vendredi 21 octobre 2016

Pas si beau, le Canard.


Il y a 15 jours, sous le chapeau "conflit de canard", le Canard Enchaîné sortait un article traitant du vin avec un angle et surtout des arguments qui me laissaient perplexe. 
Je m'en expliquais donc dans ce billet (billet qui a d'ailleurs plutôt bien fonctionné, merci le Canard).

Et là, paf, ils remettent le couvert, mais en montant d'un cran :
 
"Pas si beau , le vin bio"



A nouveau, tant le ton que les mots et les arguments choisis me laissent pantois. 
D'autant plus pantois qu'il me semble que sur le sujet choisi (la transparence et l'étiquetage des vins en général, et des vins bio en particulier), il y a matière à discussion sans avoir besoin de tomber non seulement dans la caricature mais aussi - mais surtout - dans le grand n'importe quoi.

En effet, que nous dit ce papier :
"la "vinification biologique" qui autorise pas moins de 37 ingrédients"

Les mots ont un sens. 
Or si j'en crois mon Lexis (édition de 1992) - et en la matière j'ai tendance à croire mon Lexis - un ingrédient "lat. : ingrediens, de ingredi, commencer" c'est :

"Ce qui entre dans une composition, un mélange (substance, liquide)".
On pourra donc, me semble t'il légitimement, se demander comment il se fait que lorsqu'il s'attaque au Règlement d'exécution (UE) No 203/2012 de la commissionLe Canard Enchaîné qualifie d'ingrédients (donc "Ce qui entre dans une composition, un mélange (substance, liquide)") des substances aussi diverses que :
- l'azote gazeux, le gaz carbonique ou l'argon qui peuvent être utilisés pour créer une atmosphère inerte au dessus du vin et le protéger.
Ils n'entrent donc pas dans la composition du vin, puisqu'ils ne sont là que pour empêcher la présence d'oxygène dans le ciel de la cuve (ce qui réduirait la qualité du moût ou du vin).
- les perlitecellulose et terre à diatomées qui peuvent être utilisées pour filtrer le vin et le séparer de tel ou tel ... de ses ingrédients (le règlement précise d'ailleurs qu'ils sont autorisés "Uniquement comme adjuvant de filtration inerte").
Ce que dit Le Canard revient à affirmer que le filtre à café entre dans la composition de votre café matinal. 
On a connu le volatile plus crédible.
- l'ensemble des produits de collage (et il y en a une tartine, dont on trouvera le détail dans le texte réglementaire accessible via le lien plus haut, ce qui s'explique aisément par leurs affinités respectives pour tel ou tel type de vin et telle ou telle problématique) qui, comme les media de filtration, ont pour but de clarifier le vin. Ils ne doivent donc en aucun cas y rester ni entrer dans sa composition, ce serait l'exact contraire du but de leur utilisation. Ils doivent, au contraire, retenir et ôter un certain nombre d'impuretés pouvant par exemple augmenter la turbidité et le trouble du vin.
A ce stade il serait possible de revenir sur la désopilante réglementation qui oblige à indiquer sur l'étiquette "contient du lait" si l'on a utilisé de la caséine de lait pour coller son vin et que l'on ne fournit pas d'analyse attestant de l'absence de caséine.
Désopilant règlement car le lait est un produit strictement interdit dans le vin. Donc "contient du lait", c'est un plaisir d'esthète.

Puisque nous sommes en octobre 2016, je jette un voile pudique sur le cas du sulfate de cuivre (qui faisait pourtant l'objet d'une attaque ciblée du Canard dans son précédent papier) puisque le règlement précise qu'il est autorisé : "Jusqu’au 31 juillet 2015 uniquement". 

La liste des 37 ingrédients vient soudain de subir une sérieuse cure d’amaigrissement ...


Mais ce n'est pas fini.
Pour gagner du temps, et passer directement aux mets de choix, je compte pour rien la résine de pin d'Alep (qui est exclusivement réservée aux élaborateurs de « retzina »), et le sulfate de calcium (uniquement autorisé dans le cadre de la production de "vino generoso").
Ce sont bien des ingrédients.
En même temps, faire du retzina sans ajouter de résine ...

Les mets de choix ?
"Il faut dire qu'un abondant saupoudrage de levures permet de produire des vins aux arômes standardisés, avec moins de main-d’œuvre"
Là y a du boulot.
Y a du boulot car dans un premier temps je comptais pour rien le "saupoudrage abondant".
C'était une erreur.
C'était une erreur, car ce « saupoudrage abondant » n’a rien d’anecdotique !

Que nous dit l’auteur ?
Il nous dit que l’on saupoudre un produit, en grande quantité, et que cela donne des arômes au vin.
Autant dire qu’il s’agit d’une poudre chimique, chargée en arômes de façon douteuse et probablement frauduleuse.

En fait la dose d’utilisation habituelle des levures sélectionnées est de 10 à 20 g de levure par hectolitre de moût.
20 g pour 100 litres !?
Ça me donnerait presqu'envie d'aller chercher la définition du mot "Abondant" dans mon Lexis ...

En outre, les levures ne peuvent s’utiliser qu’après une réhydratation faite selon un protocole précis, faute de quoi elle seront incapables de faire leur travail : ce sont des organismes vivants qui ont des conditions de survie et d’activité bien précise.
Les saupoudrer sur une cuve c’est les condamner à mort.
Ceci dit, à propos des levures et des arômes du vin je renvoie, pour changer, à un autre de mes billets.


