vendredi 15 décembre 2017

Je suis un fantasme


La plateforme blogger a des faiblesses qui m'insupportent (en particulier la mise en page des billets et la gestion des polices) mais il y a toutefois deux ou trois trucs qui fonctionnent.
Par exemple le traçage des visites.

Et là, paf : ce matin si j'en crois mon traqueur j'ai reçu 15 visiteurs venant du blog de Jacques Berthomeau.
Ce n'est pourtant pas l'un de mes fournisseurs officiels.

Bon, 15 y a pas de quoi pavoiser hein ?
Même pour le plus pourri de mes billets.
D'autant que le billet qui suscite cet afflux massif fonctionne plutôt bien sans çà (si on considère qu'un billet qui fonctionne est un billet qui est lu / partagé / commenté ici ou là).

Bref il s'agit d'un billet récent :
Si vous ne l'avez pas lu, ou mal, ou pas récemment : allez y de ce pas. Même Jacques Berthomeau en parle, c'est dire si c'est essentiel.

Si une petite quinzaine de mes lecteurs pouvait se dévouer pour aller y faire un tour, cela me permettrait de ne pas être en compte avec lui.
Je compte sur vous.
Merci d'avance.
(d'autant que si on ne l'aide pas, c'est pas avec un tel sujet - mon immodeste personne - qu'il va exploser les compteurs ...)

Je trouve son titre un peu long, mais tout le monde ne peut pas avoir fait l'école du titre :

"André Fuster, poudres de perlimpinpin en tous genres, s'en branle un peu y boit pas du pinard pour sauver le Monde mais pour y prendre du plaisir"

Pour autant je confirme vigoureusement que d'une part je ne fais pas partie de ceux pour lesquels boire un verre de vin c'est faire la révolution et que, d'autre part, j'essaie habituellement d'apprécier un vin pour le plaisir qu'il m'apporte sans tenir compte des discours que tel ou tel colle sur le vin / son appellation / son mode d'élaboration ou les théories de son géniteur.
La base.

Après aussi c'est long, et surtout un rien embrouillé : même moi j'ai un peu de mal à m'y retrouver entre ce que j'ai écrit, ce qu'il en dit et ce qu'il me fait dire.

Explication de texte :
"J’adore « Dédé la science » y rate pas une occasion de moucher les morveuses et les morveux qui ramènent leur petite science de bobos parisiens ou girondins."


Sur le fond, spas faux : certains des billets dont l'écriture m'a été la plus jubilatoire sont en effet de ceux dans lesquels je joue les Tartarin chasseur d'approximations œnologiques.
Pour autant "morveux", "morveuse", "bobo" (même "girondin" ou, pire, "parisien") ne font pas partie de mon mode argumentatif puisque je m'en prends régulièrement à ce que mes contradicteurs écrivent et non pas à ce qu'ils sont ou à ce que je prétends qu'ils sont.

Dès lors j'aurais aimé que Jacques Berthomeau s'applique la même règle, quand il prétend me répondre.

"Incollable qu’il est le gars sur les produits de collage, avec lui pas de souci, j’ai l’impression de contempler l’armoire à pharmacie de mémé marie : tu acidifies avec de l’acide tartrique ou tu désacidifies avec du carbonate de calcium, du tartrate de potassium ou encore du bicarbonate de potassium…"

Avec tout le respect que je ne dois pas à sa mémé Marie, il me semble que si on veut causer d'un sujet, il est préférable d'en avoir les moyens.
Et d'en connaître au moins les bases.

Sans doute n'est-il pas indispensable d'être en totale maîtrise du Codex Oenologique quand on souhaite s'interroger sur les intrants œnologiques ... mais ça peut aider, par exemple lorsque l'on choisit d'aborder ces produits sous l'angle de ce qu'il font.
Ceci peut permettre d'éviter de taper à côté comme Cathy Lafon puis Jacques Berthomeau le font avec le tartrate de potassium qui ne permet pas de désacidifier un vin mais d'en obtenir la stabilité tartrique.
Ainsi que je le disais dans mon billet initial : ça ne change rien au questionnement que l'on peut avoir sur tel ou tel intrant et son utilisation, en particulier le tartrate de potassium.
Simplement, quand tu causes d'un truc il me semble que le minimum minimorum est de le faire sur la base de sa nature et sa fonction exactes .
Je trouve ridicule une argumentation qui traite d'un sujet en lui attribuant des fonctions qu'il n'a pas.
C'est gênant, en termes de crédibilité.
Serais-je le seul à le penser ?

"Y me fait penser aux fonctionnaires du Ministère, ceux de la protection des végétaux, les vétérinaires-inspecteurs, les contrôleurs de tous poils, qui sont des bibles règlementaires, y peuvent te réciter le 3 paragraphe de l’article 5 tiret 4 modifiant le règlement communautaire n° avec plein de chiffres derrière."

