dimanche 29 mai 2016

Quand l'oenologie et la musicologie se rencontrent



Je sais bien que c'est snob à en crever (pédant, aussi) mais arrivé à un certain âge, franchement, ce genre de considération ...

C'est donc en écoutant Victoria, en fait son Tenebrae Responsories, que je descendais en Espagne.
Et c'est vachement bien, le Tenebrae Responsories de Tomás Luis de Victoria ! La preuve :




Du coup quand il a fallu revenir en France j'ai mis les Grands Motets de Mondonville.
Ca aussi c'est vachement bien, les Grands Motets de
Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville.
Et là aussi la preuve avec, par exemple, son Dominus Regnavit :




Ce monde étant une vallée de larmes, c'est en plein milieu du De Profondis (dirigé par William Christie) que le radar de chantier m'a flashé.
Pourtant je respectais scrupuleusement la limitation à 110. Pas de bol : c'était 90.
Ça tombe bien, çà fait longtemps que je n'ai pas suivi un stage de récupération de points ...

Mais cette play-list autoroutière a une fois de plus été un bon prétexte pour échanger brièvement avec Didier Charton.
Didier Charton ?
Didier Charton-Vachet c'est lui.

T'imagines le plan ?

Ce mec fait du blanc en Côtes de Beaune (oops je m'a trompé) Chalonnaise, est musicologue ... et s'est spécialisé dans les musiques baroque et de la Renaissance !?

Moi, quand je fais ce genre de rencontre via Facebook j'ai envie d'ériger une statue à la gloire de Zuckerberg !
(mais je vais d'abord finir mon Vivaldi en allumettes).

Enfin la rencontre n'est encore que virtuelle puisque nous ne nous sommes croisés que, justement, via Facebook.

Mais le festival baroque de Beaune aidant ce n'est que provisoire.
Car cette année mon programme comportera :

- Andréas Scholl dans des cantates italiennes de Haendel.
Putain, Scholl (Putain Haendel aussi, note bien. Mais comme Haendel est mort, y a pas le feu).
Mais allô quoi : S-C-H-O-L-L.
Scholl, THE voice !

J'avais renoncé à pouvoir l'écouter en concert l'Andréas.
Ben non : ce sera bientôt.
A Beaune.
Note bien : il est déjà passé à Beaune
le Dédé. C'était il y a quelques années, et ça avait donné un truc rigolo lors des rappels :


Surtout qu'il ne change rien !
(mais qu'il ne compte pas sur moi pour brailler en chœur : la dernière fois que j'ai chanté de mon plein gré c'était du Dalida, dans un karaoké croate, et avant j'avais pris une cuite à la Slivovitch)

- Le (magnifique) Dido and Eneas de Purcell (dirigé par Christophe Rousset).
Purcell : mon introduction au baroque ... bien sur si je fais abstraction de Bach. Mais, alors, je ne savais pas que c'était du baroque, Bach.
Juste que c'était beau.
C'est plus tard, avec Purcell, que j'ai appris que le baroque c'était beau, et qu'en plus çà pouvait être barge.

- une dégustation d'avant concert des Montagny et Montagny 1er Cru du Domaine Charton-Vachet.

La dégustation n'est pas qu'un prétexte.
Mais c'en est quand même un peu un !

Car au vu de son pedigree, j'ai un truc à demander à Didier Charton.
Pas de goûter ses trois millésimes ... enfin, si : aussi de goûter ses 3 millésimes. Faut pas déconner !
Bref la question c'est :



Putain, Charton : une partoche c'est une partoche !
non ?

Alors dis moi juste comment çà se fait que quand t'écoutes les 4 saisons (les 4 saisons, le truc le plus galvaudé de la Terre) avec Janine Jansen (et c'est vachement bien) t'entends pas la même chose que quand c'est
Nemanja Radulović (et c'est vachement bien aussi, mais surtout vachement différent) !?

Tiens, restons en à Purcell.
A Purcell et son King Arthur.
C'est mon Graal ce truc (et c'est pas qu'une vanne vaseuse), plus que Dido and Eneas, c'est dire !

Ben écoutes y le chœur de la mort qui tue :
See We Assemble Thy Revels To Hold.
Ce chœur, William Christie, Alfred Deller et John Elliot Gardiner en donnent des versions qui n'ont rien à voir !

Mais rien de r-i-e-n !

Christie te sort un chœur par un banc de sopranes sous acides alors que chez Deller et, encore plus, Gardiner c'est une vision bien plus mâle et lente, pour ne pas dire solennelle.
Bordel, mais il a écrit quoi Henry Purcell ? C'était quoi son intention à lui ?!

Tant que j'y suis j'ai aussi un autre truc moins urgent à te demander à propos du King Arthur de Purcell : pourquoi les deux nuisibles qui ont commis cette mise en scène n'ont ils pas été pendus avec leurs tripes ?