A ce stade deux options co existent : soit l’auteur est une truffe qui ne comprend rien de rien à ce qu’il prétend décrire, soit c'est nous qu'il prend pour des truffes en nous assénant son : « abondant saupoudrage de levures » qui selon lui «  permet de produire des vins aux arômes standardisés ».

Il me faut ajouter, de préférence sans rire, que je ne comprends pas tout à son : « avec moins de main-d’œuvre ».
Avec moins de main-d’œuvre !?
Est-ce à dire que levurer supprime les emplois d’ouvriers de chai qui, sinon, auraient - à la force de leurs petits bras musclés - transformé le raisin en vin (et en arômes) ?
A la limite, les levures sélectionnées c'est même plutôt avec plus de main d'œuvre : en effet ces levures il faut d'abord les réhydrater, éventuellement les acclimater puis enfin les incorporer.


Je présume donc que cette détestable dialectique avait pour seul but de justifier ce qui précède :
« Le lobby de la bio-industrie a aussi torpillé l’amendement d’un parlementaire belge qui voulait rendre l’étiquette plus transparente, en indiquant l’ajout de levures et la quantité de sulfites ».
Cet amendement, je l’évoquais à la toute fin d’un précédent billet, et ma position n’a pas bougé d’un iota.

Il n’y a donc aucune raison de passer la journée là-dessus.


Seulement dire que sans levure il n’y aura pas de vin (ce sont elles qui transforment le sucre du raisin en alcool et donc le jus de raisin en vin) et que dans le vin il n’y a plus de levure : elles y meurent puis disparaissent en sédimentant (voir photo ci contre) avant d'être soutirées.
Alors quel sens y aurait-il à indiquer sur l’étiquette qu'on a utilisé des levures qui sont systématiquement présentes pendant la fermentation alcoolique et qui sont tout aussi systématiquement absentes du vin fini !
Sélectionnées ou indigènes, toutes sont des Saccharomyces cerevisiae qui n'ont pas de différence intrinsèque.

A ce compte là, tous ceux qui font de la prise de mousse n’ont pas le cul sorti des ronces : les Crémants et Champagnes s’obtiennent en effet par seconde fermentation après ajout de sucres et de levures à un vin « tranquille » (= sans effervescence).
Et c’est mal nous dit-on dans Le Canard Enchainé.
Quid également des quelques Châteaux qui ont sélectionné chez eux et pour eux une levure issue de leurs vignes ou leurs chais ? 
Une fois qu'elle est sélectionnée ils ne peuvent plus l'utiliser sans avoir à se dénoncer ?

Certes l’info pourrait être utile si ces levures étaient OGM (cela aussi j’en parle dans un de mes billets), mais en Europe (la situation est différente aux USA) on n’utilise pas de levure qui soit un OGM.


Nous avons également droit à un délicieux couplet sur le soufre.
« Quant aux sulfites employés, notamment, pour clarifier le pinard »

Pour clarifier le pinard !?
Ah ben il va vite falloir faire une communication à l’Académie des Sciences ! Car à ce jour tout le monde pensait bêtement que les sulfites permettaient de lutter contre les micro-organismes, ainsi que contre l’oxydation et pouvaient en outre aider à l’extraction de la matière colorante.
Or la vérité est enfin révélée par le canard : les sulfites sont des clarifiants.
Ou alors Le Canard dit, encore une fois, n’importe quoi.
(Je crains que cette dernière option ne soit la bonne).

« Au-delà de 50 mg/l, soit la moitié de la dose autorisée par Bruxelles pour le vin bio, en plus de filer mal à la tête, ils trahissent, d’après les puristes, un travail peu méticuleux »
Comment dire … oui : n’importe quoi.
Encore.

* Mal de tête ?

La cause généralement admise est celle de la destruction de l’hormone anti diurétique par l’alcool du vin. Cela entraîne, donc, une déshydratation qui cause le mal de tronche du lendemain, du moins si l’on n’a pas eu la prudence de boire de l’eau pour compenser les pertes.
En outre, une récente étude postule que le mal de tronche pourrait venir de l’éthanal, un composé qui se forme par oxydation de l’éthanol (donc par exemple quand le vin n’est pas protégé … par du soufre).

* « Travail peu méticuleux »  ?
C’est naze ce genre de truc. Vraiment naze.
T’en foutrai moi, du « travail peu méticuleux » !
La quantité de soufre doit s’appréhender en fonction du type de vin, du niveau de risque et de divers paramètres tels que l’acidité du vin.
Dire que les vins contenant plus de 50 mg/L de soufre sont la conséquence d’un « travail peu méticuleux » est d’une rare bêtise … et témoigne d’un culot monstre quand cela vient de quelqu’un dont le travail d’enquête ayant précédé l’écriture de son article a visiblement été si … méticuleux.