Certes. En tous cas je m'y efforce.
Si je n'ai pas la prétention (ni l'envie) d'être une bible réglementaire, en revanche quand on en vient à la vinification et - en particulier - à la microbiologie du vin j'essaie de me tenir à jour.
Je prends donc cette tirade un peu obscure pour un genre de compliment.
Même si ce n'était peut-être pas sensé en être un !?

"Attention, je ne raille pas, y sont payés pour ça et le Fuster lui aussi pour vendre ses poudres faut bien qu’il sache où il met les pieds."

Voilà, "des poudres".
Du perlimpimpinate de potassium et tout ce genre de choses.
Appelons cela "des poudres", et faisons abstraction de la façon dont ces "poudres" sont connotées.
Je ne fais pas mystère de mon activité professionnelle, ni des savoirs et savoirs faire qu'elle m'a permis d'acquérir tout au long des 20 dernières années.
Je n'en fais pas mystère, ce qui me permet de regretter que Jacques Berthomeau - comme bien d'autres avant lui - vienne me chercher sur le thème de mon activité professionnelle et tente ainsi de s'exonérer de me répondre sur le fond.
"Qui veut tuer son chien l'accuse d'avoir la rage".

Car en quoi le fait que je "vende des poudres", surtout en "sachant où je mets les pieds" devrait il influer sur la véracité de ce que je dis ?
Est-ce donc si compliqué de commenter et critiquer le fonds de mon propos, pour qu'il faille systématiquement l'éluder et venir nous sortir le couplet "Fuster vend des poudres" !?
Je "vends des poudres" donc j'ai forcément tort, donc il est inutile de me répondre ?
C'est la logique du truc ?
Ben voyons donc ...

"Donc, le Dédé, bordelais type non révisé, du genre à susciter le fameux Bordeaux bashing, est un sachant qui a viré un chouia sa cuti très récemment, normal voilà t’y pas que des Palmer, Latour virent à la biodynamie faut coller à la tendance."

Ça aussi c'est bien casse couilles.
Car c'est bidonné du début à la fin.
Je suis arrivé dans le Médoc le 1er Septembre 2011 (avec la grêle sur le plateau de Cos, y a pas de hasard).
Depuis je suis resté en Gironde où je n'avais auparavant jamais vécu. Je ne suis donc pas bordelais.
Pas même œnologue bordelais, puisque j'ai été formé au Centre d'Oenologie de Toulouse.


Jeanne d'Arc au bûcher (Les Vigiles de Charles VII)
Mais puisque dans le monde fantasmé de Jacques Berthomeau je m'en prends aux morveux, morveuses et autres bobos parisiens, il importe que je sois bordelais.
Sans doute ais je aussi été à l'origine de l'incinération de Jeanne d'Arc et du naufrage du Titanic ?
Sans parler du phylloxéra et de la petite vérole.

Si ce n'est que de mon point de vue, pour le moment c'est moins au naufrage du Titanic qu'au naufrage de la pensée de Jacques Berthomeau que nous assistons.

Car je serais curieux de savoir comment et quand j'ai - comme il le prétend - "récemment viré ma cuti".
Quel est le sens de cette nouvelle invention ? Il y a un truc objectif, avéré qui permet de l'étayer et la qualifier ?
Licence poétique, sans doute.
  
Bien sûr, cet inénarrable donneur de leçon continue ses facéties indignes :

"Un de mes maîtres, grand professeur de Droit, m’avait donné ce conseil pour choper une bonne note : « faites une bonne introduction et une bonne conclusion, entre les deux c’est du remplissage… » Fuster adopte la technique :Il commence par moucher « la petite nana » de Sud-Ouest"

"Il commence par moucher « la petite nana » de Sud-Ouest" !?
Eh, oh : c'est quoi ça ?
« la petite nana » ?
La petite nana, avec des guillemets autour, genre c'est une citation ?
Quel est le besoin de signaler le sexe de l'auteur de l'article ? et de le signaler ainsi.
L'ai-je évoqué ne serait-ce qu'une fois dans mon billet ? m'en suis-je servi comme élément discursif ? Ai-je en quelque façon que ce soit fait la moindre allusion à l'auteur de l'article autrement qu'en la citant et en mettant un lien vers son blog ?
Pas trace de "petite", encore moins de "nana" dans mon billet.
Et aucun sous-entendu merdeux de cet acabit.
Ça sert à quoi ce procédé ? sinon, évidemment, à laisser entendre qu'en plus de vendre des poudres, en plus d'être un bordelais qui à lui seul justifie le Bordeaux Bashing, en plus d'être un type qui traque le bobo (de préférence parisien), en plus de tout çà je suis aussi, forcément, évidemment, un type qui fait des remarques sexistes !?

Le procédé est stupide.
Et indigne.

Après vient un morceau de bravoure qui fait penser que si Jacques Berthomeau n'a pas fait l'école du titre, peut-être a t'il fait celle du cirque :

"Grâce à Dédé vous saurez tout sur tout même ce que c’est que le goût, le sien bien sûr."