On se voit toujours début Juillet ?

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Le 30/05

D'ici à cette rencontre - dont je reparlerai bien sur avec un nouveau billet - voici la majeure partie de l'échange que D. Charton et moi même venons d'avoir (ce dont je le remercie encore très vivement) en suite à ce billet que je complète donc ainsi :


D Charton
Bon, avant toute chose, Montagny c'est en Côte Chalonnaise (c'est moins chic que Côte de Beaune, mais c'est bien quand même !).
[arghh.]
.../...

Si on prend pour comparaison le vin, un Chardonnay est le même dans deux parcelles concomitantes, les levures (tu connais, je crois) font exactement le même job, un fût est un fût, etc, etc ...
En somme, la partition est la même, et pourtant il n'y en aura jamais deux fois la même interprétation (y compris chez le même producteur).
En musique c'est la même chose. Avec la même matière première (partition-interprètes) on a des résultats diamétralement différents. En master class de direction (baroque d'ailleurs), un des enseignements que j'avais pu tirer était que le rôle du chef était d'apporter tout ce qui n'apparaissait justement pas sur la partition, les musiciens n'ayant pas besoin de chef pour jouer ce qui était écrit.
On pourra en parler plus longuement (devant une partition ou deux) mais en gros c'est un début d'explication ? notions de sensibilités différentes, humeur, caractère de l'interprète ...
Bref d'humanité.

Mais par dessus la vision, l'interprétation, y a le rythme. Enfin il me semble.
Or la partoche, elle donne le rythme non ?
D Charton
Oui mais tu penses au tempo je crois, pas au rythme [oops : en effet !]. Là c'est parfois au libre choix de l'interprète et à sa façon de comprendre et traduire le texte.
Je vais chercher la partition de Purcell et voir ce qui est indiqué. Mais il est vrai que les tempi utilisés sont assez surprenants. Je vais creuser.
Mais il arrive que l'interprétation juste (musicologiquement parlant) ne soit pas toujours la plus plaisante (musicalement parlant) ou moins en phase avec les goûts du moment. Certains chefs font le choix de la rigueur historique, d'autres celui d'une idée (personnelle ou générale) de la beauté ou de la musicalité.
Tout cela est d'une puissante subjectivité.


Après le temps de la recherche (et des échanges sans grand intérêt pour ce qui m'occupe ici), voici la suite de la réponse de D Charton :
D Charton
Bon, King Arthur n'est pas l'exemple qui sera le plus simple à traiter :
"Purcell’s autograph score of King Arthur does not survive, and no single source includes all the available music, which has been pieced together from several manuscripts, none of them closely related to the 1691 premiere.

Therefore it is impossible to tell if some music may have been lost (for instance, from the scene in which Emmeline’s sight is restored), or whether Purcell omitted to set these and other lines. King Arthur was by far his most successful stage work, and it was revived several times during his lifetime, repeatedly in the two decades after his death, and
sporadically throughout the 18th century."
Donc la vision que chacun peut se faire de l’œuvre, de ce qu'à voulu dire Purcell, la source choisie (les sources seront de facto toutes différentes et en tout cas toujours sujettes à controverse quant aux annotations de tempo/caractère) font que les interprétations seront différentes sans pour autant pouvoir dire laquelle est bonne ...
(ce n'est que mon avis hein !)


Comment dire ?
Merci ? Ouais, merci. Mais c'est peu dire.

A suivre, puisque rendez-vous est pris ...

D'ici là, le parallèle entre la partoche / son interprète / le chef et la parcelle / le cépage / le vigneron et les résultats des uns et des autres me semble des plus intéressants à explorer !

A propos de ma visite à Reignac pour les primeurs 2015




Me décidant récemment à sortir ce blog de sa torpeur j'ai pondu quelques billets, dont certains faisant référence à des moments vineux qui commençaient à dater.


Dans le lot il y a eu un aperçu de la demi journée passée au Château de Reignac à l'occasion des présentations en primeurs de 2015.
"Un aperçu" car, ainsi que je l'indiquais dans ma description de la journée, j'avais décidé de n'y parler que de certains des vins : d'une part les Reignac 2015 (et encore pas tous !) et, d'autre part, trois des vins bus lors du repas.
Le billet en question est consultable en suivant ce lien.

