lundi 28 novembre 2016

La crucifixion de Saint Pierre

Le cosmique de répétition, mon article pour "En Magnum n°4", a été diversement reçu. Il y eut par exemple mon jugement par contumace sur le mur Facebook de Pierre Guigui, une mascarade évoquée sur mon blog. Il est inutile d'y revenir. 

Si ce n'est que j'ai "En Magnum 6" avec moi, et que sous la plume du même P. Guigui, on y trouve "Une réponse à André Fuster". 
Venant de celui qui a passé tant de temps à réclamer le débat constructif qu'à chaque fois il a pourri en dépassant les bornes de la décence, le projet est intéressant. 
Au moins parce qu'étant publié ailleurs que sur Facebook j'imaginais qu'il aurait enfin un minimum de tenue. 

 
Car sur Facebook, c'était visiblement pas gagné ...

Or ce papier est scandaleux : nous sommes là en plein dans ce que Lippmann désigne par "fabrication du consentement", et Bernays par "propagande".  
P. Guigui transforme mes mots, mes phrases et leur intention.
Faisant assaut de données farfelues ou sans lien avec ce à quoi il prétend répondre, il les empile de façon totalement désorganisée. 

Quel rapport tout ce fatras a-t'il avec ce que j'ai écrit ?
Quel est le but, à part rechercher un effet choc sur le lecteur ...
et l'éloigner du propos initial !
Au delà du fait que ce chiffre mériterait d'être expliqué et son origine clairement identifiée,
encore une fois quel rapport a-t'il avec mon propos ?
 
Il rend ainsi le tout totalement incompréhensible en le noyant dans une logorrhée qui, sous les apparences de la connaissance et de la conviction, ne fait que nier l'information initiale sans jamais y répondre. 

Partant du principe que toute personne présentera ses actes comme bons et positifs, dans "Le cosmique de répétition" je choisissais de fonder mon argumentation non pas sur les discours mais sur les seuls faits. 
Pour cela je me penchais sur les pratiques de terrain, et surtout sur leur traduction dans la pharmacopée. 
Je m'interrogeais alors : 
"mais qui se soucie des faits ?". 
Qui ? 
Certainement pas P. Guigui qui, partant de ses a priori, manipule et réécrit mes phrases et, tel Gletkin1, me prête des intentions et des actes qui me sont totalement étrangers. 

Il dénature totalement mon propos et se hasarde même à le modifier pour le plier à ses besoins : suivant Léon Festinger dans sa "théorie de la dissonance cognitive" il s'ingénie à réduire l'écart qu'il y a entre les mots que j'ai utilisés, leur sens objectif et le jugement très subjectif qu'il porte sur mon discours. Il écrit délibérément des énormités qu'il m'attribue pour s'en servir afin de "démontrer" que je suis dans l'erreur.


Il y a une certaine logique : j'ai critiqué le fonds de commerce de P. Guigui en y portant un regard sceptique. Il lui importe donc de décrédibiliser mon scepticisme et, idéalement, de le "criminaliser". 
Alors quoi de mieux que monter un dossier de toutes pièces ? 

L'utilisation de faux, destinés à semer le doute ou à accréditer une thèse, est l'une des méthodes de désinformation les plus répandues. 
Pendant l'affaire Dreyfus2, le commandant Henry falsifie certains documents et en crée d'autres de toutes pièces. Henry, puis Guigui essaient de donner corps à leurs fantasmes et, à partir de leurs créations, justifient leurs actes. Peut-être même arrivent ils, dans leur délire, à s'auto persuader de l'authenticité de ce qu'ils viennent d'inventer ? Tout comme Henry, Guigui fait un travail de faussaire qui, au delà des ciseaux, repose sur quelques éléments dont la linguistique s'est emparée. 

Sachant que ce qui fait sens est moins le langage en tant que tel que le co-texte et le contexte, P. Guigui détruit le co-texte dans lequel s'inscrivent mes phrases. 
Le co-texte, ce sont tant les mots précis employés que les modalisateurs qui modifient leur sens. Nous en avons un parfait exemple avec le "jusqu'à" que P. Guigui omet sciemment lorsqu'il me "cite". "jusqu'à", ce petit mot innocent dont la présence ou l'absence mène à des lectures radicalement différentes. 