Ben oui. En effet.
En même temps c'est mon blog, donc de façon étonnante c'est de mon goût que j'y parle.
C'est le principe du blog non ?
Le plus souvent possible je le fais même en précisant que c'est mon goût (si, si j'insiste) et qu'il ne vaut que pour cette bouteille là, ce jour là, dans ces conditions là.
Ouais : je ne prétends pas à l'universalité. En particulier sur mon blog, là où je cause de mes goûts et dégoûts.
Comme Jacques Berthomeau le fait sur le sien. En toute mauvaise foi.
"J’espère, puisqu’il s’en branle, que ce n’est pas un plaisir solitaire réprouvé par le clergé, mais pour lui la messe est dite : retour à la case départ, il faut se poser les bonnes questions pour y donner de vraies réponses, surtout pas toucher au grisbi."
Ça aussi c'est quand même bien merdeux comme formulation.
Car qu'ais je écrit ?
Ceci :

"Sur ce je vais m'oxygéner en allant boire un joli Jurançon sec dont je ne sais pas s'il est bio ou pas (et dont je causerai peut-être plus tard dans un billet un rien moins énervé mais aussi vachement moins drôle).
Remarque vu qui me l'a vendu, bio peut-être l'est il ?Mais on s'en branle un peu, en fait, car je bois pas du pinard pour sauver le Monde ni pour donner des leçons de philo, seulement pour y prendre du plaisir."

Hors sujet, Jacques Berthomeau.
Hors sujet total.
Ça va devenir une habitude. 

"Ma pomme simple consommateur de vin, je ne vois pas au nom de quoi, dans les vignes, pour produire un objet non alimentaire de pur plaisir, on balance des produits toxiques (tête de mort sur les bidons) qui mettent en danger ceux qui les épandent, s’écoulent dans le sol et la nappe phréatique… Le sieur Fuster n’en vend pas, je crois, mais il s’en branle tout simplement. Ses produits à lui ne sont pas toxiques, ce sont de simples ajouts pour remettre des vins debout, moi ça ne me dérange pas je n’en bois pas (ces vins-là), mais pourquoi ne dit-on pas au cochon de payant, comme sur tous les autres produits alimentaires, ce qu’il y a dans le vin ? L’histoire de la surcharge de la contre-étiquette est une plaisanterie car il existe aujourd’hui des moyens simples pour que le consommateur désireux de s’informer puisse consulter."

Euh ... je ne voudrais pas être désagréable, mais cette tirade est - une fois de plus - en complet hors sujet.
Qu'on ne s'y trompe pas : je ne botte pas en touche ni ne cherche à éluder la question de l'étiquetage des vins.
Simplement la question de l'étiquetage des intrants œnologiques n'est A AUCUN MOMENT abordée dans l'article de Sud-Ouest. Je n'en fais donc, à mon tour, aucune mention dans mon billet.
Je ne refuse pas d'en parler. C'est juste que ce n'est pas le sujet de l'article de Sud-Ouest et vu que - visiblement à la différence de Jacques Berthomeau - je fais en sorte de répondre à ce que disent mes contradicteurs ... le sujet n'étant pas abordé dans son papier, je ne l'aborde pas dans ma réponse.
Me ferait il un autre procès en sorcellerie ?
A-t’il donc si peu à me rétorquer qu'il lui faille à ce point m'inventer un propos qui n'est pas le mien ?

"Conclusion de cette petite passe d’armes girondine : comme le père Fuster va se branler de ce que je viens d’écrire, je jouis, vieux con que je suis !"


Au moins j'aurai servi à ce que Jacques Berthomeau se fasse plaisir devant son écran.
Mais, comme trop souvent dans ce cas là, c'était de toute évidence un plaisir solitaire (et un rien triste), devant une vision fantasmée.


dimanche 10 décembre 2017

La tête contre les murs


Je l'évoquais en clôture de mon précédent billet : un joli Jurançon sec (qui est bien bio) dont la fraîcheur bienvenue a remis les compteurs à zéro.
Ce Jurançon, c'est Leslie qui me l'a fait goûter et je l'ai donc récupéré au Clos des Millésimes à l'occasion d'une dégustation consacrée au Clos d'Entre les Murs.


C'était jeudi 7 décembre, le jour de l'anniversaire de ma fille ainée. Et ça n'a aucun rapport.
Par la même occasion je récupérais aussi quelques quilles du Rully 1er Cru (2015) de JM Boillot, un vigneron que j'ai croisé et évoqué sur ce blog à maintes reprises. La première fois c'était dans ce billet nostalgique (mais pas seulement nostalgique).


Bref : le Château de Parnay et son Clos d'entre les murs.

Au Clos des Millésimes - bel endroit - avec un nombre limité de participants.
Tout bien quoi !


Je partais avec un double a priori :
- positif car du même vigneron j'avais goûté et apprécié le Château Princé.
- quasi négatif, à tout le moins dubitatif, car le Clos d'entre les murs est une création d'Antoine Cristal.
Intéressant personnage qui créa tant le Clos d'entre les murs (blanc) que le Clos Cristal (rouge).
Or en fin d'année dernière, le Clos Cristal avait créé quelques vagues vaguelettes dans le Landerneau blogo pinardier après que l'association qui en avait la charge ait été liquidée et que le Clos ait été confié à la Cave Coopérative locale.