L'outil de suivi fourni dans le pack blogger me permet de voir d'où viennent les lecteurs et, le cas échéant, de les tracer jusqu'à leur site d'origine et, dans le cas des forums, jusqu'au sujet d'origine.
C'est ainsi que je suis, entre autres origines de visiteurs, une fois encore retourné faire un tour sur "La Passion du Vin".
"Une fois encore" d'une part car ils me font de temps en temps le plaisir de reprendre l'un ou l'autre de mes billets dans telle ou telle partie du forum où je vais donc faire un tour, mais aussi - mais surtout ! - parce que fût un temps je fréquentais assidument LPV et y contribuais donc avec un plaisir que je ne renie pas.
Il n'empêche que LPV je l'ai quitté il y a environ 6 ans (je l'évoque
dans divers billets de ce même blog, dont celui ci).

Bref : mon billet Primeurs 2015 à Reignac a été repris, parfois commenté et c'est sur La Passion du Vin que, pour l'essentiel, cela se passe.

Avant tout un petit rappel et quelques précisions de choses dites, évoquées, voire sous-entendues dans mon billet :
1. ainsi qu'une dizaine d'autres personnes (dont on trouvera la liste dans une intervention de Nicolas sur LPV en suivant le lien donné plus haut) j'ai été invité à participer à cette dégustation et au repas qui s'ensuivait. Était ce comme blogueur ou comme ami de Nicolas ? Sans doute un peu des deux.
2. encore une fois : dans mon billet j'ai choisi de n'évoquer que certains des vins dégustés ce jour là. D'une part parce que je ne souhaitais pas alourdir mon billet (l'autre Nicolas me dit bien assez souvent que je fais beaucoup trop long pour un blog), d'autre part parce que je voyais mal comment les y intégrer utilement ... et, enfin, parce que je me les garde de côté pour un futur billet en forme de retour en arrière et de solde de tout compte.
3. comme à chaque fois que je commente un vin sur ce blog j'ai essa, autant que faire se peut, d'indiquer qu'il s'agit d'une appréciation personnelle à un moment donné sur une bouteille donnée et en aucun cas d'un jugement qui prétendrait à l'absolu, l'universel et au définitif autant qu'à l'intemporel.
Juste une sorte de "çà me plait, çà me plait pas, ou moins. Mais c'est pas pour çà que c'est, dans l'absolu, meilleur ou moins bon".

Ceci étant dit, si certains questionnements me semblent border line d'autres sont certainement légitimes et tant les uns que les autres appellent une réponse.
Cette réponse, pourquoi la faire ici et non pas sur LPV ?
Ben je suis chez moi, ici !
Là bas je n'y suis plus inscrit et ne souhaite pas m'y réinscrire.
Puis vu qu'ils commentent mon blog sur LPV, pourquoi me priver de commenter leurs commentaires sur mon blog ? Ainsi va la vie.
En tous cas c
e n'est pas tant, comme
"oliv" l'écrit par ailleurs, que le syndrome du blogueur a fait une victime de plus :
"En revanche, force est de constater que le syndrome du blogueur a fait une victime de plus.
Dommage, on aimait bien le lire ici, le Fuster."
J'ai déjà dit quand et pourquoi j'avais quitté LPV. J'ajoute que mon blog n'est apparu que bien plus tard. Aucun lien entre les deux faits !
C'est plutôt que j'ai ici un espace de liberté que je n'aurais pas ailleurs, même sur LPV et que, en outre, je ne conçois pas d'accepter leur nouvelle charte et son :

"L’Utilisateur consent au Site une licence/autorisation de reproduction et de représentation irrévocable, non exclusive et pour le monde entier sur le Contenu mis en ligne dans son intégralité."

Lorsque je produis un truc pour un tiers, que ce soit à chaque numéro du Radier de Nicolas Fichot ou pour le prochain numéro de l'En Magnum (à paraitre le 24 Juin 2016. Là c'est de la pub même pas déguisée !) de Nicolas de Rouyn il en va bien sur autrement.
Mais là, contre le simple droit de m'exprimer sur un forum, même aussi lu et fréquent que LPV, franchement ...
Bref, je consulte parfois LPV, suis à chaque fois enchanté d'y être cité lorsque cela se produit, mais n'envisage plus d'y contribuer directement.

Ceci étant dit, petit tour d'horizon :

Pour François Audouze :
"Etre à Reignac, boire des Reignac, et puis ensuite sortir trois verres à l'aveugle, on peut quand même dire que ça n'a pas la rigueur du GJE !!!

