais, non merde quoi : Scholl, pas là dessus. Et surtout pas comme s'il avait un train à prendre qu'il a peur de rater !

Non, le cold song c'est chez Deller par un baryton !
Même la version dirigée par Harnoncourt ne me convenait pas (et pourtant ...) car je restais fidèle à cette première fois.

Et paf, hier (28 octobre 2015, à l'Auditorium de Bordeaux) : le cold song dirigé par Emmanuelle Haïm et interprété (incarné !) par Christopher Purves.
Il est sensé être baryton, C. Purves.



Hier il n'avait pas d'écharpe et on pourra le regretter, ou pas.
En tous cas, hier, il était visiblement pétrifié de froid.
En tous cas, hier, c'était le "cold song".

Bien sur, juste après le "Thus happy and free" tiré de Fairy Queen était splendide : Brenda Rae a été remarquable.
Oui, Brenda Rae, car elle avait remplacé Patricia Petibon (malade) au pied levé.
Et quel pied !
Elle nous a proposé une belle Cléopatre (Giulo Cesare in Egitto, G.F. Haendel) et une Armida (Rinaldo, toujours G.F. Haendel) très convaincante.


(à propos de cette vidéo : j'espère qu'après la représentation le metteur en scène a été pendu avec ses tripes)


Bref : hier c'était l'un des très beaux concerts auxquels il m'ait été donné d'assister.
Vraiment.







Sinon, faites une B.A. : vendredi à Bordeaux concert caritatif (et cardiaque) avec "Les Eléments".
Et  "Les éléments" c'est pas des truffes qui font dans l'élémentaire !




Pour finir, juste pour dire que la musique baroque, en particulier dirigée par Emmanuelle Haïm, çà file une de ces putain de  patate :






Et, enfin, comme je suis sensé avoir un blog pinard, vu que j'aime bien quand Andréas Scholl chante Purcell (sauf le cold song) et que le festival de musique baroque de Beaune çà envoie du lourd :






dimanche 25 octobre 2015

"On se risque sur le bizarre"




Non, ce n'est pas que je me suis mis à organiser des soirées cinéma : c'est juste que d'une discussion comme il y en a tant d'autres est sortie l'idée d'une soirée "bizarre".
Oui : une soirée dégustation à laquelle les participants devaient venir avec un vin bizarre.
Bizarre ?
Oui, : bizarre.
Initialement bizarre par son origine qui ne devait pas forcément faire penser, a priori, au vin.
Puis le concept a pu être élargi : nécessité fait loi !
(il était, en outre, prévu de faire une after avec des quilles moins bizarres. Au moins théoriquement).

Dans le désordre le plus complet (1ère et 2ème parties de soirées mélangées), voici ma revue d'effectifs ... peut-être pas totalement exhaustive, car il y avait bien des quilles !

D'abord les 7 quilles que j'avais préparées :


Marquis de Terme
(2011).
Beau vin en devenir sorti de ma cave pour la soirée.
3 heures de carafage.
Très belle matière, encore un peu ferme. A revoir dans 4 ou 5 ans puis sans doute encore longtemps. Cool : y en a plein la cave.

Clos Manou
(2009)
Devenu un (encore plus) beau vin, lui aussi sorti de ma cave après 3 heures de carafage.
Superbe matière. Peut encore attendre. Le devrait. Ça va être dur : il ne me reste plus qu'une bouteille. J'aime, mais je me répète.
Retourner à La Poste y apprendre la patience.

Neige
. Première (2010). Cidre de glace (Canada)
Robe vieil or. Ça sent la pomme (y en a), tant fraîche que compotée. Belle attaque, joli équilibre entre le sucre et l'acidité.
Un truc piégeux (mais je suis un sale tricheur) mais très intéressant et fort agréable.
Merci à Laure P qui m'avait ramené çà du Québec !






Leth
(2010).
Un Blauer zweigelt autrichien.
Là aussi sorti de cave après 3 heures en carafe. Y avait au moins 3 heures de trop tant çà puait la volatile. Aussi un gros côté pomme blette, donc pas la jolie pomme du cidre de glace.
A oublier.