Le genre de polémique stérile qui me donne envie de retourner me coucher.
En outre, les revendications techniques qui ont prévalu à la conception de ces deux clos me laissent un rien perplexe.
Il faut dire que le truc me fait furieusement penser à cette histoire que faisait ma joie y a longtemps, quand j'étais en fac de bio : oui, le coup de la poule dont tu mets les pieds dans la glace pour lui refroidir le cerveau.

Ben là c'est un peu pareil : tant le Clos Cristal que le Clos d'entre les murs sont traversés de murs alignés d'est en ouest. Les pieds de vignes sont plantés au nord et le cep passe par un trou dans le mur pour que la partie fructifère soit exposée plein sud, au soleil. Le tout devant associer fraîcheur sur les pieds et maturité des raisins.
La poule dont tu refroidis le cerveau, je te dis.
Le concept est super rigolo, et donne une belle histoire (d'autant plus que le Clos d'entre les murs est classé Monument Historique) mais me laisse super perplexe.



En même temps perplexe ou pas on s'en cogne : l'important c'est le pinard, or je n'y avais jamais goûté.

Une verticale ?
C'était l'occasion !







Clos d'entre les murs (2009)
Robe encore jeune, d'un léger or pâle.
Nez qui évoque une belle maturité, du fruit à pépins, de jolies notes florales et un élevage réussi.
L'attaque en bouche est dans le même registre, avec du volume, du gras, une jolie matière. Mais la séquence me laisse perplexe puisque très rapidement c'est l'acidité qui prend le relais, qui prend le dessus.
La finale est très vive, avec des amers qui me gênent.
Ça me semble déséquilibré, sans grande harmonie, avec une finale bien trop agressive.
La poule a gardé les pieds glacés, et des pieds glacés c'est pas super glamour.
Même chez une poule.


Clos d'entre les murs (2010)
Là aussi robe jeune.
Nez élégant, fruit / fleur / notes beurrées épicées de l'élevage. Séduisant, qui s'ouvre au cours du temps pour devenir de plus en plus un beau joli Chenin.
Ici, bel équilibre de bouche. Du gras, un beau beau volume, matière et amplitude. Belle fraîcheur qui tend et allège le tout. Pointe miellée vers la finale, puis beaux amers qui dynamisent et prolongent la tenue en bouche.
Là ça me cause !
Re goûté en fin de session, çà me cause encore plus et mieux.

Clos d'entre les murs (2011)
Grosse perplexité tant au nez qu'en bouche car ça sauvignone un max.
C'est plutôt plaisant hein ? Mais c'est clairement pas ce que je recherche quand j'opte pour un Chenin de Loire, un Chenin dont j'ai envie qu'il me cause de par chez lui.
Et ce vin là, je sais ni de quoi ni d'où il me cause.

Clos d'entre les murs (2012)
Couleur d'un or plus soutenu, nez à l'unisson.
Bouche ronde et grasse, aux notables notes miellées.
Avec ce vin on est à un stade d'évolution qui me laisse perplexe et qui ne me donne pas l'envie (ni la confiance) suffisante pour envisager de le faire entrer en cave.

Bien sur il s'agit de mon avis personnel et privé sur ces bouteilles là, ce soir là ... et il n'est pas représentatif de celui de la plupart de mes petit(e)s camarades? par exemple celui de Leslie qui était visiblement sous le charme du 2009 (j'espère que son plan machiavélique a été couronné de succès et qu'elle a pu embarquer le fond de bouteille).

Nous avons fini par un rouge du même Château : La Coulée du Méridien, un vin sur lequel il y eut débat.
Réduit ? pas réduit ?
Pour ce qui me concerne ce n'est pas de la réduction mais des phénols volatils. Donc sans moi, sur ce coup là.
Là encore je ne fais pas l'unanimité (et n'ai d'ailleurs pas vocation à la faire), n'est ce pas Sylvain ? mais vu que sur ce blog c'est moi qui cause ...


Au delà du rouge et de la validité de sa description, la dégustation était intéressante : d'abord parce que c'est rigolo de goûter un vin qui est à la fois un concept et un bout d'Histoire.
Ensuite parce que, au vu du ressenti ce jour là sur cette mini verticale là, cela (me) pose quelques questions sur le terroir et son expression.
Le genre de question à laquelle je me garderai bien de tenter de répondre, au moins aujourd'hui.






Sinon, ouais : j'ai cassé un verre.
Même pas fait exprès puisque ce n'est qu'après que l'on m'a appris que c'était un verre biodynamique.
Je ne sais pas bien ce qu'est un verre biodynamique, mais je suppose qu'il a essayé de s'échapper ...









(* "La tête contre les murs" est un remarquable roman d'Hervé Bazin)

samedi 9 décembre 2017

Sud Ouest, vraiment très très à l'Ouest ...