Car le palais est à peine formaté !
Ensuite quand on voit que les n°s des bouteilles ne sont pas les n°s des verres et ne correspondent pas à l'ordre de dégustation, ça fait très scientifique : le n° 2 préféré est Reignac dont la bouteille a le n° 3.
Comme dit le narrateur : "les Gamma GT au taquet, on remettait çà au Château de Reignac"."
Ben être à Reignac et boire du Reignac c'est quand même le service minimum, non ?
Quand bien même nous n'avons pas bu que du Reignac ! Comme à Mangot la veille : aussi surprenant que cela puisse être on y a bu du Mangot, mais pas que.
Quoiqu'il en soit personne lors de cette journée, ni moi dans mon blog, n'a prétendu à la rigueur du GJE et je ne crois pas avoir dans mon compte rendu fait quelque allusion que ce soit à une valeur ou un protocole scientifique et/ou universel. C'était une sorte de jeu.
D'ailleurs la dégustation peut-elle être scientifique ou prétendre à la science plus qu'au plaisir (encore que science et plaisir ne soient pas forcément incompatibles).
J'ai juste donné une préférence hédoniste à un moment donné pour une quille par mi un trio qui m'était proposé.
Pas plus. Mais pas moins.
Je ne préjugeais en rien de la qualité des vins. A mon sens la qualité doit, quoique ce concept puisse bien vouloir dire, s'apprécier dans un contexte et un registre clairs et définis. Il ne s'agissait pas de note technique ou de note de grandeur, juste de répondre à une question simple : "là maintenant tout de suite je préfère lequel ?".
Pour le reste et le palais étalonné : la matinée avait été chargée et de nombreux vins avaient précédé le repas, ainsi que je l'évoquais dans mon billet. Et le trio testé n'était pas l'entame vinique du repas.
C'est d'ailleurs pour cette raison que les numéros ne correspondent apparemment pas à l'ordre de dégustation : 2, puis 3, puis 4 ... c'est qu'avant il y avait eu un n°1 qui ne faisait pas partie intégrante de ce petit jeu. Pourquoi chercher un truc compliqué de façon suspicieuse alors que l'hypothèse simple est omise !? Pas très scientifique tout çà, Monsieur Audouze.
Si dans mon billet je précise "dans l'ordre d'apparition à l'écran", c'est pour éviter ce doute. Je n'ai, de toute évidence pas été assez clair. Mea culpa.
On se référera aux précisions de Nicolas Lesaint tant sur LPV qu'en commentaire à mon précédent billet pour avoir une vision précise du déroulement des évènements.


Pour "aquablue" :

"C'est énervant tout ça hein ? " Lnico, si il y a bien un endroit où on peut croire à la conclusion de cette dégustation, c'est bien sur LPV. Après, la méthode peut porter à discussion, contrairement à celle du GJE. Et il est simple de mentionner (en étant reçu par reignac) après découverte des bouteilles, que celle de reignac était la meilleure.
Tu étais présent, contrairement à nous, il n'y a pas de raison de ne pas te croire, encore une fois.. Mais rien ne nous permet malheureusement d'être certains des résultats décrits..
Dans tous les cas, ça me plairait bien..
Arnaud"
On est d'accord.
Un détail toute fois : je ne dis pas que Reignac est le meilleur. Je dis juste que ce jour là, autour de cette table là et dans ce contexte là (et à l'aveugle) c'est la bouteille que j'ai trouvé la plus agréable à boire.
Qu'en aurait il été dans un autre contexte et qu'en sera t il dans 10 ans de plus ? Je n'en sais rien.
Mais là, en effet, là : j'ai préféré Reignac.
Ce qui n'est pas sans, moi aussi, me questionner ... comme je me suis questionné lorsqu'il y a un an, et toujours à l'aveugle, je goûtais moins bien Reignac et mal Larcis Ducasse.



Quant à lui "
ols" la joue, en deux temps, sur une partition différente :

"grinning smiley
Peut on encore prendre en considération ce genre d'article ?"
&
"Pas vraiment quand on se permet de faire un article, qui plus est sur un blog d un oenologue "célèbre" que l on sait être lu par des milliers de personnes !!
Le j'menfoutisme c est bon quand on est a la maison, seul et que on ne rend de compte a personne et qu on déguste juste pour soi. Merci la foule !
"
Ben on le prend en considération si on pense que je goûte d'une façon qui vaut la peine d'être prise en considération et on s'en tamponne le coquillard dans le cas contraire. Ainsi qu'il convient de le faire pour n'importe quel autre compte rendu de dégustation.
Sauf bien sur si "ols" sous entend qu'il s'agit d'un article de commande et/ou de complaisance. Auquel cas j'ai le plaisir de l'informer qu'il s'est trompé de crémerie : je ne fais pas mystère de mes très bonnes relations avec Nicolas, ce qui ne m'a pas empêché lors de précédentes dégustations de Reignac de faire état de mes réserves ... lorsque j'avais des réserves à émettre.

Quand au "je m'en foutisme" qu'il évoque, franchement, franchement ...
Alors je parle même pas de l’"œnologue célèbre" (même pas dans ma rue) "lu par des milliers de personnes" (même pas en rêve, sauf pour les mieux classés des billets de ma top list qui figurent à droite de cette page).