Mais, on me le fait remarquer sur Facebook et je reviens donc sur ce billet fini à l'arrache, j'omets de répondre à la demande d'étiquetage des quantités de soufre.
Deux réponses :
- j'évoquais plus haut les fonctions du soufre dans le vin. Du fait de ces fonctions, la teneur du vin en soufre est évolutive : la quantité dosée juste après mise en bouteille n'est pas représentative de la quantité que le consommateur trouvera dans le vin au moment de sa consommation. Je crains fort que, sauf pour des vins de rotation rapide, cette information (la quantité de soufre) ne soit donc pas très pertinente. Sans compter qu'elle doit s'appréhender non en valeur absolue mais en relation en particulier avec le type de vin et son niveau d'acidité.

- on m'évoque la question de l'intolérance aux sulfites (intolérance et non pas allergie. Plus d'informations ici). Je ne suis pas sur (pas sur du tout ...) que la quantité de sulfites lors de la mise en bouteille soit une information qui change la donne pour les intolérants amateurs de vin.
(nota : j'ajoute ceci car on vient de m'en faire la remarque, mais je signale tout de même que cette question de l'intolérance n'est pas évoquée dans le papier du Canard ... or je ne prétends à l'exhaustivité, je ne fais que répondre à l'article qui figure ci dessus).

Je n'aborde pas, non plus, le cas des réels additifs puisque le canard n'évoque aucun d'entre eux. Ce qui est quand même hallucinant ! je pourrai, le cas échéant, y revenir dans les commentaires de ce billet.




Bref : en matière d’enquête sur le vin, je ne saurais trop conseiller de se fier au seul canard qui maîtrise à peu près le sujet : l’irremplaçable Canardo.


L’autre n’est clairement pas au niveau. Même s'il porte un col blanc.






Jouant un peu et testat mes arguments, j’ai déjà fait part de certaines de ces remarques sur tel ou tel réseau social.
On m’y a alors fait diverses objections :

« on est pas au cfj en train de faire une thèse sur la vérité dans le journalisme : le socialiste Eric Andrieu s'oppose aux fondements de la transparence dans le vin bio. Point on vous collera un article plus rigoureux plus tard »
Voilà, tapons sur le socialiste : par les temps qui courent c’est un sport que l’on peut pratiquer assez facilement en se faisant plein de potes.
Un passe-temps très social, quoi.
Sauf que même si c'est trop cool de taper sur un socialiste, autant le faire pour de bonnes raisons (parait qu’il y en a quelques-unes) et certainement pas à partir d’arguments foireux. Et s’il y a des trucs plus rigoureux à dire autant les dire de suite, pas plus tard.


« des approximations techniques ; le sujet de l’article c’est le lobbying d’eurodéputés vs la transparence »
Ce ne sont pas des approximations techniques : ce sont au mieux des erreurs grossières, au pire des mensonges éhontés. Et j’ai beaucoup de mal à concevoir que l’on puisse défendre la transparence en utilisant de telles méthodes.



Sinon, pour revenir à l'article : je ne sais pas bien ce que çà veut dire, du bio industriel.
Y a un cahier des charges bio.
Tu le respectes ? tu es certifié par un organisme de contrôle ?
Alors t’es bio.
Et ce quelle que soit ta taille.
Mais le fond du problème, au moins pour Le Canard, semble être que le bio industriel c’est vachement moins bien que du bio de petit producteur indépendant.
Small is beautifull, tout çà.

Quant à savoir quelle est la différence objective pour le consommateur … sauf que çà se fait pas d’aller acheter du bio en GD. 

Mystère ..

Bon en fait on sait : la GD c’est le mal.
Donc forcément le bio de la GD, en fait c’est pas du bio. C'est du bio industriel
Alors si jusqu'à présent c'est du bio, c'est du fait de l'indigence et/ou la corruption des politiques et il faut urgemment trouver un moyen pour que ce n'en soit plus, du bio.

En revanche, moi, qu’il y ait du « bio industriel » çà me réjouirait plutôt en me montrant que le vin bio est un truc qui convainc et se développe.
Pourtant il semblerait que pour certains – dont Le Canard – cela doive rester quasi confidentiel, le vin bio. 


Peut-être le volatile fait-il là un putain de contre sens ? (en plus d’accumuler les erreurs factuelles).




lundi 17 octobre 2016

Mes cantines. Médoc : "L'Embellie"


Parmi mes cantines médocaines il y a "La Petite Gironde" et "Le Saint Seurin" dont j'ai déjà parlé dans de récents billets. 
Plus au sud, il y a "L'Embellie".
Mon premier repas à L'Embellie, je le dois à Françoise et Stéphane, le jour où, alors que je quittais Saint Christoly, ils m'ont demandé si je pouvais descendre deux cartons de Petit Manou ... à L'Embellie
J'étais passé devant à de multiples reprises et ne m'y étais jamais arrêté. C'était l'occasion, d'autant plus que le choix de vins est remarquable, le lieu sympa et que le menu du jour était plaisant.


A L'Embellie : eau, vin et soleil.

Depuis je me suis régulièrement arrêté, et pas pour livrer du vin.

L'une des dernières fois il faisait encore beau et la vaste terrasse était donc ouverte.

Comme souvent, je suis parti sur le menu du jour, à 15 €.





D'abord le velouté de butternut et patisson.

Ouais, je sais : il faisait beau et il y avait du soleil ... m'enfin une petite soupe (enfin, un velouté ...) était une bonne idée (l'autre option étant un feuilleté jambon, oignon et emmental).