Ça attaque fort :

"L’offre des vins dépourvus de produits chimiques se multiplie. Voici ce qu’il faut savoir pour s’y retrouver dans le casse-tête des dénominations et des labels"

Oui, c'est l'entame d'un papier récemment paru dans Sud-Ouest.
Il est signé de Cathy Lafon, son titre ?

"
Bio, vegan ou naturel… comment choisir son vin "écologique" ?"



"Voici venir Noël et les agapes de fêtes de fin d’année… L’occasion de déboucher de bonnes bouteilles, en famille et entre amis. Et de déguster des vins rouges, blancs, rosés ou champagnisés, goûteux… et "sains". Soucieux de protéger leur santé et l’environnement, de plus en plus nombreux sont les consommateurs à avoir soif de produits élaborés avec moins de substances chimiques. Voire zéro."

Des vins sains et (car !) élaborés avec moins de substances chimiques ?
Le ton est donné, on va avoir droit à un remake de "Voyage au bout de l'Enfer".
"Le revers de la médaille, c’est qu’il devient de plus en plus difficile de bien choisir son vin "écologique". Au delà de l’absence de pesticides, qu’est-ce qui distingue un vin vegan d’un vin bio, naturel ou biodynamique ?"

Ah, donc dans les vins vegan, bio, naturels, biodynamiques il n'y a pas de pesticide ?
Mais au fait, un pesticide c'est quoi au juste ?
Un pesticide est une substance qui permet de lutter contre
les insectes, les champignons, certains végétaux, les parasites.

Merci de noter deux éléments très factuels qui semblent échapper à Sud-Ouest et sa journaliste :
- entre autres produits : le purin d'orties, le cuivre, le soufre, la roténone et même - pourquoi pas ? - le trichoderme sont des pesticides ET des produits parfaitement naturels.
N-a-t-u-r-e-l-s. Bio.
- il y a du cuivre dans tous les vins (sauf traitement spécifique visant à l'éliminer). Qu'il soit bio ou pas, le vin. Or le cuivre est un pesticide.
Note bien : je te dis pas que c'est dangereux, je te dis juste que "
Au delà de l’absence de pesticides" est au mieux inepte, au pire mensonger.

Bref : ça commence mal la plaisanterie.
Et ça enchaîne sur le même tempo :

"Qu’y a-t-il dans une bouteille de vin "classique" ? 
Pas besoin d’être féru d’œnologie pour savoir qu’un vin n’est que très rarement du seul jus de raisin fermenté. La méthode la plus répandue en viticulture (90% du vignoble français), utilise tous les outils et produits chimiques autorisés par la réglementation, de la culture de la vigne à l’élaboration du vin. Aussi, les bouteilles de vin dit "conventionnel" contiennent des traces de résidus de pesticides et d’additifs de synthèse. Du saccharose, utilisé sur les raisins tout juste vendangés, pour augmenter le degré d’alcool, de l’acide tartrique pour acidifier et du carbonate de calcium, du tartrate de potassium ou encore du bicarbonate de potassium… pour désacidifier. Pour modifier l’aspect du vin lui-même, améliorer sa conservation et le normaliser, les vignerons ont également recours aux antioxydants et aux produits de collage, une pratique ancienne destinée à filtrer les impuretés et à stabiliser le vin."
Voilà : t'es pas en bio, alors forcément tu utilises comment dit elle déjà ? ah oui : "tous les outils et produits chimiques autorisés par la réglementation, de la culture de la vigne à l’élaboration du vin".
Genre
Ali le chimique pour les nuls. La preuve ?
"
les bouteilles de vin dit "conventionnel" contiennent des traces de résidus de pesticides et d’additifs de synthèse."

Sans déconner ? On peut avoir des exemples ?
Ouais ?
On peut ?
Cool ! Alors vas-y envoie !

- Du saccharose, utilisé sur les raisins tout juste vendangés, pour augmenter le degré d’alcool,
Alors oui, en effet, il arrive que l'on chaptalise. Je l'évoquais dans un précédent billet.
Ceci dit, force est de constater deux choses : le saccharose (le sucre donc, hein ?) n'est ni un pesticide ni un produit de synthèse et, en outre il n'en reste pas dans le vin puisqu'il est transformé en alcool (à la rigueur il restera un chouia de fructose).
Bref : c'est nawak.


- de l’acide tartrique pour acidifier
Certes.
On pense ce que l'on veut du fait d'ajouter du tartrique.
Il n'empêche que l'article dit encore une fois n'importe quoi puisque d'une part le tartrique n'est, lui non plus, pas un pesticide et que, d'autre part, l'acide tartrique est un acide parfaitement naturel qui est, d'ailleurs, l'acide principal du vin.
Oui, tu me vois venir : l'acide tartrique il y en a dans tous les vins, bio, nature, biodynamique ou pas.
Mauvaise pioche. Je ne comprends donc toujours pas l'argumentaire qui nous est servi.