Pelandrova
.
Rosé ... malgache.
Pas la peine de donner le producteur tant c'est au delà du réel.
Juste abject.
Par pure charité chrétienne je ne dirai pas qui m'a offert cette chose dont je ne comprends pas qu'on ait pu la laisser entrer sur le territoire national.






le Clos la Lanterne (2013) de Benoit Gautier.
Sortir ce joli Vouvray sec à ce stade, c'est un infanticide.
Découvert lors du dernier salon des vins de Loire.
Fruits secs, notes florales, léger boisé vanillé. En bouche grosse tension, minéralité de bon aloi, avec du gras autour.
A oublier quelques années encore !






Difficile en fin de soirée ce Grand Cru Steinklotz (2005) : Pinot gris chez Xavier Muller.
Un mélange de fruits confits et de champignons au nez.
Bouche intéressante, mais un peu trop de résiduel à mon goût qui amène sans doute ce petit côté caramel.
Intéressant aromatiquement, mais équilibre qui me chiffonne.
Finalement pas mon genre de vin même si je n'ai pas vraiment de reproche à lui faire.







J'avais aussi sorti un triste Muscadet (2013) que je ne citerai pas par pure Miséricorde, un Hengst (2009) chez Barmès Buecher qui était irrémédiablement mou et oxydé, mais aussi, mais surtout !, une très belle Divine Miséricorde (2010) du Château Mondoyen.
Là, il y a du vin !
Superbe !






Et mes petits camarades dans tout çà ?
Eh bien mes petits camarades se sont fait plaisir ...


Bohae.
Vin de framboise coréen.
Avant de l'amener François avait poussé le vice de le transvaser dans une bordelaise. Il avait bien fait.
Étonnant ! au premier abord on aurait dit un rouge un peu léger qui aurait été rectifié au sirop Teisseire par Monsieur Plus ...
Rigolo ce truc. Je me relèverai pas la nuit pour en reprendre ... mais j'exclus pas d'en acheter





Ça s'annonçait mal : François a fait le tour de mes tire bouchons, l'un après l'autre, pour finir au bilame et arriver (de main de maître) à sortir un bouchon pourtant en bien piètre état.
Ça n'a pas raté : il était bouchonné, le magnum d'Ausone (1986).
Malédiction.
Fort heureusement un magnifique Défi de Fontenil (2005), lui aussi en magnum, est venu faire oublier la déception : long, complexe, charnu, équilibré, élégant. Le tout dans une multitude de superlatifs. Splendide vin !






Le Talisman n'aura pas suffi à protéger ce vin Géorgien (de 1996) des Brett et des TCA.





De Bulgarie, Petit ENIRA (2010).
Vin végétal et violemment astringent.
Oops.


De Crête, le Polimorfos (2010) n'est pas si polymorphe que çà puisqu'il ne connait que deux formes : les Brett et les TCA.
Oops à nouveau.

En Inde ?
Grover Vineyards.
Bouchonné lui aussi.
Tant pis pour ce Cabernet sauvignon.


Château Trillol
(2008), un Corbières bien fait qui sent bon la garrigue.
Joli à boire là, maintenant.



La bonne surprise de la soirée ?
Ce Miolo (2012) : un Merlot brésilien qui s'est fort bien comporté !
Du fruit noir très mur, pour un joli vin.

Troisième fois que je goût cette cuvée, par forcément le même millésime : là on était en 2008 pour ce "Vin de Tahiti" (qui ne vient pas du tout de Tahiti mais des Tuamotu).
Bien qu'ayant passé mon bac au Lycée Paul Gauguin de Tahiti (académie de Besançon) je vais dorénavant éviter de renouveler l'expérience tant c'est décevant.
C'est pas vraiment mauvais, c'est juste plat et sans grand intérêt.


Joli nez mais vin austère, strict et, autant le dire, plus que vaguement végétal pour cette Cuvée des Côteaux (2005), Cornas de Robert Michel.











Bien d'autres bouteilles encore, certaines que j'ai photographiées, d'autres non.

A ce stade je zappe ... au risque d'oublier de jolies chose.