Ensuite, au rôti de porc au miel et sa poêlée de brocoli aux amandes j'ai préféré le filet de merlan et boulgour aux agrumes.
Jolie présentation, beau travail sur les saveurs et les contrastes, y compris de températures.
Beau travail. 
Vraiment.



Dessert juste remarquable : une pêche de vigne rôtie et crème au mascarpone. 

J'adore.











Mais le dessert de ce midi avait aussi salement de la gueule et était digne d'éloges, côté saveurs !





A propos de midi : aujourd'hui, à midi, y avait du monde l'air de rien.
Ben comme d'hab, en cuisine ça a envoyé et ça a envoyé de beaux et bons plats. 

Puis en salle çà a largement suivi, sans perdre ni en efficacité, ni en agréabilité. 
A preuve : on est quasiment venu me chercher aux toilettes (private joke)  - où j'allais regarder les photos - pour me servir un verre de vin (le Cygne de Fonréaud (2015), joli vin même si j'ai souvent du mal dans ces jeunes années à cause d'un boisé marqué. Question de préférence personnelle plus qu'autre chose.)





L'Embellie est une adresse vraiment très recommandable.
Une adresse où l'on pourra aussi se pencher sur la belle carte qui a des propositions très intéressantes.



L'Embellie
8 Avenue de Soulac
33480 Listrac-Médoc







dimanche 16 octobre 2016

Mes cantines. Médoc : "Le Saint Seurin"

Je l'évoquais dans mon précédent billet : mes midis médocains sont à peu près équitablement répartis entre 3 ou 4 adresses. 
Parmi celles ci, il en est une que je fréquente avec plaisir depuis un peu plus longtemps que les autres : Le Saint Seurin, dont j'ai déjà parlé sur ce blog.


Sans doute est-ce très con, mais dès le premier jour Le Saint Seurin s'est avéré familier. C'est l'effet de son carrelage, celui de la cuisine de ma grand-mère.
La mémoire est une garce : je ne suis finalement pas si sur que le carrelage de la cuisine de Carcassonne ait réellement été identique. Peut-être était-il noir et blanc, et pas disposé en si gros carrés unis ? ou pas. Je ne sais plus. C'est marrant comme un détail insignifiant se retrouve tout d'un coup porteur d'une grosse charge émotionnelle et te prend le chou !

La couleur du carrelage de la cuisine de ma grand-mère, ou pas ?

C'est en partie pour çà que je ne mange plus dans la salle du Restaurant mais, à côté, dans celle qui fait aussi bar.
Pour çà, pour ce côté nostalgique.

 
Ce n'est pas seulement la nostalgie du carrelage, mais aussi celle qui diffuse du vieux flipper "Vulcan" et, de l'autre côté de la salle, du juke-box.









 




A propos du juke box : je tiens quand même à préciser que j'étais plus Kraftwerk que Richard Anthony ou Anny Cordy.




Quoiqu'il en soit du carrelage, du flipper et du juke-box, si on mangeait mal je n'y reviendrais plus.
Or il y a un juke-box, un flipper et un carrelage régressif ... et on y mange bien, très bien même !
Alors j'y viens et reviens.



Ce jour là, la couleur était sur le flipper et dans la salade de tomates de l'entrée.
C'est très con une salade de tomate. C'est très con, tellement con que la banalité est au rendez-vous, fatalement.
Pas là. 
Pas là car c'est beau, c'est bon et c'est savoureux. Simple, bon et et qui malgré la simplicité te surprend et te fait sortir de tes habitudes.



On change de registre avec le plat.

Car sur le plat, au delà de l'apparente simplicité il est évident qu'il y a un bel et bon travail sur la structure et la couleur.

Mais aussi, mais surtout, un très beau travail sur les saveurs et les textures. 
"Bien sûr" tout cela est cuit à la perfection.


Il y avait un superbe et délicieux dessert.
Tip top, les nectarines pochées.
Remarquable






J'y suis revenu plus récemment, et c'était toujours aussi beau et sympa (je parle aussi bien des plats que de l'accueil en salle ou par le jeune chef qui officie ici).



Il commençait à faire un peu froid et je suis donc parti vers la soupe paysanne de midi, aux légumes agréablement craquants. Même combat que pour la salade de tomates : un plat d'apparence simple, un plat qui vient du quotidien, et qui réussit à ne pas renier ses origines tout en étant réinventé.


Me faut-il vraiment en rajouter sur l'irréprochable dessert ?





Pour ne pas être qu'un gros bisounours attendri par la qualité des prestations (j'ai une réputation à préserver), je ferai juste un tout petit bémol : le pain, sans être mauvais, n'est pas à la hauteur du reste des prestations.
C'est un détail qui, si j'ai bien compris, est en train d'être corrigé.


Quoiqu'il en soit du pain (et du carrelage de ma grand-mère), on accède à tout ceci avec la formule de midi à 14 €, et c'est imbattable.


Bien sur, un joli choix de vins des vignerons des environs, vignerons que l'on croisera assez régulièrement attablés dans l'une ou l'autre salle.
Vins au verre qui changent régulièrement.