Selon "Jérôme Pérez"  :
"le travers, s'il y en a un, il n'est pas dans le protocole.
Il est évident si on est chez Vatelot, s'il y a trois verres à l'aveugle et si on demande lequel on préfère, qu'il y un Reignac et deux stars. Dès lors, compliqué de faire abstraction de cela.
starbuck
Pourquoi pas une dégustation sur d'autres millésimes et pourquoi ne toujours mettre que Reignac en pirate ?"
Nous sommes bien sur 100% d'accord : lorsqu'Yves Vatelot a sorti les 3 quilles masquées et nous a demandé quel vin nous préférions, il était évident qu'il y avait baleine sous caillou.
Quant à deviner qui était qui : j'en suis bien incapable !

Alors chacun (dont "ols") pourra décider si cette incapacité reconnue et avouée est due au fait que je suis une truffe, un corrompu, voire une truffe corrompue (dans des proportions à définir) ... ou juste que Reignac (2001) bu ce jour là à l'aveugle m'a, en effet, donné beaucoup de plaisir et était à un niveau de pourvoyeur de plaisir vineux proche ou égal à celui des deux autres.
Après, pourquoi toujours Reignac en pirate ? Comme l'observa finement François Audouze : peut-être parce que là nous étions à Reignac ?

Mais mettre le Clos Manou en pirate au milieu de médocains classés (Stéphane Dief est aujourd'hui à l'étranger pour cet exercice dont j'attends avec impatience les résultats !) ou le Domaine du Bouscat (il y a eu des précédents retentissants avec ou sans François Dubernard) est un exercice que je ne saurais trop recommander ! (et qu'il m'arrive de pratiquer).
Quoiqu'il en soit : j'ai en cave des vins de Reignac, du Clos Manou et du Domaine du Bouscat ... parmi d'autres où ne se trouvent ni Latour ni Cheval Blanc (mon budget pinard est bien assez élevé comme çà !).

Entre autres remarques "Gerard" dit :
"ce qui m’étonne plus c'est que Latour ne l'ait pas devancé"
Encore une fois : je crois l'appréciation dépend du référentiel dans lequel on se met et, pour le coup, je pense avoir été clair (tout arrive !). La question était en effet de savoir quel était le vin qui nous donnait le plus de plaisir, là, dans l'instant.
Selon moi - et les autres - c'était Reignac. Pour le reste du "palmarès" il y avait me semble-t'il un désaccord, mais en ce qui me concerne et sur sa remarque à propos de Latour : je suggère à "Gerard" de relire ce que j'écrivais à ce propos .


Pour "stephvocel" :
"Pour faire court:
-Ils ont fait un repas et bu trois bouteilles à l'aveugle.
-Le 2ème vin a été globalement le préféré de la tablée et le 3ème considéré comme le moins bon.
-On nous informe que c'est Reignac le 2ème mais la bouteille porte le numéro 3.
Personne ne dit que Reignac n'a pas été meilleur que les autres, on dit juste que c'est plus simple et compréhensible quand le vin numéro 1 porte le numéro 1, le 2 porte le numéro 2 etc....."
Certes.
Mais le n°1 ne faisait pas partie de cette série et était chilien. J'aurais probablement dû le préciser.
Voilà qui est fait : je le précise.
M'enfin celà valait il la peine à partir du moment ou j'indique que ce vins ont été bus dans l'ordre indiqué et que je me suis abstenu de cadrer plus serré et ainsi zapper les numéros manuscrits ...
Au pire, il suffisait de venir poser la question ici (comme un lecteur l'a fait ci dessus) ou sur le blog de Nicolas !


Ca aura au moins le mérite de me faire pondre un nouveau billet.


Un nouveau billet après lequel je pense et espère que les choses sont plus claires pour tout le monde ...

vendredi 27 mai 2016

1985

1985 !?

Pour moi, 1985 c'est avant tout la fin d'un cycle.
Tout bien considéré, 1985 a marqué plusieurs fins de cycle, ainsi que le début d'un autre.

Le 1985 calendaire ?