Il me faut juste mentionner ce Faraon sec comme un coup de trique qui n'a
Ajouter une légende
pas été sans me rappeler le monstrueux car hors normes Rancio sec "Cap de Creus" découvert il y a bien longtemps déjà !

J'aime.





















L'abus d'alcool nuit à la santé, à consommer avec modération

(pour certains vins c'était très facile)







mercredi 21 octobre 2015

Le troll, la marmotte et les lapins.


(merci à Olivier Perotto - fournisseur officiel de marmottes - pour ce lien indispensable)

Ils sont quelques uns à savoir dans quel sens il faut brosser mon poil de troll, Nicolas Lesaint est de ceux là.

Alors il a frappé fort, Nicolas.

A ce stade que dire, que faire (après, bien sur, que je me sois incliné avec respect) ?


Peut-être tout d'abord rappeler que par le passé j'ai, sur ce même blog, fait part de mon admiration sans borne pour les héritiers d'Albert Londres et Joseph Pulitzer, et ce qu'ils soient simples étudiants en journalisme, ou bien professionnels confirmés.
Bon, bien sur, la frontière entre Joseph Pulitzer et Paul-Loup Sulitzer est parfois extrêmement mince, mais c'est un péché véniel et je suis un chieur partisan d'une agriculture de moins de 70 ans qui donne de "super résultats" (merci Philippe, celle là je la garde précieusement).


Sur ce coup là, entendons nous bien : je ne prétends remettre en cause ni le talent du journaliste, ni le pouvoir des sorciers de la Brenne (d'autant que je connais personnellement une sorcière aveyronnaise, et des fois çà fait flipper).
J'en veux pour principale preuve le remarquable ouvrage de Jeanne Favret-Saada :

"Les Mots, la Mort, les Sorts"
qui est sous-titré
"La Sorcellerie dans le bocage".
Ce bouquin passionnant - qui se situe en Mayenne - et qui commence à dater un peu (il est paru en 1977), j'en recommande la lecture à qui s'intéresse de près ou de loin au sujet (même aux sorcières aveyronnaises, c'est dire).
Non, vraiment, je déconne pas : il faut le lire.

Bon, Favret-Saada s'intéresse au pouvoir des mots, au pouvoir de la parole alors que dans le lien proposé par Nicolas, on n'en est plus là.
Le progrès sans doute ?

Qu'on en juge :
- "Il parvient à reconnaître les carences affectant le vignoble au seul vu de la carte."
- "il a dépassé, sa modestie naturelle dût-elle en souffrir, le stade du simple guérisseur puisque même depuis quelques mois des entreprises font appel à ses services afin de visualiser les prochains résultats pour des choix stratégiques concernant les secteurs commerciaux."

Alors la tentation de visiter le site internet, puisqu'il y en a un, était si forte que je n'ai pu y résister (je suis faible).
Bien m'en a pris car, dès la page d'accueil, j'ai appris que :



Le service est adapté à vos besoins
une grande partie du travail peut s’effectuer à distance.

Repoussez les limites !



Oui, je crois en effet que les limites sont considérablement repoussées ...

Ce qui rend sans doute superflu de mentionner qu'il
accompagne pas à pas l’évolution de la propriété vers un nouveau type de viticulture, au-delà de la simple biodynamie.

Tout ceci laisse bien sur à penser.
Pensées qui m'ont tout naturellement ramené à ce vieux projet qui murit lentement en moi depuis si longtemps.
Oui : ce projet de reconversion vers une profession qui réponde enfin totalement tant à ma nature profonde qu'à mes dons secrets autant qu'innés :

medium pour chats morts.
Car depuis ma plus tendre enfance j'ai le don de communiquer avec les chats, surtout quand ils sont morts (quand ils sont vivants il y a souvent des interférences, je sais pas bien pourquoi).

Le truc est simple : votre fidèle compagnon vient de passer de vie à trépas ?
Je sais entrer en contact avec son esprit et vous dire ce qu'il ressent, le souvenir qu'il garde de vous et éventuellement (c'est à dire moyennant un léger supplément, car la dépense énergétique devient alors exponentielle) vous dire où et quand il s'est réincarné (et la couleur de son pelage).