Le Saint Seurin
3 square du maquis des vignes Oudides
33180 Saint-Seurin-de-Cadourne

samedi 15 octobre 2016

Mes cantines. Médoc : "La Petite Gironde"


La Petite Gironde fut le grand journal du Sud-Ouest, du moins jusqu'à ce que les ordonnances de 1944 ne décrètent la dissolution des titres de presse ayant paru ou continué à paraître sous l'Occupation. 
C'est Sud-Ouest qui lui a succédé.

Aujourd'hui, La Petite Gironde est  un restau qui se trouve dans la rue piétonne de Lesparre, l'endroit où tu ne passes pas par hasard.



Pourtant ce jour là j'y passais un peu par hasard, cherchant un endroit où manger un morceau en attendant un rendez-vous non loin.
En effet : mes cantines habituelles (L'Embellie ou le Saint Seurin) étant  un peu éloignées, il me fallait trouver un autre lieu.
Je me suis donc arrêté à La Petite Gironde, et bien m'en a pris.


Au mur de nombreuses gravures, et quelques pages de La Petite Gironde.
Si les nouvelles ne sont pas ni très bonnes ni très fraîches, les mets le sont, eux. 

Et çà vaut mieux que le contraire.



A preuve ce tataki de thon avec lequel tout à commencé.

Parfaite cuisson, c'est à dire qu'il n'est quasiment pas cuit, bel accompagnement de légumes savoureux et eux aussi joliment cuits et craquants.

Ce jour là il y avait un dessert sympa : fraises et chocolat.
Je n'en mets pas ma photo, qui est pourrie.








Forcément il fallait y retourner.
Cette fois pas par hasard.

Encore une fois sans réserver et c'est sans doute une mauvaise idée car la salle et petite et semble se remplir vite !
D'ailleurs : un peu à la rue le service (par ailleurs très sympa), ce jour là.



Mais en cuisine çà continue à assurer, et à assurer grandement.

D'abord avec cette belle et bonne "petite" soupe de midi.
Très très cool la soupe.





 





Ensuite avec d'irréprochables lasagnes de saumon.

Ils tiennent salement la route, les lasagnes ! 
Belle texture d'ensemble et cuisson maîtrisée de chacun de leurs ingrédients.
Top.


 



J'y suis retourné une troisième fois, et en ai profité pour goûter à l'assiette végétarienne (oui, je suis un psychopathe). Bien évidemment, l'assiette végétarienne était un modèle du genre.

A chacune de mes trois visites le rapport qualité / prix a été du genre imbattable.


J'ai failli oublier : côté pinard, le choix est avant tout local et resserré mais avec de jolies références à des prix très acceptables (puis de toutes manières, moi, à partir du moment où il y a du Petit Manou sur la carte des vins ...).



Désormais celle ci est chez moi

Bon, ceci dit le choix premier, à La Petite Gironde, c'est - bien sûr au delà des mets - le choix de gravures !


Car il y a, près de la caisse, une série de gravures que j'ai la faiblesse de trouver enthousiasmantes.
On peut les acheter.
Alors je me retiens pour ne pas craquer sur celle des lapins (et deux ou trois autres), mais ne suis pas totalement convaincu que j'y arriverai durablement ...






Le travail de chai,
ce grand moment de bonheur



La Petite Gironde

36, rue Jean-Jacques Rousseau 
 33340 Lesparre-Médoc

09 81 67 89 39



dimanche 2 octobre 2016

Le procès de Guignol


Dans les semaines qui ont suivi la publication de mon papier dans En Magnum n°4 il y a eu des remous sur les réseaux sociaux. En particulier chez certains accidentés de l'avis. 

L'un d'entre eux, Guignol, endossait le costume (trop grand pour lui) d'un Fouquier-Tinville de banlieue et me convoquait à l'un de ces débats dont Facebook a le secret.

Un procès, plus qu'un débat.




 

C'était, bien sur, un lynchage qui se prétendait débat. Un débat particulièrement équilibré puisqu'il ne m'était pas possible d'y participer (à supposer que j'en ai eu l'envie). 
Dans un "débat" où le ton était donné dès le commencement puisque je m'y faisais accuser de vendre des "produits cancérigènes", il fallait bien qu'ensuite je me fasse traiter de "gros con", de "polémiqueur en mocassins à gland", pour finir par être qualifié de "lâche". 
Tout ceci entre autres niaiseries qui donnent une idée de la tenue et la valeur du dit "débat".

Pourquoi cela ?
A cause d'une remarque que je faisais dans une autre discussion à propos de la pensée de Rudolf Steiner et de ses implications. 

Cette remarque est la suivante :
"Mais en ce qui concerne Steiner, là où le bât blesse c'est que l'ensemble de son discours a une certaine cohérence : tout coule de la même source et s'entre soutient.
On ne parle pas ici de la distinction que l'on peut faire chez Céline entre ses idées et son écriture. Chez Steiner, les thèses racistes s'appuient sur les mêmes raisonnements que les discours
anthroposophiques et biodynamiques
 Il faut indiquer que cette citation est bien sur tronquée, sinon ce ne serait pas drôle. Juste avant il y a :
"Il n'empêche que "dans le contexte de son époque", Zola a écrit "J'accuse", ou Albert Londres "Le Juif errant est arrivé". OK : tout le monde n'est pas obligé d'être Zola ou Londres, et le contexte était ce qu'il était."
et juste après j'avais ajouté : 
" (cf "L'âme des peuples").
Pour le reste : le vin, en effet, ne prouve rien et ne suffit pas à valider ou invalider les affirmations de celui qui l'a vinifié. Ce n'est donc pas de cela qu'il s'agit.
"