En 1985 j'étais encore Aspirant, puis Sous-Lieutenant, servant au 19ème Groupe de Chasseurs.
Le 19, j
'y fus chef de section mais aussi - mais surtout ! - popotier du CDL (le Club Des Lieutenants). Dans le cadre de cette fonction j'avais entre autres missions celle d'
annoncer le menu de chaque repas de tradition. Pour être valide, cette annonce faite à l'ensemble des officiers devait commencer par : "Vos gueules là-dedans !"
avant d'
obligatoirement se terminer par :
"Foutez vous en plein la gueule : que la première bouchée vous régale, que la dernière bouchée vous étouffe, et ce dans l'ordre hiérarchique inverse afin de faciliter par là le jeu normal de l'avancement dans l'armée française en général et dans le Corps des Chasseurs en particulier. Ce dont je serai le dernier et ô combien indigne bénéficiaire".
Lorsqu'on était poli, et ordinairement on l'était, on me répondait en chœur :
"Mort à ce cochon de popotier, et qu'il en crève, que le cul lui en pèle".
Tout cela fut semble-t'il fait de façon très convenable puisque "Gerfaut", mon Chef de Corps (à qui mon "vos gueules là dedans !" était donc régulièrement vociféré), me prolongea dans la fonction de popotier tant que je servis au beau 19. Y compris lorsque je n'en fus plus l'officier le plus jeune dans le grade le moins élevé, ainsi qu'il est d'usage pour un popotier qui se respecte.
Etant popotier j'avais un nécessaire lien au vin. Dans mon cas il se résumait au minimum requis : le présenter le moins mal possible - et sans faire aucun lien à ses qualités réelles ou supposées - lors des repas de tradition.
Cependant il m'arrivait parfois de devoir le boire (ou l'offrir à boire si j'étais le fautif) lorsque l'un d'entre nous avait manqué à la tradition chasseur.
Oui : c'est le genre de faute qui se paie cash et en liquide.
Des fautes qui, entre autres choses, consistent en l'utilisation de mots tels que "rouge" pour décrire la couleur de ce qui n'est ni le drapeau, ni la Légion d'Honneur, ni les lèvres de la bien aimée. Car ces trois là - et eux seuls - sont rouges alors que le reste est bleu cerise, même le vin ... mais pas le sang des chasseurs qui est vert, comme chaque Chasseur sait, ou devrait savoir.
Si tu sais pas, tu paie une tournée.

A l'exception des conséquences alcooliques de ces subtilis linguistiques, j'ignorais alors le vin. D'ailleurs, la seule boisson de ce temps là dont je me souvienne encore était un truc sauvage autant que brûlant : ça s'appelait, je crois, le Müller Geist.
C'était une
Kräuterlikör à base de nombreuses plantes, une boisson forte en alcool que l'on buvait chaude après l'avoir enflammée au cours d'un
feuer ritual. Ensuite il fallait vider son verre tout en finesse : d'un trait. C'est à peine s'il n'était pas requis d'écouter du Wagner.
Oui : 1985 n'a pas été rose tous les jours, même lorsque je fus revenu à la vie civile.


Le vin n'est venu que bien plus tard, jusqu'à en devenir œnologue.
C'est là qu'apparait le 1985 vineux !

Une fois f
raîchement diplômé et officiellement recruté, je partais un rien inquiet pour une première mission, au Portugal.

La mission était courte, à peine une semaine. Mais bien que courte elle s'avéra suffisante pour, d'une part, me rassurer et, d'autre part, me permettre de ramener quelques quilles.

Au premier rang de ces bouteilles se trouvait un Taylor's Vintage 1985.
Cette bouteille je l'ai ensuite gardée quelques années - 14 ou 15 ans de plus - avant, finalement, de la sacrifier. Bien sûr trop tôt : en décembre 2010. Le vin ne fêtait alors que son 25ème anniversaire, mais un autre cycle se clôturait par un genre de feuer ritual.
Cette bouteille
avait le bon profil, ainsi que la plupart de celles du même genre qui l'ont accompagnée, dont un Amarone de Masi (1996) qui ntait sans doute pas tout à fait à la hauteur des autres, un superbe vieux Rimage de La Tour Vieille (1995 je crois ? Trop jeune mais déjà splendide, quoi qu'il en soit), et une dernière quille dont je ne me souviens plus.

Bref : ce Taylor's Vintage Port était à tel point magistral que 1985
aurait pu être un bon souvenir.
Mais, décidément, 1985 c'est pas mon truc.

1985 ?

"1985" était le thème de la 85ème édition des Vendredis du Vin, présidée par Audrey Martinez.



Plus d'infos - et bientôt les liens vers les billets des autres participants - sur le blog des Vendredis du Vin.

dimanche 22 mai 2016

Primeurs 2015 à Reignac (et autres bouteilles)




La veille il y avait eu une soirée picole primeurs à Mangot.
Le lendemain, les Gamma GT au taquet, on remettait çà au Château de Reignac.
Les primeurs 2015 de Reignac, puis un repas et quelques quilles, le tout avec certains des participants de la veille auxquels se sont ajoutées quelques nouvelles têtes.
Marrant de mettre des personnes sur des photos et des profils Facebook !


D'abord Reignac 2015 :





Balthus (2015)
Bien sûr il y a les fruits noirs mûrs et les épices douces au nez, au delà cacao et réglisse, car le bois est déjà présent mais reste au second plan.
La bouche est ample, profonde, avec de la chair. Beaux tanins, de la profondeur, là aussi du fruit mûr. Vin équilibré et très long qui s'annonce superbe.