Y a du potentiel je pense.
Tellement de potentiel que je me suis fait griller.
C'est à désespérer d'avoir de bonnes idées !


Bon, sans doute est ce un mal pour un bien : bien sur j'aime les chats, mais çà fait bientôt 20 ans que je sévis dans le monde du vin alors il serait dommage d'arrêter là.

J'ai donc le plaisir d'annoncer que je me lance !
Pour commencer, vu qu'il sera bientôt temps de planter les vignes, je ne saurais trop conseiller à mes lecteurs de ne plus protéger leurs jeunes plants avec ces poches inesthétiques et à l'efficacité plus que douteuse (quant à leur effet sur l'environnement ...).

Il y a en effet bien plus efficace et plus respectueux de l'environnement pour éloigner les lapins.
Certaines personnes à la pointe du progrès s'évertuent à piéger les lapins et, après les avoir occis, à les tondre avant de faire bruler leurs poils pour les répandre aux 4 coins de leur parcelle.
Ca part d'un bon sentiment : la guerre psychologique a amplement fait ses preuves.
Toutefois la méthode est couteuse en calories et cause de gros rejets de monoxyde de carbone : on ne saurait donc sérieusement la conseiller à grande échelle.

Ma méthode est plus fine car elle fait appel à la psychologie d'Oryctolagus cuniculus.

Je suis en effet en mesure de lui envoyer des ondes porteuses d'images négatives qui vont augmenter son inconfort psychologique et le pousser à migrer (moyennant un léger supplément je peux l'envoyer chez votre voisin).

C'est simple, efficace (pour ne pas dire i-m-p-a-r-a-b-l-e), et une grande partie du travail peut s'effectuer à distance : il suffit de m'envoyer un justificatif de domicile (un chèque en blanc, dument signé est un support idéal) accompagné de l'estimation de la population à dissuader.

Pour le paiement vous n'aurez rien à faire : après que j'ai vérifié (à distance) l'efficacité de mon intervention j'ajouterai au chèque une somme qui sera directement proportionnée aux résultats obtenus.
Vous ne prenez donc rigoureusement aucun risque.


Notes pour Nicolas :

- çà fonctionne aussi très bien avec les sangliers,
- on peut, bien sur, me régler en liquide : çà dépend du millésime.




dimanche 18 octobre 2015

La prostate, le fruit de la passion et la standardisation




Comme bien souvent l'échauffement a commencé sur Facebook avec, comme point de départ, un article déniché par Daniel.

Après çà déroule.
Bien sûr le but n'est généralement pas de convaincre mais le plus souvent, et au mieux, de se rassurer en étalant ses certitudes de façon plus ou moins convaincante et argumentée. Plutôt moins. Car bien souvent (bien trop souvent) les réseaux sociaux ne sont que des substituts aux approximations des désormais disparus graffitis de pissotières.
Mais c'est parfois rigolo.









En milieu d'après midi certains des participants se retrouvaient chez les Sériot pour une dégustation de Rieslings (puis un repas et un match de rugby en commun). On était plus précisément sur les Rieslings en 2007 et 2008 ... mais nous avions la possibilité de déroger à la règle du millésime (ce que j'ai fait !).



Comme d'hab : quelques jours avant la dégustation chacun a fait passer à Isabelle une bouteille du vin qu'il a choisi, elle s'est ensuite occupée de la préparation et l'anonymat de l'échantillon pour que, au cours de la séance, chaque vin soit dégusté et commenté (par écrit), une fois tous les vins dégustés il est possible de revenir, toujours à l'aveugle, sur un ou d'entre eux avant de finaliser notes et commentaires.
Ce n'est qu'ensuite que les notes sont mises en commun puis compilées.




Bon, au début, nous avons bien sur continué l'échauffement en commentant les échanges de l'après midi, avant finalement de passer à la thématique de la soirée.