Selon P. Guigui, je prétendrais qu'il vaut mieux préférer un produit de synthèse
au Cuivre, car il exige d'être épandu à 6 kg/ha


P. Guigui, faussaire amateur, met des guillemets à sa "citation" mais a tronqué mes propos :
il élimine mon "jusqu'à", donc le co-texte. De plus il ment éhontément : à aucun moment je ne
dis ni même suggère que, pour lutter contre le mildiou, telle méthode est préférable à telle autre.
En outre il ne tient aucun compte du contexte : mon propos est seulement de dire que l'objectif
du Grenelle est à mon sens absurde (comment peut on aborder l'utilisation des pesticides par le
seul prisme de leur poids ?) et contradictoire avec le passage au bio qui utilise des produits lourds.

On n'est jamais trop prudent, alors P. Guigui modifie également le contexte de la phrase qu'il vient de tronquer avant d'enfoncer le clou dans une belle démonstration rhétorico-pragmatique des plus manipulatoires. C'est un modèle de discours de propagande.
Car à aucun moment je ne dis que "les nouveaux produits, eux, ne présentent pas de danger", pas plus que je ne prétends "qu'il vaut mieux préférer, pour traiter le mildiou" l'utilisation de tel à celle de tel autre. Je ne fais que relever la contradiction qu'il me semble y avoir dans l'association de la volonté de diviser par deux le tonnage des pesticides utilisés au dogme du remplacement des produits de synthèse par des produits naturels (bien souvent plus lourds). 

Sur le cas particulier du Resplend de BASF, avec lequel P. Guigui prétend venir me chatouiller de près, comment dire ...
Voilà : le Resplend je m'en tamponne le coquillard avec une patte d'alligator femelle. J'aurais aussi bien pu parler de perlimpinpinate de potassium !
Je n'ai jamais été en relation avec BASF et n'ai jamais été en situation de prescrire ce produit de quelque façon et pour quelque raison que ce soit (ce qui est d'ailleurs la première des raisons expliquant pourquoi mon choix s'est porté sur ce produit là).
Alors quel est mon propos avec ce produit ? 
Juste dire que ce produit de synthèse, quoiqu'il en soit de son intérêt réel ou supposé et de ses limites réelles ou supposées, s'utilise à moins de 600 g par hectare et par passage, ce qui est bien moins qu'un traitement au cuivre (quelle que soit la forme choisie pour ce pesticide bio)
En ce sens il me semble emblématique des limites du Grenelle qui prévoit le passage au bio conjointement à la diminution de moitié du tonnage des pesticides utilisés. 
Dès lors, toute autre interprétation, et en particulier celles faites par P. Guigui, relève de la lecture partielle, partiale et partisane. 
  


Serait ce là mon attaque contre les produits bio ?
Nulle attaque, seulement une remarque de bon sens, basée sur des faits.

N'en déplaise à P. Guigui je me borne donc à dire que la seule approche quantitative, faisant abstraction de la dangerosité des produits et de leur concentration, me semble absurde. 

Bien entendu à aucun moment je n'évoque quoi que ce soit se rapprochant des intentions que P. Guigui me prête dès l'entame de sa fiction (grammaticale1 ?). 

On cherchera en vain, dans mon texte, toute ressemblance avec le passage entre
guillemets qui, selon Pierre Guigui, est "en substance" le discours que je tiens.

Comment pourrais je décemment pointer la dangerosité ou la toxicité des préparats biodynamiques alors que, bien au contraire, je ne fais que supposer leur totale inocuité ? 

La version de P. Guigui sur mes arguments
 
Visiblement, mon commentaire sur la toxicité des préparats biodynamiques ...
n'existe que dans les fantasmes de P. Guigui
 

Alors lire, sous la plume de P. Guigui que je maquille et distors la réalité est un pur plaisir d'esthète (mais çà énerve un peu quand même).

Un vrai comique naturel !
Délicieuse remarque venant de celui qui passe son temps à détourner et modifier mon propos.


Je dis (et je répète) qu'il existe des pesticides biologiques et que comme tout pesticide ils ne sont pas inoffensifs.
C'est un fait. 

Où j'essaie de mettre des nuances qui échappent visiblement à P. Guigui

Et où j'indique en effet que certains produits bio sont hautement toxiques et
qu'il faut donc se garder d'un angélisme aveugle qui peut mener à des choix
étonnants, par exemple lorsqu'il s'agit de sauvegarder les abeilles.

Cependant comment peut-il oser prétendre que j'attaque les produits bio quand j'écris : 
"Pourtant, si l'on prend son parti de l'axiome, pour ne pas dire du dogme, de départ : "que du naturel, pas de synthèse", le bio me semble reposer sur une démarche compréhensible, argumentée et, pour tout dire, techniquement et scientifiquement fondée.". 
Non seulement je dis que "le bio me semble reposer sur une démarche compréhensible,
argumentée et, pour tout dire, techniquement et scientifiquement fondée
" mais en outre
je précise, à toutes fins utiles, que mon propos n'est bien sur pas de faire un plaidoyer
en faveur des pesticides de la classe C.M.R.