Grand vin de Reignac (2015)
Visiblement y en a qui aiment. Et ils ont raison : fruits mûrs (griotte) mais aussi notes de petits fruits, là aussi l'élevage commence à se faire sentir mais sans excès (épices, cacao).
Belle matière aux tanins présents mais sans dureté, avec la fraîcheur qui allège et prolonge la bouche. Jolie et longue finale.

Il y avait aussi une sorte de match avec une belle série de vins de la Casa Lapostolle / Clos Atalpa.
Les vins de la Casa Lapostolle je les avais découverts en 2009 / 2010.
Alors peut-être en reparlerai je plus tard ?

Au delà de cette dégustation il y eut le repas (arrosé) pris en commun, donc avec les Nicolas. Entre autres convives.






Nous avons bu dégusté et mangé.
Bien, forcément.
Diversifié également.
Bien sur il y a eu un point d'orgue. Il y a toujours un point d'orgue.


Trois vins à l'aveugle et une question simple d'Yves Vatelot : "lequel préférez vous ?"



Nous sommes une douzaine à table, et tous d'accord pour préférer le second. Pour le reste il y a quelques divergences.

Pour ma part j'aime beaucoup le premier qui me semble en avoir encore pas mal sous la pédale et est, sans doute, un poil trop jeune encore. Puissant mais suave à la fois, avec une belle aromatique. Ce jour là sur cette bouteille là, je le mets volontiers en seconde position, même si mes petits camarades ont plutôt tendance à le mettre en 3.

Le second est top : prêt à boire, charmeur, plein et complet. Le joli (très joli) vin du moment. A son apogée, j'imagine ? Même s'il peut encore attendre.

Le troisième et dernier est celui qui me semble le moins convaincant, malgré sa belle aromatique pour un vin fin, équilibré, plutôt charmeur mais qui me laisse malgré tout sur ma faim. Mais le reste de la table le met visiblement en 2 : mon côté médocain sans doute ?



Ouais, fallait quand même oser retenter le coup du GJE et  sortir en simultané les 3 quilles suivantes (et dans l'ordre d'apparition à l'écran) : Latour, Reignac et Cheval Blanc, en 2001.
Rien que çà !
Nota qui va sans dire mais qui va vachement mieux en le disant : au delà du fait de ne pas se dégonfler en tentant la chose, c'est surtout extrêmement sympa (le mot est très faible) de nous offrir la possibilité de goûter ces 3 beaux vins (et tous ceux qui ont précédé et suivi).





C'était un beau moment ... après lequel j'espère que Marion à pensé à récupérer ses lunettes !?







PS : si vous passez à Reignac (et les vins en valent la peine), pensez aussi à passer un moment au jardin des saveurs.
Et pas seulement parce qu'il vous sera d'une aide précieuse lorsqu'il s'agira de mettre un nom sur les saveurs et odeurs que vous croiserez dans les vins.






 Au delà des commentaires qui figurent ci dessous il y a une suite relativement tardive (le 29/05/2016) à ce billet, de façon à préciser certaines choses qui méritent visiblement de l'être.
Merci donc de consulter ce billet : à propos de ma visite à Reignac pour les primeurs 2015.



PPS : même (surtout !) quand c'est bon, c'est

à boire avec modération, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.











samedi 21 mai 2016

Primeurs à Mangot et quelques digressions

Forcément je suis tombé sur la récente interview de Lalou Bize-Leroy dans le figaro vins. On la trouvera en suivant ce lien.
Mais autant le dire de suite : sa lecture n'a rien d'indispensable puisqu'on y retrouve les habituelles joyeusetés. Exemple :

"La vigne, pour moi, ressemble plus à un animal qu'à une plante. Le bourgeon est conçu en juin et il sort en mars, soit neuf mois plus tard. Ce sont de petites coïncidences qui sont fabuleuses. Séparer la vigne de son apex (bourgeon final), ce serait la séparer de la vie qu'elle porte en elle pour l'année suivante."
C'est beau comme du Jacky Rigaux assenant :
"l'Inconscient du vin, c'est sa minéralité"
L'inconscient de vin ? Sans déconner ...

C'est assez incroyable cette aptitude à appuyer sur le bouton branlette intellectuelle, jusqu'à le bloquer sur / ON !
 

Mais LBL n'est pas en reste :
"Tous nos soins sont effectués en fonction du calendrier biodynamique, lorsque la lune, chaque mois, passe devant les constellations du groupe fruit, soit Sagittaire, Bélier et Lion."
Bref : cette interview n'est que le dernier avatar de cette triste routine qui nous sert un globiboulga d'astrologie et d'anthropomorphisme.
A oublier, puisque quant à lui, l'interviewer oubliera très certainement de faire valoir son droit de suite en allant vérifier ce que l'application d'arnica a changé - ou pas - au devenir des vignes gelées.
Non, de mon point de vue, le seul intérêt de ce papier est de me rappeler que je n'ai toujours pas parlé de cette soirée au cours de laquelle j'ai goûté un vin de LBL !