Comme on ne voulait (ou ne pouvait ?) visiblement pas me comprendre j'ajoutais, en désespoir de cause :

"je conçois que l'on puisse faire abstraction des écrits antisémites de Céline quand on s'intéresse à son œuvre littéraire. Car qu'il ait fait cet usage de son talent ne fait pas disparaître le talent. Je continue les sous titres : pour Steiner cela me semble très différent. Très différent et très difficile de faire abstraction de ses écrits racistes et de ne garder que ce qui convient, en jetant un voile pudique sur le reste. Car, encore une fois, l'ensemble de ses écrits - racistes ou pas - repose sur un même socle de pensée. Il y a, dans la production de Steiner, une interdépendance que l'on ne trouve pas nécessairement chez Céline ou chez tel ou tel écrivain, musicien ou chef d'orchestre."

J'aime bien qu'on me prenne pour un con, mais faut pas que ça dure trop longtemps.
Je reviens donc sur le sujet pour, d'une part, préciser ma pensée - s'il en était besoin - et, d'autre part, dire sur quoi je la fonde.


Tout d'abord il va de soi, et il faut vraiment rien avoir dans le citron pour prétendre - comme l'autre pignouf - ce genre de chose, que mon propos n'est pas de traiter les biodynamistes d'odieux racistes. Ni même de nier la qualité de tel ou tel vin se revendiquant de la biodynamie : certains me plaisent beaucoup, d'autre moins, voire pas du tout, et ce constat n'a pas vocation à prouver quoique ce soit.

Non, c'est juste que, bien sur, certains aspects pratiques de la biodynamie me laissent souvent perplexe. Sur ce sujet voir, par exemple deux de mes billets sur ce blog :
-  "
A propos de la biodynamie et de son cosmique de répétition". Nota : malgré la similitude de titre ce billet n'a rien à voir avec l'approche retenue dans le papier pour "En Magnum",
ou bien encore :

- "la maman chèvre, les 7 chevreaux et le biodynamiste"

Mais c'est aussi - surtout ! - que le système de pensée de
Steiner, sa vision du Monde et de son organisation me dérangent profondément.
L'homme, son parcours et l'image que certains en donnent, tout cela je l'évoquais en contrepoint à un autre article d''
En Magnum n°4" dans mon billet : "En Magnum numéro 4 : à torts et à Raisin", je ne pense pas qu'il soit utile d'y revenir ici.
Juste rappeler que Steiner est le fondateur de l'anthroposophie, une discipline qui prétend permettre à l'Homme d'accéder aux champs spirituel, astral et éthérique et partant de là (grâce à un mélange d'intuition et d'accès à ces champs ouverts aux seuls initiés) de proposer des applications pratiques dans de multiples domaines qui vont de la médecine à l'agriculture en passant par l'éducation et les arts.
Il propose un système d'explication du Monde et prétend dire ce qu'est la position de l'Homme dans le Monde.
Je devrais dires
des Hommes.
Car selon
Steiner les humains sont bien différents, son ouvrage "Âme des peuples" en témoigne.
 

"Âme des peuples" reprend une série de conférences qu'il fit au tout début du XXème siècle.
Ainsi, le sommaire de sa sixième conférence (faite au matin du 12 juin 1910) annonce t'il un programme évocateur :

"- L'action concourante des Esprits normaux de la forme et des Esprits anormaux de la forme (Esprits de la race) afin que naisse une humanité différenciée selon les races.
- Le soleil, région d'où agissent six Esprits normaux de la forme ; la lune, région d'où agit le septième (Iahvé).
- Les esprits anormaux de la forme (Esprits de la race) ont pour centre les cinq autres planètes. - Mercure agit sur la race noire, Vénus sur la race malaise, Mars sur la race mongole, Jupiter sur la race caucasienne et Saturne sur la race indienne.
- Les Esprits de la race interviennent dans le système glandulaire, dans le système nerveux et dans le sang.
- La particularité du peuple sémite.
- Le peuple grec, peuple de Zeus.
- Bouddha, Zarathoustra et Scythianos.
- Paroles d'un chef indien au conquérant européen à propos du Grand Esprit.
"
Pour lui les races sont bien différentes et ces différences sont, bien entendu, la conséquence des effets conjugués du cosmos et du sol (je n'ose écrire "terroir").
Moi, je suis soumis à Jupiter et c'est plutôt cool.
Ce serait encore plus cool si, comme Steiner, j'étais né en Autriche. Ça c'est le summum de la coolitude. 

Pas de bol je suis né à Carcassonne. 
Mais, bon, Jupiter c'est la grande classe quand même.
La grande classe car, toujours dans "Âme des peuples" on trouve :
« L’africain est infantile, l’asiatique juvénile, l’européen mature. Cela correspond tout bonnement à une loi.
.../...
On pourra certes nous objecter que dans ce cas, l’Européen est avantagé par rapport aux races noires et jaunes ; mais en réalité aucune race n’est défavorisée, du fait que tous les hommes s’incarnent dans les différentes races au cours des vies successives  
»
Voilà : on est supérieurs et donc honteusement avantagés mais, bon, avant nous aussi on a été désavantagés. Donc faites pas chier les autres : votre tour viendra.
Plus tard.