Que dire, enfin, de sa conclusion : 
"Il faut savoir que la plupart des biodynamistes n'ont jamais lu une ligne des textes de Steiner" ? 
Au delà du fait que P. Guigui s'obstine à ne pas comprendre ce que j'écris sur les raisons de
mes réserves vis à vis de la biodynamie, il me semble compliqué de revendiquer une
philosophie que l'on ignore totalement !

P Guigui me semble être là dans la position du bedeau qui, lorsque je mets en
cause la nature avérée de l'immaculée conception, me répond en substance :
"oui, mais les fidèles n'ont jamais lu une ligne de la Bible".

Mais admettons. 
Néanmoins, en quoi cela remet il en cause mes commentaires relatifs à la nature des préparations biodynamiques ou à l'effet de la Lune qui varierait selon qu'elle est en Scorpion ou en Bélier ? 

P Guigui est étrangement silencieux sur ceci ...
qui est tout de même l'angle essentiel de mon article !
Et quand j'en viens au fondement de mes réserves sur la biodynamie,
l'étrange silence de P. Guigui devient assourdissant ...

Quant à la citation attribuée à Steiner et qui interdirait à quiconque n'a pas d'expérience rurale de juger de questions agricoles, je conseille à P. Guigui de se l'appliquer à lui même. 



Mais sans espoir car Steiner n'en fit rien, parlant lui même beaucoup d'agriculture sans avoir jamais été agriculteur (ni d'ailleurs ses parents : un garde chasse devenu télégraphiste ferroviaire bien avant la naissance de Rudolf, et une mère au foyer).





 
Pour finir sur une note positive, une note d'espoir : 

la prochaine fois que P. Guigui publiera un article sur le sujet, je lui suggère de le faire dans un support plus adapté à la qualité de son argumentation.
Le titre et la couverture sont déjà prêts.


1 Dans "le zéro et l'infini", après Ivanov et sa "fiction grammaticale" c'est Gletkine qui parvient à obtenir les aveux qui mèneront Roubachov à la mort

2 Sur le rôle du Commandant Henry dans l'affaire Dreyfus lire "D." de Robert Harris




samedi 26 novembre 2016

Les 4 saisons du beaujolais nouveau



Avec "La Sarabande" de G.F. Haendel (grâce au Barry Lindon de Stanley Kubrick ?), "Les 4 saisons" d'Antonio Vivaldi fait (grâce à "Pôle Emploi" ?) sans doute partie des morceaux baroques (et plus généralement de "musique classique") les plus connus et entendus.


A tel point qu'il est de bon ton de les dédaigner, tout particulièrement "Les 4 saisons" : cette musique de - au choix - ascenseur / répondeur téléphonique / parking.

Certains pourront même se sentir autorisés à baver sur cette musique "mineure", tout en portant au pinacle des trucs électropunk branchouille d'un intérêt musical discutable.

Mais nous verrons bien qui, dans 3 ou 4 siècles, sera encore diffusé dans les parkings et les ascenseurs (s'il y en a toujours). Et ce même si prendre Vinci ou Roux Combaluzier Schindler comme arbitres des élégances musicales est un parti pris qu'on peut ne pas partager.

Pour faire écho à un de mes récents billets, je trouve la musique de Vivaldi à la fois très humaine et presque miraculeuse.
Encore que son "Gloria" (en particulier le "Et in terra pax", puis le "Domine fili unigenite") m'enchante et soit donc probablement la partie de son œuvre que j'écoute le plus souvent, j'aime beaucoup "les 4 saisons".
Aussi ses concertos pour violoncelle  ... mais il est vrai que l'Allegro final de sa Sinfonia in C major (à partir de 4'08"), n'est qu'un énorme copié collé de l'entame du "Printemps" !
Quelle grosse faignasse, cet Antonio.

"Les 4 saisons", je l'aime tant que j'en possède 3 (et non pas 4 ...) versions bien différentes :






Par ordre chronologique d'entrée dans ma discothèque il y a d'abord eu celle qui est dirigée par Trevor Pinnock.
C'est très orchestral, très bien léché et sans doute un rien planplan.
C'est propre, en fait c'est bien sous tous rapports. Tellement que c'est sans doute la version pour gendre idéal : rien à lui reprocher, si ce n'est de manquer un peu d'enthousiasme et de folie.