Ouaip : c'était son Bourgogne Aligoté - Sous Chatelet (2010), et c'était à l'aveugle.
Étonnant le truc, et clairement différent de l'image habituelle de l'Aligoté (mais il me faut bien avouer que l'Aligoté, j'en bois chaque fois qu'il me tombe un œil et que je manque donc un peu de références).
Étonnant, rigolo d'un certain côté, et clairement hors norme. Pas de défaut hein ? Pas de défaut, pour autant même si je suis très content d'avoir goûté cet OVNI, je doute fort y retourner pour en entrer en cave (s'il s'avère que je puisse avoir un jour cette improbable possibilité).
Un drôle d'exercice de style, ce vin.


Il
est apparu au cours d'une longue et très agréable soirée chez les Todeschini, après avoir goûté leurs primeurs (et ceux de quelques autres Châteaux).



Entre autres vins, il y avait :





Mangot
(2015)
C'est expressif, ouvert, sur le fruit et les épices. Très belle matière. L'élevage présent mais encore discret en fait une super quille pour là maintenant tout de suite. Alors après son élevage, pour retrouver ce plaisir (avec la complexité en plus), il faudra sans doute revenir après 10 ans de plus ... et ce sera top.



Mangot Todeschini
(2015)
Le même avec une aromatique plus diversifiée. Avec, aussi, une structure plus présente, une grosse et belle matière sans un tanin qui dépasse. C'est déjà remarquable d'équilibre et très long.
Un top canon en devenir !


Il y avait quelques invités, parmi lesquels Nicolas et son Reignac ... dont je reparlerai dans un prochain billet.

C'était aussi la possibilité de goûter le 2015 de Carmes Haut-Brion et sa très belle expression à la fois mûre, fraîche, presque aérienne. En bouche c'est à l'unisson : de la profondeur et de la matière mais la puissance y est contrôlée par le soyeux. Superbe équilibre, longueur déjà impressionnante. Là aussi un très beau vin en devenir.  



 Après il y eut le repas ... et les bouteilles amenées par tel ou tel convive.





Pour moi, ce repas était d'abord l'occasion plusieurs fois avortée de voisiner et discuter avec Nicolas.
Et, donc, de deviser sur tel ou tel vin. De picoler. Car des vins il y en eut beaucoup, trop peut-être ?
Aussi, au delà de l'Aligoté évoqué plus haut n'évoquerai je que certains d'entre eux.
Forcément commencer par les deux que j'avais amenés afin de jouer sur les oppositions rive droite / rive gauche et appellation reconnue / roturier.

Domaine du Bouscat - La Gargone (2002). Bordeaux supérieur.
Gros vin par son expression, sa structure, son harmonie.
Y a du vin, et du bon.
Gros vin qui n'en est de toute évidence qu'au début de son histoire tant son potentiel est évident.



Ch
âteau du Tertre (2002). 5ème CC de Margaux (en magnum).
Suis moins enthousiaste sur ce vin qui semble à maturité mais dont le toucher de tanins et la finale me laissent un rien perplexe.
Pas l'extase.




Maintenant aborder certains vins qui, pour telle ou telle raison n'ayant le plus souvent rien à voir avec leur qualité, m'ont plus marqué que les autres
.
Par exemple cet étonnant Château Mangot (1947).
Bien sur il y avait baleine sous caillou et il était évident que ce vin n'était pas un perdreau de l'année ... pour autant de là à lui donner les 69 ans qu'il portait encore gaillardement !?
Belle quille dans l'absolu. Alors forcément si on ajoute au plaisir des sens celui de boire ce genre de vieillerie et d'en être charmé ...
(mais rien à redire aux petits frères Mangot 1998 et 2001).



Château Fontenil (1999). Fronsac (en magnum).
Une autre grosse bouteille !
Très belle expression de fruit noir, d'épices et un chouia de truffe. En bouche c'est fondu, harmonieux, élégant et j'aime beaucoup.



Y avait plein d'autres choses ...

Allez, une dernière agréable découverte pour la route, juste pour dire que nous n'étions pas que franco français ...


Sur ce il me reste à me préparer pour la dégustation "Côtes de Castillon - 2012" qui commencera dans à peine 2 heures ... et dont je reparlerai sans doute plus tard, quand j'aurai pondu tous les trucs qui me trottent en tête. Au moins certains.


En tous cas cette dégustation à suivre est l'occasion de rappeler que :
L'abus d'alcool est dangereux. Consommer avec modération.