Cliquer sur l'image mène au site de movember
Non, pas le Riesling ou la biodynamie, mais la prostate (son cancer, sa prévention, sa moustache). Ce qui a pu un instant faire craindre la présence de grenier médocain en fin de journée, mais non : une dégustation de Riesling en rive droite c'est sans grenier médocain.
Il y avait, en revanche, un pâté au piment d'Espelette qui faisait bonne figure (mais j'anticipe).

Et les vins ?



Louis SIPP
- Grand Cru Osterberg (2008)
Note du groupe : 15.06
Il y a eu débat sur ce vin car tout le monde ne l'a pas mis sur le podium. Pour moi il y est, et il y est tant pour ce qu'il est aujourd'hui que pour ce que je pressens de sa capacité à vieillir et s'améliorer encore.
Nez de fruits, d'agrumes et de fleurs. De la tension en bouche, mais sans agressivité et avec en bouche aussi un joli fruit, un poil minéral.
C'est d'ores et déjà un beau vin, et un beau vin qui a encore de l'avenir tant il est toujours jeune et frais.




Domaine Ostertag
- Clos Mathis (2007)

Note du groupe : 14.81
J'avais, il y a peu, goûté le 2006 que j'avais trouvé très décevant.
Heureux changement de registre avec ce joli 2007 !
Après une couleur or pâle qui annonce le début de l'évolution, au nez il y a de l'exotisme, un peu de naphte, du fruit jaune et mûr.
En bouche çà croque et se termine par une belle et longue finale.
C'est bel bon, là, maintenant.






Wittmann
- Riesling (2013)

Note du groupe : 15.28
C'est un premier pirate qui se cache sous ce maillot argentin ... bien que ce soit un teuton !

Bright, light golden-hued straw-yellow colour. The nose is soft and gentle with subtle lees and mineral aromas interwoven with white floral and stonefruit notes. Dry to taste and medium-bodied, rich flavours of lime fruit and florals are enlivened by zesty acidity. The fruit flows evenly, with underlying phenolics lending some textures, and minerally lees elements adding detail. The mouthfeel is crisp, refreshing and lively. This is a well-proportioned, dry Riesling with good freshness - See more at: http://www.winedirect.co.nz/wittmann-riesling-trocken-2013.html#sthash.8nktgwV8.dpuf
Robe aux reflets verts très jeunes, nez qui pétrole légèrement avec de belles notes de fleurs blanches, de fruits à noyau et d'exos.
La bouche est fraîche mais équilibrée.
Très joli vin.




Josmeyer
- Les Pierrets (2007)

Note du groupe : 14.68
Bright, light golden-hued straw-yellow colour. The nose is soft and gentle with subtle lees and mineral aromas interwoven with white floral and stonefruit notes. Dry to taste and medium-bodied, rich flavours of lime fruit and florals are enlivened by zesty acidity. The fruit flows evenly, with underlying phenolics lending some textures, and minerally lees elements adding detail. The mouthfeel is crisp, refreshing and lively. This is a well-proportioned, dry Riesling with good freshness - See more at: http://www.winedirect.co.nz/wittmann-riesling-trocken-2013.html#sthash.8nktgwV8.dpuf
Robe dorée encore jeune, nez d'agrumes confits, et minéralité de bon aloi.
Bouche pleine, ample, avec une belle acidité qui lui amène la tension nécessaire. Le citron revient, avec les notes minérales et la finale fraîche et fruitée.
Joli vin.




Domaine des Marronnier
s - Grand Cru Kastelberg (2012)

Note du groupe : 14.59
Mimi, Fifi & Glouglou. Michel Tolmer
Les vins de Guy Wach - en particulier, son Kastelberg - je les avais découverts lors d'un congrès des œnologues à Andlau. C'était en 2007 je crois, et il y avait eu une méchante rave party dans les vignes avec, à la clef, ces fameux vins.
C'est donc avec ce Kastelberg du Domaine des Marronniers (CES Kastelberg du Domaine des Marronniers, car il y en avait un autre dans ma musette) que je suis venu.