- du carbonate de calcium, du tartrate de potassium ou encore du bicarbonate de potassium… pour désacidifier.
Ouais, en effet, on peut désacidifier. Là aussi on en pense ce qu'on veut, c'est pas le sujet.
On remarquera tout de même que si on s'est fait chier à acidifier, c'est pas pour désacidifier dans la foulée.
En outre le bicarbonate de potassium, qui permet de désacidifier, ne reste pas dans le vin fini. Pas de résidu.
Anecdotiquement : le tartrate de potassium n'a pas pour fonction de désacidifier mais seulement d'empêcher les précipitations tartriques. Ouais on s'en fout, c'est technique donc chiant. Sauf que çà me gonfle de lire des trucs dogmatiques et faux. En même temps çà commençait par : "
Pas besoin d’être féru d’œnologie". Pas besoin ?
Sans déconner ? j'aurais pas deviné ...


- antioxydants
Ouais. Du genre un truc super dangereux. Un acide.
L'acide ascorbique.
Ça craint velu.
Bon l'acide ascorbique est aussi un acide naturel du vin.
Et son petit nom c'est Vitamine C.
Comment ?
Non, en effet : c'est toujours pas un pesticide.
Quant à sa toxicité ...


- produits de collage
Toujours pas des pesticides, toujours pas toxiques, un paquet de parfaitement naturels du genre colle de poisson (grands vins blancs) ou albumine d’œuf (rouges structurés). Des trucs dont l'usage remonte a minima au XVIème siècle, donc pas le genre progrès mortifère.
En outre là aussi il n'en reste pas dans le vin dès lors que le vigneron sait faire un soutirage.
Et en principe il sait.


"L’agriculture bio interdit l’usage de tout phytosanitaire (pesticide, herbicide ou fongicide) pour la culture de la vigne. En revanche, elle autorise en quantité limitée, la bouillie bordelaise (sulfate de cuivre) pour lutter contre le mildiou et le soufre contre l’oïdium, deux maladies qui font des ravages dans les vignes en régions humides. Elle remplace les engrais chimiques par du compost ou des produits naturels bio-stimulants. La vinification autorise les raisins et produits ajoutés (alcool, sucre dans certains cas) s’ils sont certifiés bio. Certains procédés œnologiques sont toutefois interdits, comme la désalcoolisation et le chauffage à haute température."

Voilà : donc le bio interdit les pesticides mais autorise la bouillie bordelaise ... qui est un pesticide
La bouillie c'est cet article ...

Sinon "La vinification autorise les raisins", et c'est trop cool.
Aussi "Les produits ajoutés (alcool, sucre dans certains cas) s'ils sont certifiés bio".
Pas que.
Loin de là.
On cause règlementation ou là aussi c'est pas la peine "d'être féru" ?
Soupir ...

"Deuxième famille, celle des vins biodynamiques, certifiés Demeter ou Biodyvin. Labellisés bio, ces vins sont produits selon les méthodes de culture et de vinification de la "biodynamie". Un terme barbare qui désigne une viticulture influencée notamment par le calendrier lunaire. Esotérique pour certains, continuité logique après une certification bio pour d’autres, la biodynamie est une sorte d’"homéopathie" de la vigne : elle permet de renforcer l’écosystème global des plantes afin que le milieu s’équilibre de lui-même pour lutter contre les agressions.
Très restrictive sur les intrants autorisés, la biodynamie qui proscrit bien évidemment les pesticides, supprime aussi les enzymes, levures et tanins. Elle diminue les doses de cuivre au profit de tisanes, d’huiles essentielles, d’un travail important du sol et de préparations naturelles (à base de bouse de vache ou de silice), tout en gardant des agents de collage."
La vallée de larmes (Gustave Doré)

"
elle permet de renforcer"
... j'aurais tellement aimé lire "elle permettrait", mais non.

Ce monde est une vallée de larmes.



Bon sur la biodynamie, ses revendications, ses fondements et son cosmique de répétition je vais pas en remettre une couche.
Ou alors juste une petite, un rappel des bases élémentaires ?






"Une troisième option s’offre au consommateur : celle des vins "nature" ou naturels, au marché encore confidentiel. Produits sans aucun intrant, ils n’ont pas de définition officielle et la mention "vin naturel" est interdite sur l’étiquette. L'adhésion aux chartes de l’Association des vins naturels (AVN) ou de l’association Les vins S.A.I.N.S (Sans aucun intrant ni sulfite ajouté), peut toutefois être mentionnée.
Issus de l’agriculture durable, composés de jus de raisins biologiques ou biodynamiques, les vins naturels sont vendangés à la main et vinifiés sans aucun retrait ni ajout. A l’exception du soufre pour les vins AVN qui tolèrent une pincée de sulfites ajoutés. "



Scoop : là j'ai rien à dire.
Enfin ... sauf qu'il y a du cuivre - donc un pesticide - (et qu'il peut y avoir quelques pouièmes de soufre) mais cela découle de ce qui figure plus haut.
Puis y a de l'alcool (un cancérigène reconnu), il peut également y avoir du carbamate d'éthyle, de l'ochratoxine A et autres plaisanteries parfaitement naturelles (Google est ton ami).
Juste pour dire que, à mon grand regret, le vin sain n'existe probablement pas.
Je te rassure : ça m'empêche pas de picoler. Ça m'empêche juste de dire trop de conneries.
Des fois.