Après est arrivée celle de Janine Jansen.
Là, on bascule vers la "musique de chambre" avec, dans la chambre, un petit air de famille (car 2 autres Jansen figurent aussi sur l'enregistrement) qui amplifie peut-être le sentiment d'intimité et de complicité ?
C'est très beau, très gai, presque ludique.
"Vivaldien" quoi.
C'est tellement ludique qu'il n'est pas impossible qu'elle force un peu sur les pizzicati, dans l'Allegro final de "l'Automne". A la première écoute c'est étonnant, ensuite on s'y fait et çà fonctionne bien.
Pauvre Stradivarius quand même ...
Du coup, son automne prend un petit air sauvage que l'on retrouve ensuite dans l'hiver presque glaçant avec son côté "Quand la bise fut venue".
Un hiver à l'écoute duquel on se sent cigale fort dépourvue, et c'est très beau.


Plus récemment j'ai acheté l'interprétation de Nemanja Radulovic.
Et il envoie du bois, le garçon !
A tel point que son "Automne" pourrait sans doute servir de fond musical aux scènes de chasse des "Chroniques sauvages" de Jean Rouquet : ses pizzi, bien que moins marqués que ceux de Jansen, font tout de même de très honorables coups de 12 !

Au final il propose une interprétation qui déborde d'énergie (et de virtuosité) ... même si l'Allegro du "Printemps" me semble bien lent pour un allegro (penser à en parler à Didier Charton ... qui va finir par en avoir marre).

Bref : tout çà pour dire que côté musical je ne suis pas super porté vers les machins qui se font à grands renforts de claviers et de basses issus de la pétrochimie, et sont abondamment gavés d'électricité nucléaire sous des spots psychédéliques.
Mon truc à moi c'est la nature et la tradition sur instruments d'époque. Tradition toutefois un rien réinterprétée, parfois.


Message personnel :

Non, Nicolas, vraiment : ce n'est pas toi que je vise. 
Malgré ceci.
Mais tu devrais songer à écouter Purcell.  Écouter vraiment je veux dire. S'il y a, bien sur, Ambre Moueix : pour commencer va donc aussi faire un tour vers chez Christopher Purves dans le Cold song
!


Où est ce que je veux en venir ?
A ceci : ces 4 saisons, ce truc rebattu et archi connu que l'on entend mais que l'on n'écoute pas, ou plus (passant ainsi à côté de bien des choses), c'est un peu comme le pinard, non ?
Comme certains pinards que l'on boit sans les goûter et que l'on dédaigne car trop simples, trop faciles, trop popus ... voire trop banane.
Ouais : un peu comme le Beaujolais nouveau quoi !

Considérant qu'il est plus facile d'infliger à mes amis une "soirée dégustation de Beaujolais nouveau" qu'une "soirée écoute de différentes versions des 4 saisons" : c'est donc bien d'une soirée Beaujolais nouveau (2016) qu'il s'agit !
A l'aveugle la dégustation, siouplaite.

Car goûter une série de Beaujolais nouveau, ce concept hyper rebattu, pour y chercher les variantes d'interprétation d'une partoche tellement bien connue (ou que l'on croit tellement bien connaître ?) me semble en effet être un exercice similaire à l'écoute de diverses interprétation des 4 saisons.
A savoir une activité pouvant a priori paraître inutile mais qui, sur une base sans doute prévisible, peut-être à même de révéler de belles surprises dépendant de la vision et du talent de l’interprète.
Tout ce genre de choses que l'on retrouve depuis le terroir jusqu'à la partition.


Parmi les candidats de départ (voir photo d'entame) j'avais un Beaujolais nouveau et un Beaujolais Villages nouveau venant l'un et l'autre de chez G. Duboeuf . L'année dernière 
j'avais  dégusté leur gamme de nouveaux (et certains crus) de 2015 dans leur chai, et c'était vachement bien. Vraiment. Cette année ils m'ont envoyé 3 bouteilles, qu'ils en soient remerciés.
J'y ai ajouté 3 vins (2 Beaujo et 1 Beaujo Villages) achetés, eux, chez Stéphane Thierry, à la Cave les Millésimes (à Caudéran). On est là, bien sur, dans le bio / biod / nature.
Une autre bouteille, en provenance du 620Sainte Foy La Grande), a été ajoutée. C'est du Baraou inside, donc si tu veux plus nature : tu va brouter les grappes dans la vigne !