Intéressant ce Kastelberg : c'est en effet le seul Grand Cru alsacien sur schistes.
Même s'il a pris une  légère teinte or pâle, ce 2012 est encore jeune avec son nez d'agrumes, d'exo et sa jolie minéralité (çà pétrole à peine).
Pointe d'évolution en bouche, avec une bonne vivacité. Là encore un fruité qui tire sur les agrumes et l'exotique avec de la chair et un bel équilibre.
Autrement dit : j'essaierai de garder les autres bouteilles à la cave encore quelques années ! (du moins celles que je n'aurais pas échangées avec François à qui ce vin semble avoir plu).







Domaine Gresser
- Grand Cru Kastelberg (2008)
Note du groupe : 14.93
Daniel m'avait prévenu qu'il y aurait sans doute un autre Kastelberg. En effet ...
Robe qui propose de belles dorures encore légères. Au premier abord le nez est peu expressif puis s'ouvre sur des notes minérales quasi pierreuses, une pointe de citron confit. En bouche, légère sucrosité avec une belle vivacité.
Finit très tendu, avec un beau fruit qui clôt le tout.
Belle buvabilité !




Après cette série plaisante à très plaisante, j'avoue que j'ai du mal ... même si, là aussi, l'unanimité ne se fera pas sur certains vins (les notes de groupe peuvent s'en ressentir).

Nous avons donc goûté :




Henry Fuchs
- Kirchberg de Ribeauvillé (2009)

Note du groupe : 13.59
La note globale n'est pas vilaine mais, pour ma part, un vin à la bouche mollassonne qui se termine par une acidité agressive.
Ca me semble manquer cruellement d'équilibre et d'harmonie.








Jean Paul Schmitt
- Rittersberg (2008)

Note du groupe : 12.62
Robe très jeune, nez au côté naphte un rien caricatural,
En bouche l'attaque est plutôt suave, mais ensuite çà manque d'harmonie et de densité : c'est un rien aqueux puis finit sec et vif.
Peu d'intérêt.






Un autre pirate, autrichien cette fois !

Pichler - Riesling Federspiel (2012)
Note du groupe : 11.81
Bof.
Végétal, notes sulfitiques plus que minérales, à la fois sec et fluet.
A oublier.







Marcel Deiss - Gruenspiel (2008)
Un vin que je ne note pas ... mais que quelques dégustateurs noteront (en clair ils lui donnent une note supérieure ou égale à 10).
Il y en a même un qui l'apprécie et le défend vivement.
En même temps venu d'un type qui a la e-réputation de faire et aimer les vins standardisés, plus rien ne m'étonne.
Bref : il est over oxydé. Mort.






Nous sommes ensuite passés à table, et je ne ferai pas l'inventaire des plats amenés par tel ou tel. Ni même des vins qui ont été goûtés.
Ou alors juste un, cette Gargone (2012) qui a fait débat.
Disons juste que, à mon sens, c'est déjà un beau vin et qu'il le sera encore plus - beau - dans quelques années. Pour autant même s'il y a du boisé, il me semble d'ores et déjà intégré et tout sauf exagéré.





Ce n'est qu'après, en deuxième ou troisième partie de soirée, que ça devient vraiment drôle.




Enfin, drôle ce ne le sera pas pour l'irréductible gaulois perdu au milieu la cinquième colonne de l'anti France ...

Mais, bon, en même temps, esprit cocardier ou pas : quand tu t'obstines à soutenir le vide intersidéral alors qu'on te prédit (à juste titre) 30 points par mi temps ...



Et je me rends compte un peu tard que j'en oublie !

Oui, j'annonçais être venu avec un autre Kastelberg chez Guy Wach.
Ben oui : son Riesling Kastelberg SGN (1998).
Oops.

Belle liqueur pour un vin d'une grande jeunesse encore.
A la dégustation, bien que présent, le sucre n'est pas écrasant (combien y en a t il !?) et ce beau vin a donc conservé une sorte de légèreté.
Passion, épices douces, du fruit (mûr voire confit, bien sûr), un chouia d'encaustique.
C'est très beau.




Belle soirée
(même si 62 points çà fait vraiment beaucoup)



On aura, bien sur, tout intérêt à aller sur le blog de Daniel Sériot pour y lire ses notes de dégustation :
- première partie,
- deuxième partie,


(à suivre quand Daniel aura fini de publier ses commentaires)