"Un vin bio, biodynamique ou naturel n’est pas pour autant vegétalien ou vegan. La caractéristique d’un vin vegan, c’est sa composition 100% végétale. Il est produit et fabriqué sans qu’aucun animal ou produit d’origine animale ne soit utilisé,  des rangs de vigne à la cave. Pas question de recourir à un cheval de trait pour les labours !
Pas d’intrant chimique non plus, bien sûr, c’est la base. Ni même de levures. Et surtout, dans l’étape du "collage", aucun produit d’origine animale (blanc d’œuf, gélatine de porc, colle de poisson ou caséine de lait) pour faire coaguler les plus grosses particules en suspension dans le vin. Afin de le rendre limpide en filtrant les impureté, le vigneron vegan ne peut recourir qu’à des protéines végétales (blé, petits pois, pomme de terre), des extraits protéiques de levures (EPL), des produits dérivés de la chitine (algues, champignons) ou encore des colles minérales, comme la bentonite (une variété d’argile). 

De grands vins passent aujourd’hui au vegan, à l’instar de Château Dauzac, grand cru classé de Margaux en 1855, qui vient d’adopter une nouvelle technique de collage 100% végan."

Pour les vegan : "Pas d’intrant chimique non plus, bien sûr, c’est la base." !?!
Ah bon ?
Les vegan refusent la chimie ??

Ça sort d'où cette joyeuseté !?

Sans déconner ...

Je tiens en outre à signaler à l'auteur
qu'un vin biodynamique NE PEUT PAS être vegan.
C'est ballot pour ce qui lui tient lieu de démonstration mais c'est ainsi, et je l'évoquais dans ce billet.

En résumé : quand tu préconises le recours  à des préparations à base de crâne de ruminant (ou de chaton), de mésentère de vache, de corne de vache ou de vessie de cerf c'est un peu touchy de prétendre au label vegan.
Ce "détail" a dû échapper
à Cathy Lafon et c'est regrettable.


"Et le goût ?

La bonne nouvelle, c’est que d’énormes progrès ont été faits ces vingt dernières années pour le goût et l’équilibre des vins bio, biodynamiques et vegans, qui comptent aujourd’hui un certain nombre de grands crus. Mais ce ne sont pas des vins standardisés (c’est aussi leur intérêt) et il faut parfois accepter plus d’aspérité au palais.
Considérés par leurs producteurs comme les vins les plus authentiques, les vins naturels, plus fragiles car leur fermentation n’a pas été arrêtée, peuvent surprendre par leur rusticité et leur vivacité. Il arrive que les premiers verres dégustés pétillent légèrement. Ce n’est pas un défaut : les vignerons qui sont en "nature" et n’ajoutent donc pas de sulfite, ou très peu, peuvent garder ou mettre du CO2 (issu de la fermentation ou non) afin de protéger le vin. Pour y remédier, on mettra le vin en carafe que l’on secouera si besoin, afin que le gaz s’échappe plus rapidement, avant de le laisser reposer. Dans tous les cas, il est fortement conseillé de carafer les vins naturels, afin de les oxygéner."

Florilège :
- "Mais ce ne sont pas des vins standardisés"

Si t'es pas bio / biod / nature / vegan t'es standardisé ?
Voilà : "
vins bio, biodynamiques et vegans, qui comptent aujourd’hui un certain nombre de grands crus".
Par exemple
Palmer ou La Romanée-Conti.
B
en figure toi qu'avant d'être en biod, Palmer et la Romanée Conti
c'était donc que de la grosse daube standardisée.
Soupir ...


- "
les vignerons qui sont en "nature" et n’ajoutent donc pas de sulfite, ou très peu, peuvent garder ou mettre du CO2 (issu de la fermentation ou non)".
Je rêve ou on nous glisse que les mecs ajoutent du CO2
(un truc mortel hein le gaz carbonique !) chimique car pas issu de la fermentation DANS LEURS VINS ?
Sinon on a beau nous dire :
"
Il arrive que les premiers verres dégustés pétillent légèrement. Ce n’est pas un défaut"
...
je considère pour ma part que si j'achète un vin tranquille (pas un effervescent) et que ce vin qui n'est pas effervescent fait des bulles il se pourrait bien que ce ne soit pas tout à fait normal et que cela se rapproche donc fâcheusement de ce que certains esprits chagrins considèrent être un défaut.
Même si Sud Ouest nous dit que ce n'en est pas un.
(PS un rien taquin : vu que dans une quille il y a grosso merdo 5 ou 6 verres, si "les premiers" pétillent la messe est dite #jdcjdr)



- "
Dans tous les cas, il est fortement conseillé de carafer les vins naturels, afin de les oxygéner."
Faut voir.
Car si tu oxygènes fortement un vin dépourvu d'anti oxydants avant de le laisser en carafe t'as peut-être pas le cul sorti des ronces ?
J'te dis pas que c'est obligatoire hein ? J'te dis juste qu'il faut peut-être y réfléchir à deux fois.