Le tout a été dégusté chez Isabelle et Daniel Sériot, à l'aveugle et - pour une fois - sans aération préalable puisque le parti pris a été que ce sont des vins de comptoir, des vins festifs. Donc des vins que l'on ouvre et boit au débotté, sans fioriture ni complication inutile.


A ce stade il faut préciser que tout ce qui précède a été écrit avant la dégustation.
Une sorte de mise en bouche.
D'espoir aussi.
L'espoir que ce soit du Vivaldi, peut-être pas le Gloria mais du Vivaldi tout de même.
Or ce fut plutôt du Bananarama, et parfois même Bananarama interprétant Wild Life !  
Tout ce que j'aime, on l'aura compris ...
 






Les commentaires sont retranscris dans l'ordre de la dégustation.










Beaujolais Villages Nouveau
Lucien Lardy - "Vignes de 1951"
Jolie robe. Nez marqué par la banane, un rien de cassis derrière. L'attaque est fraiche et franche, jolie structure légère mais plaisante avec un mix de banane et petits fruits rouges. C'est joli mais c'est rapidement dominé par une acide prenante qui mène à une finale stridente. Dommage : ç'aurait pu être très bien.

Beaujolais Villages Nouveau
Georges Duboeuf
Plaisante robe jeune et relativement soutenue.
Nez réservé puis qui s'ouvre rapidement, dominé par les notes amyliques.
Attaque ronde, jolie matière aimable soutenue par une fraicheur présente mais retenue. Finale fraîche.
Ce joli vin finit sur le podium, à la 2ème place (à l'unanimité).

Beaujolais Nouveau
Domaine du Crêt de Bine
On est en bio et même en biodynamie, on est donc sensé exprimer le terroir (même si nous étions en jour carotte. Je veux dire racine).
La ça sent très fort le terroir, mais le terroir mouillé et accroché aux poils du setter. Chien mouillé et pharmaceutique : vin défectueux.

Beaujolais nouveau
Anthony Pérol - Pierres Dorées BIO
La couleur la plus soutenue du lot. Intense et brillante.
Cassis et banane caramélisée. C'est rigolo comme nez et donne envie d'en faire un vin de dessert sur des bananes flambées. Ou pas.
La bouche est ronde, dotée d'une belle matière. C'est équilibré. Le seul vin pour lequel la fraicheur soit contenue.
C'est bien ce vin bio et bon. En tous cas c'est mon préféré, et celui de l'ensemble des dégustateurs.

Beaujolais Nouveau
Georges Duboeuf
Robe soutenue, brillante.
Premier nez réduit puis notes amyliques et pointe de fruits rouges.
L'attaque est souple, et la matière plaisante avant de se laisser porter par la vivacité marquée.
Ça reste relativement plaisant, ce vin est donc lui aussi sur le podium (à la troisième place). 

PUR   
P.U.R. pour Production Unique Rebelle (...).
Jolie robe.
Puis au secours : c'est Chicken run !
Après un premier nez lactique : explosion  de fiente de poulet. 
Imbuvable et indéfendable.



Comme nous avons 3 bouteilles (quand on aime on ne compte pas. Quand on n'aime pas non plus, visiblement ...) nous décidons d'en sacrifier une autre, pour vérifier.  
Bonne idée !

Bonne idée car elle met en évidence la difficulté de l'exercice qui consiste à juger de la qualité d'un vin à partir d'une seule et unique bouteille (à moins que ce ne soit la mise en évidence de la difficulté que l'on a à produire une cuvée homogène et stable - même avec des délais de consommation si courts - avec le parti pris des producteurs ?)
Bonne idée, car si le nez manque de netteté c'est à un degré bien moindre et de toute évidence y a du vin, derrière.

En toute fin de soirée, quelques heures plus tard, j'y reviendrai avant de partir et cette bouteille aura bien tenu, restant plutôt plaisante en bouche. M'enfin faut pas jouer et la boire vite, ce qui est le propos de ce genre de vin.




Habituellement je ne cause pas pognon, mais là je vais faire une exception.
A l'exception du Beaujolais nouveau de G. Duboeuf (6.38 €) et de son Beaujolais Villages Nouveau (6.65 €) tous les autres se négocient allègrement entre 10 et 11 €. 
Or je trouve que 10 balles (ou plus) pour la plupart de ce que nous avons bu (surtout quand nous l'avons directement craché) çà pique un peu ...










nota :
la plupart des liens intégrés à ce billet mènent à de jolies interprétations des morceaux cités. Ce serait dommage de s'en prier en ne cliquant pas dessus !