Puis en même temps on s'en branle parce que les seuls (toujours selon Steiner) à avoir une véritable pensée sont les Aryens car ils utilisent leur cerveau frontal. Donc les autres pas sur qu'ils se rendent compte qu'ils sont désavantagés. Je vous passe les détails sur les autres peuples, c'est pas gai ... c'est d'autant moins gai que, toujours selon Steiner, les indiens d'Amérique n'ont pas disparu à cause des colons mais juste parce que leur race était sur le déclin.

Tout cela, et bien d'autres choses, est abordé dans la 4ème conférence qui a donné "Âme des peuples", c'était le 10 juin 1910 et au programme il y avait :

"- Accession prématurée de l'être humain à la conscience du Moi dans le premier tiers (d'évolution ascendante) de son existence.
- Le dernier tiers (d'évolution descendante), marqué par le déclin de l'organisation éthérique et astrale.
- L'élément racial, lié à l'origine à la région de la terre où l'on vit, et ensuite à l'hérédité.
- L'élément productif que contient la civilisation décline à mesure qu'elle avance vers l'ouest.
- Il faut que le Centre européen devienne conscient des forces productives qui lui sont propres.
- L'ethnie tient le milieu entre la race et l'individualité."

Oui : si l'on en croit Steiner, les races ont en effet des stades de développement. Au centre (en Autriche) c'est le top. Plus on s'en éloigne et plus ça craint, surtout vers l'Ouest où les carottes sont cuites.
Ainsi, Africains = enfance, Asiatiques = adolescence, Européens = âge adulte (surtout les autrichiens, tout particulièrement ceux qui sont nés dans le village de Steiner) et pour finir (c'est le cas de le dire ...) Indiens d’Amérique = vieillesse.
Voilà : le déclin des Indiens, ce ne sont pas les Winchester qui en ont décidé, c'est le cosmos.
Et contre le cosmos on ne peut rien.
Sauf attendre de se réincarner dans une race plus jeune, mais pas trop jeune quand même, faut pas déconner non plus.

« ce n’est pas pour le plaisir des Européens que la population indienne a péri, mais parce que la population indienne devait acquérir les forces nécessaires pour l’amener à périr »

Avec la réincarnation faut pas déconner du tout d'ailleurs, car l'air de rien on n'est pas à l'abri d'une grosse embrouille si on fait pas super gaffe.
Car que nous dit Steiner sur le développement du fœtus ?

« Je me suis rendu récemment à Bâle où j’ai trouvé la liste des dernières parutions : il y avait un roman ‘nègre’ qui s’inscrit tout à fait dans la lignée d’une infiltration progressive de la civilisation africaine dans la civilisation européenne contemporaine. Partout on exécute des danses nègres, partout on sautille comme des nègres. On va même jusqu’à produire ce roman nègre. (…) Je suis convaincu que s’il sort encore un certain nombre de romans nègres et que nous en donnons à lire aux femmes enceintes, notamment dans les tout premiers temps de leur grossesse, où elles manifestent aujourd’hui parfois de telles envies – si nous leur donnons des romans nègres, il n’est absolument pas nécessaire que des nègres viennent en Europe pour qu’il y ait des mulâtres ; l’esprit de ces lectures donnera naissance en Europe à un bon nombre d’enfants tout gris, qui auront des cheveux mulâtres, des enfants qui auront l’apparence d’enfants mulâtres. »
(Menschheitsentwicklung und Christus-Erkenntnis)


Bref ...
Au travers de ces quelques exemples il me semble que Steiner a bel et bien théorisé, expliqué et justifié le racisme.
Et ceci me pose problème.

Il me semble également que, pour ce faire, il s'est servi du même modèle, de la même vision du Monde, du cosmos et de leurs interactions que pour toutes ses autres propositions.
Et cela me pose un autre (putain de) problème quand on en vient, par exemple, à la biodynamie.
Ceci dit, bien sur, sans préjuger ni des convictions de tel ou tel biodynamiste, ni de la qualité de ses vins.





samedi 1 octobre 2016

Marcher sur ce chemin à la con avec ces chaussures de merde


C’est dans le Lot, à Escamps, et on n’y passe pas par hasard : Escamps est un peu paumé et, une fois à Escamps, un GPS à jour est vivement conseillé.
On y passe d’autant moins par hasard que la réservation est obligatoire. 
Pas conseillée : obligatoire.
En outre on n'y reçoit pas plus de 12 personnes par service, et c'est pour un menu unique décidé en fonction des souhaits et rejets des convives ... ainsi que de ce qu’ils ont mangé lors de leurs précédentes visites. 
Oui : à Escamps, au Clos Caché, on ne vous sert pas deux fois la même chose. 

L’avantage d’appeler en premier est que l’on choisit la base, sinon le menu. 

Donc forcément poisson.
Ce soir là nous serons 6 à dîner, assez près pour pouvoir échanger quelques regards et quelques mots si nous le souhaitons, mais suffisamment éloignés pour préserver notre intimité.

Après l'accueil par Denis, puis Mireille, qui ont tous deux un parcours (et un projet) qu'il est convenu de qualifier d'atypique, comme
c'était le mois d'Août et qu'il faisait beau le repas a été servi dans le grand et beau jardin. 