Bon, tout ça pour dire - encore une fois - que non non pas de souci : il y a plein de questions qui méritent d'être posées tant à propos des techniques viti vinicoles que de tel ou tel produit qui peut être (qui peut être, pas qui est systématiquement) utilisé pour telle ou telle raison dans telle ou telle circonstance.
Des questions méritent d'être posées, et appellent réponses. De vraies réponses.
Dans ce jeu là, la presse a (devrait  avoir !) son rôle à jouer tant pour poser les questions que pour faire un état de l'art" et une réelle information de son lectorat.
Certainement pas en faisant cet infâme globiboulga dans lequel tout se mélange dans la plus consternante des médiocrités argumentatives.


Sur ce je vais m'oxygéner en allant boire un joli Jurançon sec dont je ne sais pas s'il est bio ou pas (et dont je causerai peut-être plus tard dans un billet un rien moins énervé mais aussi vachement moins drôle).
Remarque vu qui me l'a vendu, bio peut-être l'est il ?
Mais on s'en branle un peu, en fait, car je bois pas du pinard pour sauver le Monde ni pour donner des leçons de philo, seulement pour y prendre du plaisir.

dimanche 3 décembre 2017

Bakán, Bach, mais sans bacchanale.





Le vrai gros avantage des réunions pédagogiques en DNO, au moins au Centre d’œnologie de Toulouse, c'est que parfois tu en reviens avec du travail personnel.
Pour ce qui me concerne c'est pour l'essentiel un joli projet français / anglais (ouais : même pas peur d'afficher mon awkward english) ... mais aussi (mais surtout ?) deux quilles de blanc venues d'ailleurs.
Un Croate et un Italien.

La refonte de mes présentations, base de mes interventions, attendra.
Pas les vins.
Surtout pas l'italien qui a été sacrifié dès le lendemain.


Enfin, après le combo de five o'clock : pain d'épices / thé / feu de cheminée.

C'est bien aussi.
Mais ce n'est pas l'effet DNO, seulement l'effet hiver.



C'est important les accords avec le vin.
Pas que rationnel, mais important.

L'italien ?
Bakán (2015) de Torri Cantine.
Bakán
? donc Bach.
Jean-Séb, et sa Messe en Si.
Pas super italien, je te l'accorde.



Mais c'est très beau Bach, œuvre d'une étendue immense mais toujours très belle. Costaud le gars.
Vivaldi aussi note bien. Et Purcell.
Mais là, Bach.
Car el
le est très belle la Messe en Si de Jean Séb, le type qui arrive à te faire croire que l'allemand est une langue mélodieuse.
Un genre d'exploit.
(Pour les cantates de Bach (mais pas que) on pourra lire ce vieux billet commis un soir de jour racine).

Puis si on en croit JE Gardiner dans sa somme "Musique au château du soleil - Un portrait de Jean-Sébastien Bach", notre ami Bach aimait bien picoler.
Et selon Didier Charton, vu le nombre d'enfants qu'a eus Jean-Seb, côté vibrato il assurait comme un (demi) Dieu.

Bref Bach c'est bien et Bakán aussi c'est bien.
Le cépage de
Bakán ?
Le Passerina !
Jamais entendu parler avant ce vin là.
Dommage car c'est joli. Au moins dans ce vin.
Nez de fruit de la passion, puis agréables notes d'agrumes (pomelo / citrus). Fleurs blancs et fruits à pépins.
Ça s'ouvre au fil du temps et se complexifie par la même occasion.
Bouche d'un beau volume, agréable fraîcheur avec une structure acide présente sans être stridente. Finale sur des amers marqués, genre écorce de pamplemousse, qui prolongent le vin sans en atténuer le plaisir.
Bien fait, plaisant, équilibré : jolie quille.
Ceux pour lesquels çà compte noteront qu'en plus d'être italien et de bien passer sur la messe en si, c'est bio.
Cherchez pas : y a pas de contre-pèterie, c'est seulement que c'est ainSi que çà c'est passé.





A propos de trucs qui se sont passés, et de belles découvertes vineuses : quelques jours avant, lors d'une autre jolie soirée,  je découvrais Les Creisses (2011) de Philippe Chesnelong.

Pour l'essentiel Syrah / Grenache (y a aussi un poil de Cabsauv) c'est mûr sans être chaud.
Beau fruit noir / fruit mûr.

Attaque franche, jolie matière aux tanins présents mais ronds. Agréable toucher de buche, aromatique sur les fruits noirs compotés, longue finale friande.
Très bel équilibre, une jolie quille de plaisir, du genre qui gagnera encore à être attendue (si on arrive à attendre).