Bon moyen de profiter de l'atmosphère du lieu et des quatre chats qui se sont succédé dans une chorégraphie très bien orchestrée.

Pour autant la succession de chats n'est rien à côté de celle des plats et de vins.

 

Côté plats, ce soir là, tout a commencé par le poulpe de Galice

Autant lorsque je rode en Espagne j'ai du mal avec l'accent des gallego, autant avec leur poulpe tout va bien. 
Même dans le Quercy. Surtout dans le Quercy, en fait.







Quercy oblige ? 
Deux gros raviolis foie gras / truffe s'ensuivent. 
Pour le coup on n'est pas vraiment dans le registre maritime ... mais c'est tellement réussi que ce n'est qu'un péché véniel ! C'est savoureux, c'est fin, ça se mange sans faim (oui, je sais ...).
Je n'avais plus touché au foie gras depuis un bail, et ces retrouvailles ont été émouvantes.



 


La cuisson du poisson est d'une précision exemplaire, tout comme celle de son accompagnement. De ses accompagnements. 
Salicorne comprise. 
Pourtant, me faire manger des algues ...
Top, la saveur et la texture de la salicorne.
Superbe.Vraiment.






Bien sur (pourquoi bien sur ?) un plateau de fromages d'anthologie !

Le fromage, les fromages, je n'y ai pas touché. 
C'est ballot ils avaient l'air d'en valoir la peine ...






Beau et bon dessert, surtout pour qui aime l'Amaretto. Or j'aime l'Amaretto.
Ça envoie, le dessert.

J'aime l'Amaretto ... et plein d'autres choses, dont le pinard.

Et côté pinards ça assure : ce soir là ce ne sont pas moins de 6 bouteilles qui ont tourné. 
De beaux vins servis (servis ? partagés plutôt, tant nous sommes dans la convivialité et le partage !) ad libitum.




De beaux vins dénichés dans divers vignobles ... ce qui me fait penser que je ne leur ai pas envoyé les deux beaux "Bordeaux" que je leur ai promis (oui, bien sur : un Clos Manou, et un Domaine du Bouscat). 
Régler çà très vite !

En tous cas, dès l'entame, tu peux choisir de manger et boire après que l'on t'ait annoncé ce que tu va avoir ... ou bien à l'aveuglette.
A l'aveuglette c'est bien. Tant pour les vins que les mets. 
C'est d'autant mieux que dans le cours de la soirée tu pourra discuter de tout cela, et de bien d'autres choses. 
Avec passion et envie, mais sans omniprésence, si t'as envie, quoi. Ce qui ne gâche rien.

Côté vins, ce soir là j'ai fait le service minimum en identifiant  l'origine du premier d'entre eux (un joli Valençay chez Sébastien Vaillant - Le Poirentin), après ... après on s'en fout du numéro de singe savant.
On s'en fout d'autant plus que le Clos Caché c'est le genre d'endroit d'où tu repars peut-être pas complètement vitrifié, mais en tous cas bien entamé. 
Pourtant, à la fin des fin, tu prends congé sur le parking et à point d'heure, après que Denis t'ait refilé un fromage, presqu'en douce.


Alors il faut rentrer.

A rentrer, je suggère très vivement de le faire vers Pella Roca.
Pella Roca, ce sont deux cabanes dans les chênes truffiers.
Enfin, des cabanes ...
Comme disait l'autre : tout n'y est que luxe, calme et volupté.

L'occasion de revenir sur le beau Montagny de Didier Charton
Quelques jours (avec quelques quilles tant qu'à faire) et ça te file une patate d'enfer !
Il faut dire que la déco est pile poil comme j'aime et que les aménagements y sont de très haut niveau. 





Malheureusement un poil d'oxydation dans ce Champagne

Et je ne parle pas que du Spa et du bain norvégien.

Ah, le bain norvégien sous le ciel nocturne d'août ...







Reste à savoir ce que sera le ciel de Décembre, depuis l'eau chaude et bouillonnante.

En plus, en Décembre, au Clos Caché, y a des repas truffe.




Des repas truffe
T'imagines le truc ? 
Je te le dis : ces gens sont des bienfaiteurs de l'humanité.
[note pour très vite : penser à réserver pour Décembre !]
A Pella Roca et au Clos Caché, la réservation !


Ouais, bien sur : parlons un peu pognon.
Ce soir là, pour les solides on était à 45 € par personne. 
Avec 20 € de plus pour les jajas. 
Ben ouais, c'est possible : la preuve.
Des bienfaiteurs je te le dis (et te le répète) !

Le seul truc, c'est que quand tu rentres nuitamment après une si belle soirée au Clos Caché et que tu rejoins ta "cabane" de Pella Roca à la lumière de ton smartphone (oui : c'était la soirée concept "à l'aveuglette") tu t'exposes fatalement à entendre :
"mais non je suis pas bourrée, c'est juste que j'arrive pas à marcher sur ce chemin à la con avec ces chaussures de merde"
Mais c'est une autre histoire. 



Le Clos Caché
Voie Communale la Placette
46230 Escamps

et, donc :

Lieu-dit Limougne
82240 Labastide-de-Penne


A Pella Roca y a pas de chat : y a un chien sympa (et truffier)